Jean-Pierre Berger
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Jean-Pierre Berger, né le à Paris mort le à Gibraltar était un officier de l'Armée de l’air de la France libre, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du .
Scolarisé au lycée Janson-de-Sailly il obtient une licence ès lettres et une licence en sciences politiques et se dirige vers la carrière diplomatique.
Il fait son service militaire en tant que lieutenant au 6e régiment de spahis algériens et retourne à la vie civile en .
Il est rappelé sous les drapeaux en et demande à être affecté dans l'aviation. Il entre à l'école des observateurs de Dinard en .
Pendant la débâcle française de 1940 il est évacué à Clermont-Ferrand et prend le commandement d'un détachement d'Infanterie territoriale avec pour mission de défendre le pont de Marcigny sur la Loire. Il fait sauter le pont le à l'arrivée des Allemands.
Après ces combats de retardement, il embarque le au Verdon-sur-Mer sur le paquebot Massilia pour Casablanca au Maroc ou il arrive le 24 fermement décidé à rejoindre l'Angleterre pour reprendre les armes.
À Casablanca il fait la connaissance des membres de l'école de perfectionnement au pilotage de Meknès. Ce groupe composé du capitaine Jacques de Vendeuvre et de ses compagnons, les capitaines Gustave Lager et Michel Meyrand (les lieutenants Pierre Aubertin et Pierre Tassin de Saint-Péreuse et le sous-lieutenant Robert Weill sont à Casablanca), est en partance pour la France quand ils apprennent la demande d'armistice du maréchal Pétain. Ils décident de continuer le combat en Afrique du Nord si le général Noguès commandant en chef du théâtre d'opérations d'Afrique du Nord refuse l'armistice et dans le cas contraire, de rejoindre l'Angleterre.
Quand le leur parvient la nouvelle de la libération de l'ensemble des prisonniers de guerre italiens détenus au Maroc et la décision qu'au , tous les avions doivent être rendus inutilisables, ils partent pour l'Angleterre.
Le , les six aviateurs rejoints par le lieutenant Jean-Pierre Berger et par le sous-lieutenant Bertrand Jochaud du Plessix prennent la navette qui les conduit, comme d'habitude, au terrain d'aviation de Berrechid situé à une cinquantaine de kilomètres au Sud de Casablanca.
Munis de faux ordres de mission, ils prennent trois appareils Martin 167 (Glenn Martin)[1].
- Dans le premier appareil piloté par le capitaine Jacques de Vendeuvre, prennent place le lieutenant Jean-Pierre Berger et le sous-lieutenant Bertrand Jochaud du Plessix.
- Dans le deuxième appareil piloté par le capitaine Gustave Lager, prennent place les lieutenants Pierre Aubertin et Pierre Tassin de Saint-Péreuse
- Dans le troisième appareil piloté par le capitaine Michel Meyrand, essaye de prendre place le sous-lieutenant Robert Weill. Celui-ci n'arrivant pas à ouvrir la porte arrière de l'appareil, monte finalement dans le premier appareil piloté par Vendeuvre.
À 16 heures les avions décollent et parcourent le chemin sans incident.
Parvenus à hauteur de Gibraltar, les appareils pilotés par Lager et Meyrand se posent sans encombre sur le terrain du Rocher surprenant la vigilance de la DCA espagnole de Franco. L'appareil de Vendeuvre, plus lent car surchargé, est alors pris à partie par l'ensemble des canons antiaériens espagnols et s'écrase dans le port. Les vedettes britanniques venues à leur secours recueillent le corps de Jean-Pierre Berger et de ses trois compagnons.
Les quatre premiers morts de la France libre sont inhumés le lendemain au cimetière de North Front près du terrain d'aviation à Gibraltar.
Décorations
Bibliographie
- François Boulet, « Jean-Pierre Berger », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 247 (ISBN 978-2846211901)
- Cap sans retour de Germaine L'Herbier-Montagnon, Raoul Solar Monaco, 1948
- La Promesse de l'aube de Romain Gary