Jean-Yves Cendrey
écrivain français
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Jean-Yves Cendrey, né le à Nevers, est un écrivain français. Il est marié à l’écrivaine française et prix Goncourt Marie NDiaye.
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Pap Ndiaye (beau-frère) |
Jean-Yves Cendrey a écrit pour le théâtre, la radio, le cinéma, et a publié plus d'une vingtaine d’ouvrages – romans, nouvelles et pièces de théâtre –, parus depuis 1988 pour l’essentiel aux éditions P.O.L et aux éditions de l’Olivier[1].
Biographie
Il est né en 1957 à Nevers, dans la Nièvre, d'un père militaire[2] (dont il raconte la violence et l'alcoolisme dans un de ses livres[2],[3]) et d'une mère comptable.
En 1975, il obtient son bac, s’inscrit en fac de lettres à Poitiers[1], puis en histoire de l’art à Bordeaux[1], ensuite voyagera beaucoup[1] et écrira, mais sans proposer son travail d'écriture à publication. Sa plume est alors influencée par James Joyce et Antonin Artaud[4] et annonce les prémices d'« une littérature incisive, emportée, qui fouille avec une langue incroyablement maîtrisée les médiocrités familiales, les lâchetés vicinales et les tourments mesquins de la vie contemporaine »[4] et qui décrit « l'absurdité comique de la vie matérielle »[1].
En 1985, à l'âge de 28 ans[2], il découvre le premier livre d’une jeune romancière prodige – Quant au riche avenir[5],[6] –, Marie Ndiaye (plus tard NDiaye), écrit l'année précédente à l'âge de 17 ans[7],[8]. Ils correspondent, se rencontrent, et Jean-Yves Cendrey dira d'elle : « Elle était une reine dans son château. J’étais un chemineau, un indigent de l’écriture. »[1],[2]. Elle est éditée aux Éditions de minuit et lui verra son premier roman publié trois ans plus tard aux Éditions P.O.L[2].
Jean-Yves Cendrey et Marie NDiaye se marient en 1991[9].
Parents de trois enfants[10],[11],[6], ils vivent une existence tranquille et nomade[1], successivement à La Rochelle, Paris, Barcelone, Rome, Cormeilles en Normandie (dès 1994[1]), La Réole en Gironde (de 2001 à 2007), Berlin, l'île de Marie-Galante[2], puis en 2013 à Barie, petit village girondin, près de La Réole[12].
L'affaire Lechien
C'est à Cormeilles, ce village de Normandie où il est installé avec sa famille, qu'au début de l'année 2001 Cendrey confronte l'instituteur du village, accusé d'abus sur ses élèves, et le conduit à la gendarmerie le [2]. Il ressort des auditions de 240 élèves que 38 d'entre eux ont été agressés sexuellement par cet instituteur de CP et conforte l'intervention et la ferme résolution de l'écrivain[13],[14]. Cette expérience lui inspire le livre Corps ensaignant[15], une fiction qui dénonce l'inaction de la police et de l'éducation nationale face aux violences répétées de deux instituteurs[15].
Polémique et installation à Berlin
En 2007, Jean-Yves Cendrey et son épouse, la romancière Marie NDiaye, décident de quitter temporairement la France[2], avec leurs enfants, pour s'installer à Berlin et donnent comme une des raisons de leur départ, l'élection à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy, ce qui déclenche une controverse avec certains élus de droite[16].
Le , Marie NDiaye devient la lauréate du plus prestigieux prix littéraire français, le prix Goncourt – pour son onzième roman Trois Femmes puissantes – or, dans le cadre d'une interview du [17],[18], l'écrivaine avait qualifié le gouvernement de Nicolas Sarkozy (en particulier les ministres Besson et Hortefeux[17]) de « monstrueux »[18],[19],[20], ce qui suscite aussitôt le prix décerné une vive polémique politico-médiatique[17],[20],[21],[22] – enflée par une question écrite du député Éric Raoult[22],[23],[24],[21] –, ainsi qu'une réaction de la part de Cendrey[25],[26], le soutien de personnalités du monde littéraire[21],[22], un communiqué[27],[22] et la sympathie de la cheffe de file des socialistes (Martine Aubry)[22],[27] et une réponse explicite à l'affaire de la principale intéressée[8],[18],[20],[22].
Après cet incident retentissant, le couple confirme vouloir clore le débat et rester loin du buzz médiatique[1], à Berlin[18],[19],[28] où « l'atmosphère est plus exaltante » (dixit Marie NDiaye)[18],[29], se refusant cependant à qualifier leur départ de « forme d'exil politique »[8],[17],[22].
Sensibilité électromagnétique
En , alors qu’il travaille à un nouveau livre, Jean-Yves Cendrey est affecté de troubles physiques intenses et persistants[30]. Alors que les médecins demeurent impuissants à délivrer un diagnostic, l’écrivain réalise progressivement être sensible aux environnements saturés d’ondes électromagnétiques et faire partie de la catégorie des “sujets électrosensibles”[31],[32].
Son roman Schproum, paru en aux éditions Actes Sud, revient sur la manière dont il a dû abandonner l'écriture de son livre à cause de douleurs violentes, de malaises, de migraines, d'acouphènes et d'un mal-être général, signes de son hyper-sensibilité électromagnétique[30],[33].
Œuvres
Romans et nouvelles
- Principes du cochon, P.O.L, Paris, 1988
- Atlas menteur, P.O.L, 1989
- Les morts vont vite, P.O.L, 1991
- Oublier Berlin, P.O.L, 1994
- Trou-Madame, P.O.L, 1997
- Les Petites Sœurs de sang, Éditions de l'Olivier, 1999
- Parties fines, Mille et une nuits, 2000
- Une simple créature, Éditions de l'Olivier, 2001
- Conférence alimentaire, L'Arbre vengeur, 2004
- Les Jouets vivants, Éditions de l'Olivier, 2005
- Corps ensaignant, Gallimard, 2007
- Les Jouissances du remords, Éditions de l'Olivier, 2007
- La maison ne fait plus crédit, Éditions de l'Olivier, 2008
- Honecker 21, Actes Sud, 2009[1]
- Le Japon comme ma poche, L'Arbre vengeur, 2009
- Mélancolie vandale, Actes Sud, 2011
- Schproum. Roman avorté et récit de mon mal, Actes Sud, 2013[30]
- La France comme ma poche, L'Arbre vengeur, 2016 (de Willy von Beruf – traduction française)
Théâtre
- Providence, dans Puzzle, Jean-Yves Cendrey et Marie NDiaye, Comp'Act, 2001[4]
- Toute vérité, dans Puzzle, Jean-Yves Cendrey et Marie NDiaye, Gallimard, 2007[4]
- Le Survivant, dans Puzzle, Jean-Yves Cendrey et Marie NDiaye, Gallimard, 2007[4]
- Pauvre maison de nos rêves, Éditions Lansman, Carnières, Belgique, 2009
- L'Herbe tendre, Actes Sud, coll. « Papiers », Arles, France, 2010