Jean Bauhin (1511-1582)

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Naissance
Amiens
Décès (à 70 ans)
Bâle (Suisse)
Nationalité français
Profession
médecin
Jean Bauhin (1511-1582)
Description de l'image JohannBauhinSenior.jpg.
Naissance
Amiens
Décès (à 70 ans)
Bâle (Suisse)
Nationalité français
Profession
médecin
Conjoint
Jeanne Fontaine
Descendants
Jean Bauhin (1541-1612), Gaspard Bauhin (1560-1624), 4 filles

Jean Bauhin (1511-1582), né à Amiens en Picardie le , mort à Bâle en Suisse le , est un médecin de la Renaissance, humaniste et réformé. Après sa conversion aux idées de la Réforme protestante dans les années 1540, il doit fuir les persécutions religieuses et se réfugier d’abord Anvers (Pays-Bas espagnol) puis à Bâle en Suisse.

Il fonde à Bâle une famille qui donnera deux médecins botanistes réputés Jean Bauhin (1542-1612) - ou Johannes Bauhinus - et Gaspard Bauhin (1560-1624) ainsi que quatre filles.

Jean Bauhin incarne la figure du médecin humaniste de la Réforme, pour qui la médecine, la morale chrétienne et la connaissance de la nature sont étroitement liées.

Persécutions religieuses

Tout cet article s’appuie sur les travaux du botaniste suisse Hans-Peter Fuchs-Eckert (1928-1999) : Die Familie Bauhin in Basel. In: Bauhinia. Band 6, Nr. 1, 1977[1].

Jean Bauhin né en 1511 à Amiens en Picardie, est issu d’une famille de lettrés. Très jeune, il quitte sa ville natale pour étudier la chirurgie auprès de son oncle homonyme, chirurgien à Paris. Il fait ses études médicales à Paris où il est l’élève de Jacques Dubois (Jacobus Sylvius, 1478-1555), célèbre anatomiste parisien, qui enseigne au Collège de Tricquet dès 1535. Il reçoit une formation galéniste, fondée sur l’humanisme médical.

Dès l’âge de 17 ou 18 ans, Bauhin jouit d’une grande réputation à Paris, notamment auprès de la haute société. Il est même consulté par Marguerite d’Angoulême, sœur du roi François Ier. En 1528, il est admis au Conseil des médecins royaux et exerce auprès de la noblesse[1],[n 1].

Il exerce la profession de chirurgien de 1532 à 1537.

Convaincu par les idées de la Réforme protestante dans les années 1540, il est persécuté pour hérésie.

Vers 1537–1538, il doit fuir la France. Il se réfugie brièvement en Angleterre, puis revient à Paris, où il épouse Jeanne de Fontaine entre et , née à Paris et âgée d’à peine vingt ans.

Peu après, il est arrêté pour hérésie, emprisonné vers 1540 pendant près de 18 mois, et condamné au bûcher. C’est durant son incarcération que le premier fils conçu avec Jeanne de Fontaine nait le à Paris.

Jean Bauhin échappe à la mort grâce à l’intervention de Marguerite d’Angoulême[n 2] qui était la sœur du roi François Ier (r. 1515-1547). Affaibli par la captivité, il contracte une fièvre intermittente qui le cloue au lit pendant un an[1]. Durant cette période, les persécutions contre les adeptes de la nouvelle foi s’intensifient de nouveau, et Marguerite d’Angoulême conseille à son chirurgien de quitter la cour royale. En reconnaissance de l’aide médicale efficace apportée lors d’une grave maladie et en hommage à ses compétences, Marguerite le rétablit dans sa fonction de chirurgien royal.

Il fuit vers Anvers avec sa famille. Dans cette ville commerçante cosmopolite des Pays-Bas espagnols, où une communauté protestante existe depuis 1523, le protestantisme et ses adeptes sont moins menacés malgré la souveraineté espagnole. Avec son camarade d'étude parisien, Jean Argentier, Bauhin reprend son activité de médecin et enseigne la médecine avec lui. Comme auparavant à Paris, Bauhin exerce également à Anvers en tant que médecin de la haute société. Cette situation lui sauve la vie ici aussi, comme quelques années auparavant à Paris. L’Inquisition avait attiré à nouveau son attention sur lui et l’avait menacé d’un nouvel emprisonnement. Il s’échappe à temps, se tournant d’abord vers l’Allemagne et en 1542 vers Bâle[2] en Suisse.

Il traverse l’Allemagne et atteint Bâle probablement en 1543. Il y trouve un emploi de correcteur auprès de l’imprimeur et éditeur Hieronymus Froben. Sa famille le rejoint, sans doute en , en remontant le Rhin jusqu’à Bâle. Bauhin s’installe avec les siens dans le faubourg de Saint-Alban et commence à exercer également à Bâle comme chirurgien-barbier, principalement au service des réfugiés religieux émigrés des Pays-Bas. Il acquiert rapidement une nouvelle pratique médicale, qui n’était pas négligeable, car elle lui donnait les moyens d’éduquer ses deux fils avec le plus grand soin pour la profession savante de médecin et de les envoyer en voyage. De lui, ils semblent avoir hérité l’un et l’autre l’inclination pour l’histoire naturelle, et la botanique en particulier, dont ils sont devenus des contributeurs pré-linnéens importants.

Ses deux fils qui devinrent célèbres comme médecins et botanistes sont Jean Bauhin (1542 – 1612) le jeune, et Gaspard Bauhin (1560 – 1624). Il eut aussi 4 filles : Claire, Élisabeth, Anne, Marie.

Foi et médecine

Jean Bauhin père était un homme de foi profonde, qui déclara peu avant sa mort qu’il avait guéri ses malades autant par la science médicale que par la prière.

Jean Bauhin père ne fut jamais promu « docteur en médecine » au sens strict (rite promoviert). Son savoir médical, qu’il avait acquis à Paris, dans la pratique de son oncle homonyme, également chirurgien-barbier, et ce en très peu de temps — selon une formation empirique qui, dans de nombreuses régions, resta la voie normale des chirurgiens-barbiers jusqu’au XIXᵉ siècle.

Il dut toutefois obtenir — probablement à Paris — un diplôme ou grade de chirurgien-barbier, car Felix Platter le mentionne dans sa liste des médecins exerçant à Bâle en 1557 parmi ceux qui détenaient un grade universitaire.

Du fait qu’il fut déjà, en 1528, appelé au Conseil des médecins du roi à Paris, on peut conclure que Bauhin jouissait d’une excellente réputation professionnelle. Cette compétence ressort également du fait qu’il fut tenu pour le médecin de la haute société, tant à Paris que plus tard à Amsterdam et à Bâle. Toutefois, cette clientèle appartenait — du moins en grande partie — aux milieux anabaptistes ou à des personnes sympathisantes de leurs idées.

Durant son séjour à Paris, il semble s’être rapproché des milieux protestants, alors généralement englobés sous le terme collectif d’anabaptistes, et notamment du médecin Michel Servet, presque son exact contemporain. Mais il paraît s’être affilié, dès cette époque parisienne, au mouvement de David Joris (1501–1556), un prédicateur anabaptiste qui développa des tendances mystiques et messianiques. Le rôle important, presque central, que joua Bauhin dans l’anabaptisme au sens large, ainsi que sa forte implication dans le mouvement joriste, ressortent de sa vaste correspondance théologique et du fait qu’il se rendit à plusieurs reprises à Montbéliard et en France pour des questions de foi[1].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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