Jean Bayet (historien de l'art)
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Ferdinand Jean Bayet |
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Louis Hourticq (beau-frère) Arthur Kleinclausz (beau-frère) |
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Jean Bayet, né le à Lyon et mort pour la France lors des combats de Bois-le-Prêtre à l'ouest de Pont-à-Mousson dans le département de la Meurthe-et-Moselle, le , est un historien de l'art français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Jeunesse et formation
Ferdinand Jean Bayet, né le [1] au No68 de la route de Grenoble à Lyon, est le fils de Charles Marie Adolphe Louis Bayet (1849-1918), directeur de l'enseignement supérieur, et de Fernande Eveline Anna de Behr (1848-1933)[2].
Son père, professeur d'archéologie à la faculté de Lyon à sa naissance, est très attentif à la réussite scolaire de ses enfants et suit de près leurs études[3]. Après Lyon, il poursuit sa scolarité au lycée de Lille (son père est nommé recteur de l'académie de Lille de 1891 à 1896), puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, obtient la licence ès lettres (philosophie) en 1901 et la licence de droit en 1902[1]. La même année, il est diplômé de l'École des sciences politiques[4] et fait son service militaire au 74e régiment d'infanterie de à . Passé dans la réserve, il effectue des périodes d'exercice qui lui permettent d'être nommé sergent en 1904, puis sous-lieutenant de réserve en 1908[5].
Critique et historien d'art
Reçu premier au concours de rédacteurs du Ministère de l'Instruction publique, il commence sa carrière au sous-secrétariat aux Beaux-Arts tout en poursuivant ses études de droits[4]. En , il est rapporteur spécial près la Commission centrale de l'assistance aux vieillards[6].
À partir de 1906, il collabore à La Nouvelle Revue, L'Illustration et au Larousse mensuel illustré[7], rédigeant des critiques dramatiques et des essais, notamment inspirés des travaux qu'il mène pour sa thèse de doctorat en droit sur la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. L'ouvrage tiré de ses travaux est salué par Annales de la propriété industrielle, artistique et littéraire : « Aussi éloigné de l'apologie que de l'hostilité systématique, le livre de M. Jean Bayet groupe d'une façon intéressante autant que complète tout ce qu'il importe de savoir sur la Société des auteurs et compositeurs dramatiques »[8].
Diplômé docteur en droit de la faculté de Paris en 1908, il est attaché à la section des monuments historiques au service des Beaux-Arts du ministère. Dès lors, il abandonne les questions juridiques pour ses consacrer à l'histoire de l'art[4].
En 1910, il écrit un livre très documenté sur les églises de Paris aux XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles[4],[9] et publie un livre sur l'Egypte en 1911. Il est en train de corriger les épreuves d'un livre consacré à Ingres quand éclate la Première Guerre mondiale[7].
Lieutenant d'infanterie pendant la Première Guerre mondiale
À la mobilisation il part comme lieutenant au 356e régiment d'infanterie. Le , il est en Lorraine avec son régiment et fait son baptême du feu en septembre à proximité de Lironville. Nommé à la tête de la 18e compagnie[10], il fait fonction de capitaine à partir de l'automne et occupe un bois à l'ouest de Pont-à-Mousson d' à , avec des périodes de repos à Martincourt[4].
Son régiment se déplace de quelques kilomètres pour occuper les tranchées du Bois-le-Prêtre au début du mois d'. Son père qui a décidé de s'engager aux côtés de ses deux fils, à l’âge de 66 ans, est l’adjoint du colonel commandant la place de Pont-à-Mousson au début de 1915. Jean-François Condette rapporte que le , Charles Bayet, qui désire voir son fils Jean, se rend à Bois-le-Prêtre, mais l’attaque étant éminente, il ne peut le voir et ne le reverra pas[3]. Jean Bayet est tué d'une balle dans la tête le aux combats de Bois-le-Prêtre[11],[12],[13]. Il est inhumé au cimetière de la commune voisine de Pont-à-Mousson.
Sa citation à l'ordre de l'armée en précise les circonstances : « officier de grande bravoure, donnant en toute circonstance l'exemple. Chargé de relier sa tranchée à une tranchée voisine, est sorti en terrain découvert et a été tué »[14],[15].
Œuvres principales
Ouvrages
- La Société des auteurs et compositeurs dramatiques, thèse pour le doctorat, 1908[16]
- Les Richesses d'art de la ville de Paris - Les édifices religieux, XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles, 1910
- Égypte, 1911
Essais
- « Henrik Ibsen », La Nouvelle Revue, vol. XLI, , p. 33-40 (lire en ligne)
- « Les Fêtes d'Orange », La Nouvelle Revue, vol. XLVIII, , p. 136-144 (lire en ligne)
- « Les Auteurs dramatiques avant la Révolution », La Nouvelle Revue, vol. XLIX, , p. 433-465 (lire en ligne)
- « Les Origines de la Société des Auteurs dramatiques », La Nouvelle Revue, vol. L, , p. 239-250 ; 383-400 (lire en ligne)
- « De Tartarin à Maurin des Maures », La Nouvelle Revue, 3e série, vol. III, , p. 119-126 (lire en ligne)
- « L'Attente », La Nouvelle Revue, 3e série, vol. X, , p. 237-245 (lire en ligne)
- « L'Hôtel Biron », Touche à tout, no 3, , p. 321-322 (lire en ligne)
- « La Tombe de Lagarrigue », La Nouvelle Revue, 3e série, vol. XVI, , p. 421-432 (lire en ligne)
Distinctions
Officier de l'Instruction publique, arrêté du [17]- 1915 : Académie française - Prix Montyon[18]
Chevalier de la Légion d'honneur, décret du [19]
Hommages
- Le nom de Jean Bayet est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[20].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 de la faculté de droit, du lycée Louis-Le-Grand, de l'église de Saint-Germain-des-Prés et du Ministère de la Culture et de la Communication (rue de Valois) à Paris, et sur le monument aux Parisiens morts pendant la Première Guerre[21].