Jean Dabin

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
LouvainVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Jean Dabin
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
LouvainVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions
Liste détaillée
Doctorat honoris causa de l'université de Bordeaux (d) ()
Doctorat honoris causa de l'université de Nancy ()
Doctorat honoris causa de l'université de Strasbourg (d) ()
Doctorat honoris causa de l'université de Dijon ()
Doctorat honoris causa de l'université de Montpellier ()
Doctorat honoris causa de l'université de Paris (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean Dabin, né à Liège le et mort à Louvain le , est un juriste belge jouissance d'une grande notoriété[réf. nécessaire][1].

Académicien, titulaire de nombreux doctorats honoris causa d'universités étrangères, il dénonce sur le plan constitutionnel la reddition du roi Léopold III à l'issue de la bataille de la Lys. Il fait partie du mouvement chrétien Rénovation wallonne dès sa constitution.

Famille

Jean Jules Henri Marie Dabin, né à Liège le , grandit dans une famille liégeoise catholique et d’opinion libérale. Son père, Henri Dabin, est éditeur de musique. Il montre un vif intérêt pour le violon et d'autres instruments : trompette, cor, trombone, etc. Sa mère est issue d’une famille de magistrats de père en fils. En 1926, Jean Dabin épouse la fille du professeur Leplat de la faculté des Sciences agronomiques, Jeanne Leplat. Ensemble, ils ont sept enfants, deux filles et cinq fils. Parmi ses fils, deux sont devenus prêtre, Henri et François, qui a été vicaire épiscopal de Liège ; son fils, Jacques, est devenu professeur de droit naturel et de morale à l’Université catholique de Louvain et recteur à l’Université de Saint-Louis. Son fils aîné est lui devenu doyen de Saint-Nicolas d’Outre-Meuse. De son vivant, Jean Dabin a été grand-père onze fois[2].

Études et Première Guerre mondiale

Jean Dabin effectue des études secondaires au Collège Saint Servais de Liège. Il entre à l’Université de Liège en 1907 où il obtient un doctorat en droit, ainsi qu'en histoire. Il est élu lauréat du concours universitaire en histoire, en 1910, pour son Étude critique sur le mémoire du légat Onofrio, concernant les affaires de Liège de 1468. En 1911, il sort de l’Université de Liège docteur en droit avec la plus grande distinction[réf. nécessaire]. Dans le cadre de sa première épreuve de doctorat en 1912, il écrit un mémoire, « La politique française à Liège au XVe siècle », publié dans le Bulletin de l’Institut archéologique liégeois un an plus tard. La même année, il publie l’ouvrage Le pouvoir d’appréciation du jury et les nouvelles poursuites en correctionnelle après acquittement en assises. Étude historique et critique.

Il entame, en 1913, un doctorat spécial en droit ; sa thèse est détruite dans l’incendie de Louvain ; il la reconstitue durant la guerre, et est couronné en 1919. Il est alors nommé professeur de droit à l’Université de Liège.

Après ses études, en 1914, Jean Dabin fait partie de la garde civique durant une courte période.

Durant la Première Guerre mondiale, il est avec d'autres un soutien moral pour les Belges. Il participe à la presse clandestine, en publiant, sous couvert d’anonymat, deux brochures (la vérité sur les massacres de Dinant en 1915 et La Belgique inviolable en 1916). Les deux lui vaudront arrestation et incarcération[3]. Dans ces deux brochures, Jean Dabin dénonce la violation par les Allemands de la convention de la Haye fraîchement signée, mais aussi l’invasion d’un pays qui revendique sa neutralité.

Carrière

Peu après sa nomination à l’Université de Liège, Jean Dabin obtient un poste à l’Université catholique de Louvain. Il remplace le professeur Mabille, en tant que professeur de droit civil, sur le plan du droit des personnes et des biens.

Il enseigne pendant 40 ans, et devient Doyen de l’Université à trois reprises.

Jean Dabin est un professeur « dogmatique » : il délaissait la théorie pure et dure, pour laisser place à la pratique et au raisonnement. Il se consacre principalement au droit civil positif, qualifié dans certains de ses ouvrages de « positivisme civilisé ou éclairé »[4]. Il enseigne principalement le droit privé, mais aussi le droit du travail, le droit public ou même la science politique.

En tant que juriste, il associe la pensée philosophique à la pensée juridique, notamment dans ses ouvrages. Dans sa dernière réédition de Théorie générale du droit, il réfute le titre de philosophe du droit, pour ne pas « dénaturer » le droit. Le christianisme, son humanisme, ont toujours imprégné son enseignement et ses réflexions.

Le professeur Jean Dabin a enseigné dans les universités de Louvain, de Paris, de Strasbourg, de Nancy, de Montpellier et de Dijon[5].

Jean Dabin est membre de l’Académie royale de Belgique à partir de 1947 Il en est Directeur de la Classe des Lettres et Président de l’Académie, en 1958. De même, il est membre de la société italienne de philosophie du droit, de l’Institut argentin de philosophie du droit, Président du Centre Inter-universitaire de droit comparé, et vice-président du groupe belge de l’Association Henri Capitant.

Il est l’un des premiers à être publié par les Annales de Droit de Louvain, dans le premier numéro intitulé « Règle morale et règle juridique : essai de compétence systématique ».

Il écrit un article dans le premier numéro qui paraît après la guerre, intitulé « Les degrés d’intérêt et lésions de droit comme condition de la réparation des dommages de droit privé et de droit public ». Il est cofondateur de la Revue Critique de Jurisprudence Belge.

Conception du droit

Jean Dabin est spécialisé en droit civil, puisque civiliste de formation, la théorie ou la philosophie du droit et même le droit public et la philosophie juridique.

Il refuse l’appellation de « philosophe du droit, » : il ne veut pas élever le droit au rang philosophique, de peur de le dénaturer. Aux philosophes, revient la tâche de s’occuper de la philosophie du droit, non aux juristes.

Jean Dabin s’oppose aux concepts de « théorie générale du droit » et de « droit naturel ». Il considère le premier comme une analyse non-précise de la science du droit, et le second comme une simple morale.

Il affirme une vision positiviste, c’est-à-dire que le droit est purement construit des mains de l’homme, même s'il intègre dans sa vision positiviste des éléments « préjuridiques », c’est-à-dire la morale ou le droit naturel politique.

Il a de l’État une vision monolithique et positive, en même temps qu'imprégnée de philosophie, d’histoire, et même de catholicisme.

La Question royale

Jean Dabin joue un rôle dans la Question royale de 1945 à 1951, puisqu'il fait partie du mouvement Rénovation wallonne, et s’oppose fermement, d’un point de vue constitutionnel, à la reddition signée par Léopold III au sortir de la bataille des Lys de .

Hommages et distinctions

Il reçoit, en 1965, le Prix quinquennal du FNRS.

En 1963, Jean Dabin se voit offrir deux Mélanges en sa qualité de « maître »[6] de l’Université française. D’autres honneurs ou discours élogieux suivront, certains posthumes.

Depuis 1965, une Journée Juridique Jean Dabin est organisée chaque année par la faculté de Droit de l’Université Catholique de Louvain. Ces Journées sont, selon les organisateurs, « des colloques autour de thématiques caractérisées par leur actualité et l’intérêt scientifique qu’elles représentent pour différentes disciplines du droit »[7].

Jean Dabin a été nommé docteur honoris causa des universités suivantes : Université catholique de Louvain, Université de Liège, Université de Paris, Université de Strasbourg, Université de Nancy, Université de Montpellier et Université de Dijon.

La distinction suivante lui a été décernée en 1946 :

Publications

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI