Marié et père de trois enfants[3], il devient le tuteur légal d’André Thien Ah Koon, futur député-maire du Tampon, à la mort de ses parents; il est en outre le parrain de l’un des frères de ce dernier[4],[5].
Parcours politique
Jean Fontaine se définit lui-même comme un «gaulliste sang mêlé, anti-communiste primaire, secondaire, tertiaire et serein»[6].
Aux élections législatives de 1978, toujours opposé à Paul Vergès, il est réélu député dans un contexte de grande tension. Au terme d’une campagne électorale d’une extrême violence, Rico Carpaye, un Portois de 17 ans, est tué le lors d’une attaque à la voiture-bélier par des nervis du député et du maire de Saint-Paul sur des partisans de Paul Vergès[8].
La même année, il obtient une suspension des travaux parlementaires pour condamner une motion de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) favorable à l’indépendance de La Réunion, jugeant «intolérable qu’en guise de récompense ces États crachent à la figure de la France en s’ingérant dans ses affaires intérieures»[3],[9].
De nouveau réélu lors des élections législatives de 1981, il émet des réserves, comme député et conseiller général, sur le projet de loi du gouvernement socialiste fixant la date de commémoration de l’abolition de l’esclavage au , préférant que celle-ci soit associée à «l’érection des quatre vieilles colonies en départements»[10]. Début 1982, il présente, avec Paul Bénard et deux autres élus, une motion qui est adoptée par le conseil général mais refusée par le Sénat, sous l’impulsion du sénateur de l’île Louis Virapoullé. En tant que maire, il refuse également d’apporter son aide à la création d’un «comité de célébration du » à Saint-Louis[10]. Lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, il déclare à la tribune que «la loi de départementalisation fut la véritable libération de l’esclavage»[10]. Remanié ensuite par le Sénat, le projet de loi est finalement adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale le [10],[11].
Siégeant avec les non-inscrits à partir de 1978, il adhère au Front national en , donnant au parti son premier député. Il le quitte en et ne se représente pas aux élections législatives suivantes[7],[13], lors desquelles 35 députés FN sont élus à l’Assemblée nationale, bénéficiant de l’introduction du scrutin proportionnel[14]. Ce n’est que quarante ans plus tard, en 2024, qu’un nouveau député d’extrême droite est élu à La Réunion, en la personne de Joseph Rivière[15].
Mort et hommages
Après avoir quitté l’Assemblée nationale, il se retire à Canohès, près de Perpignan. Il meurt le [16], à l’âge de 91 ans[4].
Jean-Marie Le Pen déclare avoir «appris avec tristesse» la mort de Jean Fontaine et salue «un beau parcours»[14]. André Thien Ah Koon estime pour sa part qu’il a assuré aux Réunionnais leurs «conditions d’hommes» et en a fait «de véritables citoyens français»[6]. L’ancien maire de Saint-Louis, Cyrille Hamilcaro, indique que «Saint-Louis retiendra de lui son charisme et sa force de caractère»[7].
↑Jérôme l’Archiviste (préf.Daniel Trinquet), 1 000 célébrités de La Réunion et 150 personnalités des îles de l’océan Indien, Saint-Denis (Réunion), Éditions Orphie, , 928p. (ISBN978-2-87763-540-0).