Jean Latreille
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Jean Latreille, né le à Chamalières et mort le à Neuville-sur-Saône, est un prêtre catholique lyonnais qui s’est beaucoup investi dans l’œcuménisme et l’interreligieux. Au cours de son ministère, il a créé plusieurs associations qui continuent à rayonner comme le Centre culturel œcuménique de Villeurbanne, SOS Amitié, Mains Ouvertes ou Économie et humanisme.
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Prêtre catholique (à partir de ) |
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| Mère |
Suzanne Latreille (d) |
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Geneviève Latreille François Latreille (d) |
| Parentèle |
Camille Latreille (grand-père paternel) |
Famille
Parents
Né le , à Chamalières au pied du puy de Dôme, son père André Latreille enseigne au lycée Blaise Pascal Clermont-Ferrand de 1924 à 1926, puis à Thiers.
André Latreille, son père, deviendra un homme célèbre. Professeur d’histoire à l’université de Lyon, spécialiste du catholicisme puis Doyen de l’université, en 1963 il crée un Centre d’histoire religieuse destiné à prolonger et amplifier l’intérêt soulevé par le congrès international d’Histoire ecclésiastique des Églises tenu à Lyon la même année[1].
Ses parents se marient en 1924. Suzanne Ruplinger, sa mère, issue elle-même d’une famille nombreuse lyonnaise, donne naissance à 10 enfants. Jean est l’aîné. Sa sœur Marie-Louise épouse Rostognat. Sa sœur Geneviève Latreille (1929-1982), psychologue, est connue pour ses travaux universitaires sur l’orientation scolaire et professionnelle. Son frère François Latreille est mathématicien.
Son grand-père paternel Camille Latreille est un dauphinois, universitaire et homme de lettres, professeur et auteur de nombreux ouvrages et publications académiques en particulier sur Chateaubriand, Lamartine, de Maistre et sur la Petite Église de Lyon.
Enfance
Peu après sa naissance, la famille revient en région lyonnaise. Jean Latreille grandit à Sainte-Foy-lès-Lyon où ses parents habitent au début de la guerre.
Adolescence
Quand il a 16 ans, en été 1942, il rejoint le Chantier de jeunesse no 43 d’Artemare dans l’Ain[N 1], connu pour les faits d’armes des maquisards du Haut-Valromey[2].
Jeunesse et formation
Après la Seconde Guerre mondiale, il entame des études universitaires.
Études supérieures
Ayant interrompu ses études pendant la guerre, ce n’est qu’en 1950, à l’âge de 24 ans, que Jean entre au Grand séminaire pour se préparer à la vie sacerdotale.
Prêtre
Ministère
Il est ordonné prêtre en 1954 et est reçu docteur en théologie. Il est alors nommé vicaire à la ville de Vénissieux qui vient d’être rattachée au diocèse de Lyon. Déficient visuel, Jean Latreille est limité dans ses engagements, mais il participe à beaucoup de réunions et d’accueil et, à défaut de pouvoir circuler, il écrit beaucoup.
Paroisses
En 1957, l'abbé est nommé aumônier de mouvements d'Action catholique et des étudiants de l'Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon qui ouvre cette année-là[3]. En 1963, le père Jean Latreille crée le CCO, Centre culturel œcuménique, une aumônerie catholique et protestante, à destination des étudiants du campus scientifique de La Doua, alors en plein essor[N 2] : « provoquer des rencontres et des interactions entre toutes ces personnes d’origines et de traditions multiples[4].» Cette initiative se prolonge en 1989 par le lancement de Alterstice[5], la revue internationale de la recherche interculturelle (ARIC)[6].
Successivement, l’abbé Jean Latreille exerce son ministère dans les paroisses lyonnaises de Bron-Parilly, l'Immaculée-Conception, Saint-Bonaventure, Saint-Joseph des Brotteaux, Ecully, Champagne-au-Mont-d'Or.
En tant que conseiller ecclésiastique de la Paroisse universitaire lyonnaise, Jean Latreille noue des liens de forte amitié avec la famille Bédarida[N 3], des universitaires militants catholiques pacifiques[7].
En 1955, l’abbé Jean Latreille est chargé de la préparation liturgique du congrès de Pax Romana en France[8].
Responsabilités
Il est conseiller auprès de sept évêques successifs pour de la paroisse universitaire lyonnaise, le développement de l’Église lyonnaise et de l’œcuménisme. Jeune prêtre, proche du cardinal Gerlier de 1954 à 1965 puis, pendant deux ans, très présent auprès de Jean Villot qui confie « Lyon est trop lourd pour moi. Je sais que je ne pourrai pas y tenir longtemps ». En effet, dans toute l’Europe, le début des années 1970 est marqué par la crise des vocations, la baisse de la pratique religieuse, les départs de nombreux prêtres et la contestation de l’autorité, tout autant celle de l’Église que celle des institutions sociales ou politiques[9]. À cette époque, les curés voient se multiplier le nombre de clochers dont ils ont la charge, alors qu’ils vieillissent[10].
En 1972, Alexandre Renard fait appel à lui pour imaginer la place de l’Église au sein du nouveau quartier de la Part-Dieu. Lorsque Jean Latreille est envoyé par l’archevêché pour étudier le nouveau quartier de la Part-Dieu, il ne peut s’appuyer que sur son expérience dans des paroisses ou des ministères insérés dans la grande ville. Il ne s’agit pas de construire une nouvelle église en béton, mais d’encourager une communauté de foi, église vivante Christo-centrée qui accueille toute la diversité du christianisme[11].

En 1986, à la demande d'Albert Decourtray, l’abbé Latreille organise l’accueil du pape Jean-Paul II lors de la béatification du père Antoine Chevrier[12]. Puis sous les épiscopats de Jean Balland (1994-1998) et de Louis-Marie Billé (1998-2002), il apporte son point de vue sur les sujets de société et fait vivre les associations qu'il a créées.
En 2002, il accueille Philippe Barbarin qui reçoit le titre de cardinal. Avec lui, il continue le travail œcuménique[N 4] entrepris par ses prédécesseur dont Pauline Jaricot (1799-1862), Frédéric Ozanam (1813-1853), Antoine Chevrier (1826-1879), l’abbé Paul Couturier (1881-1953), mais aussi Gilbert Dru (1920-1944) le jeune résistant lyonnais arrêté et exécuté en 1944[13].
Engagements
SOS Amitié par téléphone
En 1967, le père Jean Latreille ouvre un poste d’écoute de SOS Amitié à Lyon, avec une nouveauté, une ligne téléphonique dédiée aux tentatives de suicide. L’association Samaritans avait été créée en Grande-Bretagne en 1953 et « l’amitié S.O.S par téléphone » à Boulogne en 1960[14]. Le premier congrès national se tient à Paris en 1970[15].
Mains-Ouvertes 1974
En 1974, le père Jean Latreille crée le centre d’accueil Mains Ouvertes, une association interreligieuse, au sein de la Part-Dieu, à l’occasion de l’ouverture du centre commercial. Cette association va se pérenniser au cours des décennies[16].
Économie et humanisme

Fondée en 1941 par le père Louis-Joseph Lebret, Économie et humanisme est une association catholique qui a développé un concept d’économie humaine et édite une revue[17]. Hugues Puel est directeur de la revue de 1968 à 1979[18]. Latreille va contribuer à la rédaction d’articles dans les années 1970 et 1980.
Habitat et Humanisme (1985)
En 1985, Jean Latreille et Hugues Puel d’Économie et Humanisme participent à la création du mouvement Habitat et Humanisme conduit par Bernard Duvert[19].
Partenaires
Fondement de l’œcuménisme lyonnais

La première personne connue pour initier des temps de rencontres œcuméniques à Lyon est Pauline Jaricot (1799-1862), fondatrice de l'Œuvre pontificale de la propagation de la foi, à Lyon en 1822. Suivie peu après, à Paris, par Frédéric Ozanam (1813-1853), fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, en 1833. puis à Lyon vont s'illustrer Antoine Chevrier (1826-1879), fondateur de l'Institut du Prado, à Lyon en 1860, et Émile Guimet (1836-1918), créateur du Musée des Religions à Lyon, inauguré en 1879. Enfin, l’abbé Paul Couturier (1881-1953), promoteur de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, à Lyon en 1933, ainsi que sa participation à la mise en place du Conseil œcuménique des Églises dès 1937 et sa première assemblée générale en 1948. Jean Latreille va continuer cette activité.
Partenaires de terrain
Quelques institutions et quelques sommités ont été ses partenaires de terrain dans sa mission, en paticulier le Centre d’histoire religieuse, fondé en 1963 par André Latreille, son père[N 5]. La Communauté du Chemin Neuf, fondée en 1971 par le père Laurent Fabre[N 6]. Celle-ci a une vocation œcuménique, et compte aujourd’hui plus de 2 000 membres dans quinze pays. Elle se situe au carrefour du Renouveau charismatique et de la tradition ignatienne et insiste sur l’unité des chrétiens et sur la paix[20]. L'année suivante, c'est au tour de la Communauté de l’Emmanuel, fondée en 1972 par Pierre Goursat[N 7]. Puis Jean Latreille fonde l'association Mains-Ouvertes avec un pasteur protestant en 1974[N 8]. A cette époque, son père est toujours une figure éminente de la cité en fondant l'Institut d’histoire du christianisme (Université Jean-Moulin Lyon 3), en 1975[N 9].
Amis et soutiens
Témoignage de Bernard Devert[21].
Témoignage d’Anne Aubry[22].
Fin de vie et héritage
Fin de vie
L'abbé Jean Latreuille, né le 10 février 1926 et ordonné en 1954, est décédé le 19 juillet 2015 à l'âge de 89 ans à Neuville-sur-Saône[23]. Les obsèques ont lieu le 23 juillet à en l'église de Neuville-sur-Saône[24] dans le Rhône[25].
Publications
- Jean Latreille, La Joie du prêtre, Lyon, Les éditions ouvrières, [26],
- Jean Latreille, Poursuivre la Route 40 ans de Sacerdoce, Lyon, , 65 p.
Héritage
Parmi les réalisations remarquables de Jean Latreille qui continuent de fonctionner en 2025, citons :
- Les mouvements d'Action Catholique et des étudiants de l’INSA.
- Le CCO, Centre Culturel Œcuménique,
- « Alterstice », la revue internationale de la recherche interculturelle (ARIC).
- S.O.S Amitié par téléphone à Lyon, avec une ligne téléphonique dédiée aux tentatives de suicide.
- Mains Ouvertes, une association interreligieuse, au sein du centre commercial de la Part-Dieu.
- Économie et humanisme, association catholique qui a développé un concept d’économie humaine et édite une revue.
- Habitat et Humanisme.
