Jean Pappus
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 61 ans) Strasbourg |
| Nationalité |
allemande |
| Formation | |
| Activité |
Chef du convent ecclésiastique (1581-1610) |
Jean Pappus (en allemand Johann Pappus), né le à Lindau en Bavière et mort le à Strasbourg, est un théologien luthérien qui a dirigé l'Église strasbourgeoise de 1581 à sa mort.

Jean Pappus est le fils du bourgmestre Hieronymus Pappus von Trayberg et de Barbara Funck von Senftenau, originaire de Memmingen. Après son obtention du baccalauréat ès arts, il quitte sa ville natale en 1562. De 1565 à 1567, il devient le précepteur du comte de Falkenstein. Cependant, à la demande de son père, il part entreprendre en 1567 des études de théologie à Strasbourg, sous la direction de Jean Marbach[1]. Il est vicaire à Riquewihr de 1568 à 1571, année où il devient maître ès arts à Bâle. En 1573, il obtient le doctorat de théologie à Tübingen[2].
Son retour à Strasbourg est suivi de son mariage avec Maria Magdalena Lins le . Il se consacre ensuite à sa carrière universitaire et ecclésiastique. De 1570 à 1576, il enseigne l'hébreu à l'Académie, puis l'histoire jusqu'en 1578[2] et enfin la théologie jusqu'à sa mort. Il devient progressivement le protégé, puis le confident de Marbach.
En 1577, il provoque une crise sans précédent au sein de l'Académie, menant à la révocation de Jean Sturm par le Magistrat à la suite d'une violente polémique avec ce dernier. À l'origine, le recteur avait contredit les thèses anticalvinistes de Pappus. La plupart des étudiants et une partie des professeurs soutenaient le recteur, tandis que la majorité de la population et le Convent ecclésiastique prenaient fait et cause pour Pappus et les pasteurs[3]. La situation s'aggrave lorsque les princes luthériens exprimèrent leur mécontentement vis-à-vis des écrits de Sturm. En 1581, un décret paraît contre Sturm, qui est interdit de publication. Il n'en tint cependant pas compte et il publia plusieurs pamphlets virulents envers Pappus, dont les quatre Antipappi. Jean Sturm est alors destitué, ce qui ébranla violemment la constitution de l'établissement, puisqu'il était censé être recteur à vie. Malgré les protestations provenant de l'Académie, Melchior Junius est élu en tant que nouveau recteur en 1581, Pappus étant jugé encore trop jeune. C'est la victoire définitive de l'orthodoxie luthérienne sur l'humanisme de la première génération des réformateurs[4].
Pappus profite de cette querelle et de sa popularité pour s'élever à la fonction de pasteur de la cathédrale en 1578, même s'il la troque pour celle de prédicateur libre en 1593. À la mort de Jean Marbach, il est mis à la tête du Convent ecclésiastique et donc de l'Église de Strasbourg[1]. Très actif, il s'efforce de visiter régulièrement les paroisses rurales. En 1598, il obtient le droit de publier l'Ordonnance ecclésiastique, élaborée en grande partie par Marbach, qui promulgue la Formule de Concorde à Strasbourg et qui met définitivement fin à la Confession tétrapolitaine. Cette ordonnance reste en vigueur jusqu'en 1789[1].

Il est élu cinq fois doyen de l'Académie, en 1575, en 1583, en 1591, en 1593 et en 1608[6]. Il devient le premier rector annuus (recteur annuel) en 1594, puis est réélu en 1603[7]. Jusqu'à sa mort en 1610, il est la personnalité dominante en théologie à Strasbourg.