Jean Quatremer
journaliste français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Jean Quatremer, né le à Nancy, est un journaliste, éditorialiste et essayiste français.
| Naissance | |
|---|---|
| Pseudonyme |
Jean Quatremer |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Enseignant ( - |
| Rédacteur à |
| A travaillé pour |
Marianne (depuis ) RMC () Arte (depuis ) Libération (- |
|---|---|
| Distinctions |
Il est à partir de correspondant à Bruxelles pour le quotidien français Libération qu'il quitte en pour Marianne. Perçu comme un journaliste « europhile », il est l'auteur de plusieurs livres et reportages sur la politique de l'Union européenne.
Biographie
Jean Quatremer[N 1], naît le [2],[3] à Nancy en Meurthe-et-Moselle[4].
À partir de , il est chargé de couvrir l'actualité communautaire pour le journal Libération dont il est le correspondant auprès des institutions européennes[5].
En , dans un contexte de relations dégradées avec une partie de la rédaction lui reprochant des déclarations outrancières en lien avec le conflit israélo-palestinien ou l'islam ainsi que des déclarations insultantes sur les réseaux sociaux, il démissionne de Libération pour rejoindre Marianne[6],[7], justifiant sa décision dans une lettre publiée par l'hebdomadaire Le Point[8]. La société des rédacteurs de Marianne (SRM) s'est élevée contre la « place démesurée » promise à Jean Quatremer au sein du magazine. La direction de celui-ci a cependant assuré que Jean Quatremer « ne va exercer aucun rôle dans la direction de la rédaction, ni l'orientation du journal », mais « va exprimer une opinion »[9].
L'eurodéputée Rima Hassan dépose plainte en pour cyberharcèlement contre Jean Quatremer. La plaignante fait état d'un « acharnement » du journaliste sur ses réseaux sociaux, de « fausses accusations et des insultes à répétition ». Ce dernier la nomme régulièrement « Rima Hamas » ou « Lady Gaza » plutôt que de la citer par son nom et l'accuse d'être « passionnément antisémite »[10].
Opinions et prises de position
Les écrits de Jean Quatremer ont parfois suscité des controverses. À partir de , devant la répétition de celles-ci, le quotidien Libération demande que Jean Quatremer ne soit plus présenté comme journaliste à Libération dans ses interventions extérieures[11]. Il a également fait l'objet d'entretiens disciplinaires et d'un rappel au règlement en lien avec ces polémiques[11].
Dominique Strauss-Kahn
En , il est le premier à évoquer publiquement la relation particulière qu'entretient Dominique Strauss-Kahn avec les femmes[12],[13], précisant que le candidat potentiel à l'élection présidentielle française frôlait « souvent le harcèlement » et que cette relation risquait de lui coûter son poste au Fonds monétaire international (FMI)[14],[15]. Dans son ouvrage paru en intitulé Sexes, mensonges et médias, il revient sur l'« omerta » médiatique dont bénéficieraient les responsables politiques[15].
Bruxellisation
En , une vive polémique est déclenchée à la suite d'un article évoquant une ville de Bruxelles « pas belle » et victime de la bruxellisation[16].
Accusation d'antisémitisme contre LFI et le mouvement pro-palestinien
En , il présente des excuses au fondateur de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, qu'il avait accusé d'antisémitisme, et accuse la présentation biaisée de l'AFP à l'origine de ses accusations contre l'homme politique[17].
Le journaliste — qui qualifie l'attaque palestinienne sur Israël du de pogrom — soutient qu'il faut nommer l'antisémitisme « d'où qu'il vienne » et dénonce plus généralement « l'antisémitisme décomplexé » de la gauche et des pays de l'Occident. En et , face à la montée de l'antisémitisme, notamment en France et en Belgique, il fustige encore ce qu'il considère comme l'antisémitisme de Mélenchon et de l'euro-députée LFI Rima Hassan [18]. Le , au micro de Frédéric Haziza sur Radio J, il déclare : « Moi depuis le 7-Octobre, je me revendique comme Juif et sioniste. Faut que les choses soient extrêmement claires. Et j'emmerde LFI, [...] il y a un moment il faut qu'ils arrêtent. C'est le premier parti antisémite de France. [...] je dis clairement ce que je pense de ce parti que j'estime largement aussi dangereux voire plus dangereux que le Rassemblement national. [...] Ce parti n'est pas un parti démocratique. Pour moi, ce n'est même pas un parti d'extrême gauche, c'est un parti d'extrême droite de gauche. »[19]
En , il remplace son image de profil sur les réseaux sociaux par une représentation d'Adolf Hitler avec un keffieh pour dénoncer l'antisémitisme autour du conflit israélo-palestinien, induisant le blocage de ses comptes sur ces réseaux sociaux et la désapprobation de la rédaction de Libération[11].
Europhilie
En , L'Obs relève son europhilie[20], un positionnement lui ayant valu, dès l'année , des critiques de personnalités politiques comme l'ancien ministre des Affaires étrangères socialiste Hubert Védrine — qui le qualifie d'« ayatollah du fédéralisme » européen[21] —, ou académiques comme l'économiste Frédéric Lordon[22], ou encore de journalistes comme Daniel Schneidermann[23] ou Éric Zemmour[24].
Communautarisme et islam
En , parlant d'une crise d'identité belge, il évoque Molenbeek et déclare notamment « À deux cent mètres de la Grand-Place, tu es en Arabie saoudite » provoquant de nombreuses réactions[25],[26]. Il explique peu après qu'il s'agissait de « dénonciation du communautarisme, quel qu'il soit, tant le flamingant qu'islamique »[27],[28].
Emmanuel Macron
En , il déclare soutenir Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, en versant un don au mouvement En marche[29].
Il est l'un des principaux fers de lance du scandale entourant la nomination de Martin Selmayr comme secrétaire général de la Commission européenne[30],[31].[pourquoi ?]
Gilets jaunes
Jean Quatremer prend violemment à partie les manifestants du mouvement des Gilets jaunes, qu'il qualifie dans différents tweets de « beaufs poujadistes », de « France moisie », de « factieux » qu'il est « vraiment temps d'embastiller », de « fascistes », de « racistes », ou encore d'« homophobes »[32]. En réponse à des questions concernant les propos du journaliste, la rubrique Checknews de Libération précise que « la position de Jean Quatremer sur les gilets jaunes ne représente pas celle du journal »[33]. Cette hostilité du journaliste vis-à-vis du mouvement social est relevée par Marianne et Causeur[34],[35].
Covid-19
À l'occasion de la pandémie de Covid-19, il adopte un discours critique envers les mesures de confinement adoptées dans la plupart des pays du monde. En , il s'exprime sur le fait que ces mesures lui semblent disproportionnées et s'accompagnent d'un coût économique déraisonnable face à la gravité de la situation sanitaire[36]. En , il affirme que « les pays qui ont décidé d'un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer »[37].
Réforme des retraites
En , Valeurs actuelles fait part de la critique de Quatremer aux opposants au projet de réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron : « c'est une hystérie collective dès qu'il s'agit d'une réforme », « il n'y a absolument pas de réflexion intelligente »[38]. À cette occasion, Tonino Serafini, journaliste de Libération, se désolidarise du soutien de Quatremer à cette réforme et l'interpelle avec cette remarque : « Tu devrais […] lire l'avis du Conseil d'État qui étrille le projet de réforme des retraites. Il pointe les contours juridiques et financiers incertains du texte[38]. »
Publications
Essais
- Ces hommes qui ont fait l’euro, querelles et ambitions européennes, Paris, Plon, 1999, en collaboration avec Thomas Klau, journaliste au Financial Times Deutschland
- Les Maîtres de l’Europe, Paris, Grasset, 2005, en collaboration avec Yves Clarisse, journaliste à l’agence de presse Reuters.
- Du Larzac à Bruxelles, entretiens avec José Bové, Paris, Le Cherche midi éditeur, 2011
- Sexe, mensonges et médias, collection « Tribune libre », Plon, 2012
- Debout l'Europe ! Manifeste pour une révolution postnationale en Europe[39], manifeste de Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt suivi d'un entretien des auteurs avec Jean Quatremer, Acte Sud et André Versaille éditeur, 2012
- Les Salauds de l'Europe, guide à l'usage des eurosceptiques, Calmann-Levy, 2017
- Il faut achever l'euro : tout ce que vous avez voulu savoir sur l'euro (sans oser le demander), Calmann-Levy, 2019
Ouvrages en collaboration
- Notre Europe, sous la direction de Michel Rocard et Nicole Gnesotto, Robert Laffont, 2008
- 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, sous la direction de Patrick Weil, Grasset, 2012
Distinctions
- : prix Louise-Weiss du journalisme européen pour son blog « Coulisses de Bruxelles » créé en [40],[2].
- : Prix Richelieu, pour récompenser sa défense de la langue française[41].
- :
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[42],[43]