Jean Saugrain
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Jean Saugrain est un libraire-imprimeur né vers à Ferrières-Haut-Clocher, et mort après le à Pau.
Il quitte sa famille pour parcourir l'Europe pendant presque vingt ans et en profite pour se constituer un réseau professionnel. Il visite l'Italie, l'Espagne et se fixe en Allemagne. Il y apprend comment imprimer un écrit et se perfectionne sur le commerce des livres.
C'est en Allemagne qu'il découvre la Réforme protestante et devient un adepte de la doctrine de Martin Luther. Il décide de rentrer en France pour faire connaître les thèses de Luther. Il s'établit à Lyon comme libraire-imprimeur, en 1550. Lyon est alors la seconde ville française des métiers de l’imprimerie et du commerce des livres. Les querelles religieuses ont débuté en France depuis quelques années. Dès 1528, l'Église de France commence sa lutte contre le développement de ces idées nouvelles. En 1534, avec l'affaire des Placards, François Ier accélère la persécution contre les protestants. En 1545, les Vaudois du Luberon sont massacrés à Mérindol. Étienne Dolet meurt sur le bûcher le pour avoir imprimer des ouvrages hérétiques.
En 1555 il travaille à Lyon chez le libraire Benoît Rigaud (v.1525-1597). Benoît Rigaud s'est marié successivement avec Pernette de Septgranges, qui décède sans enfant, puis Claudine Dumergue ([?]-1623), fille de l’imprimeur Antoine Dumergue. Ensemble, ils vont publier Flores operum de Bernard de Clairvaux, en 1556, et des ouvrages de Clément Marot, François Habert, Guillaume de La Perrière, Guillaume de La Teyssonnière, Artus Désiré, Adrien du Hecquet, Gilles de Noyers, .... Benoît Rigaud, fervent catholique décide de se séparer de Jean Saugrain, en 1558. Jean Saugrain ouvre alors sa propre maison. Jean Saugrain devient un des libraires les plus importants de Lyon. Il se marie à Lyon, en 1558, avec Claudine Vallet (décédée à Lyon avant 1573), nièce par alliance de Benoît Rigaud. De ce mariage il a eu deux enfants, Jean Saugrain (ca 1566-ca 1622) et Abraham Saugrain (ca 1567-ca 1622).
Jean Saugrain va se spécialiser dans la publication d'ouvrages sur la doctrine protestante, des pamphlets et des libelles sur la religion catholique. En 1559, il publie La République d'Utopie de Thomas More dans une traduction de Jean Leblond revue par Barthélemy Aneau. En 1562, Jean publie l’Histoire des vies et faits de trois excellents personnages : Martin Luther par Philippe Mélanchthon, Jean Ecolampade par Wolfgang Faber Capito et Simon Grynaeus; et Huldrik Zuingle par Osualdus Myconius[1]. Il soutient Antoine du Verdier, humaniste et bibliographe.
La Réforme se développe à Lyon au début des années 1560. À partir de 1563, Jean Saugrain publie des ouvrages condamnant la papauté. Il publie des livres de Pierre Viret, Heinrich Bullinger, Jean de l'Espine ou Delespine. La moitié de ses éditions concernent des controverses religieuses, au total une quarantaine d'ouvrages entre 1562 et 1566. Après 1565, Lyon redevient catholique et Jean Saugrain continue à publier des ouvrages mais moins véhéments.
Par lettres patentes du , Charles IX le désigne le réformé premier imprimeur de Lyon. Pendant les guerres de religion il est protégé par Jeanne d'Albret, reine de Navarre et mère d'Henri IV. Après la mort de sa protectrice Jeanne d'Albret, il publie le un livret en son hommage. Même après le massacre de la Saint-Barthélemy, il continue à publier des ouvrages défendant sa foi. Il publie en 1573, avec permission, Discours et recueil du siège de La Rochelle en l’année 1573[2].
Au début 1573, il quitte Lyon et s'établit à Pau. Il publie en 1577 Les fictions poétiques d'Innocent Esgaré. le , il s'associe avec Durand-Badel, libraire originaire de Cahors établi à Pau. Le contrat prévoit qu'après son décès, son fils Abraham doit lui succéder dans cette association. Henri de Navarre le nomme par lettres patentes imprimeur ordinaire et le libraire de l’académie de Pau.
Il rédige son testament le .