Alors qu'elle est mariée à un militant socialiste qu'elle trouve trop modéré, Adnet rejoint l'anarchisme - influence sa sœur dans cette voie, et est accusée d'association de malfaiteurs avec son groupe, le groupe de la rue des Abbesses. Quelques années plus tard, à la suite de l'arrestation de sa sœur par les autorités belges pour faux-monnayage, Adnet parvient à la faire s'évader de prison en prenant sa place.
Elle la rejoint ensuite en Angleterre, où elle correspond avec Max Nettlau, entre autres, avant de revenir en France. Dans les années qui suivent, Jeanne Adnet devient une militante socialiste. Elle meurt le à Bagnolet.
Évasion de la prison des Petits-Carmes
Rapport d'un indicateur sur les activités de Jeanne Adnet et de ses proches (Archives de Meurthe et Moselle 2 U 1557 - courtoisie d'Archives anarchistes)
Jeanne Marie Alphonsine Adnet naît à Argentan le [1]. Selon son acte de naissance, sa mère se nomme Louise Elisabeth Accard et n'a pas d'emploi, tandis que son père se nomme Victor Adnet et est employé en chemins de fers[2].
En 1893, elle épouse Emmanuel Quesnel, alors militant socialiste - et le trouve trop modéré[1]. Profitant de ses absences pour aller se présenter comme candidat socialiste dans le Nord, elle-même rejoint l'anarchisme, se rend à plusieurs réunions anarchistes parisiennes en compagnie de sa sœur, Clotilde Adnet, qu'elle influence vers l'anarchisme aussi[1]. Ces réunions se déroulent à divers endroits, mais en particulier au sein du groupe de jeunes qui se retrouvent rue des Abbesses. Au début de 1894, Quesnel et Adnet se séparent après six mois de vie commune[1].
À la suite de la condamnation en Belgique de Clotilde Adnet à six ans de prison pour émission de fausse monnaie, Jeanne lui rend visite plusieurs fois[1]. Elle aime énormément sa sœur et décide alors de la faire évader de sa prison, la prison des Petits-Carmes, à Bruxelles[1].
Le , Adnet rend visite à sa sœur en prison. L'anarchiste vient vêtue de vêtements sombres, le visage masqué par une voilette blanche. Les deux se retrouvent et profitent de la configuration du parloir, composé de cabines séparées par des treillis, pour intervertir les treillis, échanger leurs habits et leurs places[1]. Clotilde Adnet fait semblant de pleurer et de s'apitoyer sur sa sœur en mettant ses mains sur son visage, ce qui pousse une gardienne à la reconduire à l'entrée[1]. Pendant ce temps, Jeanne Adnet rejoint la cellule et lorsque la gardienne lui enlève sa cagoule et se rend compte qu'il ne s'agit pas de l'évadée, Adnet éclate de rire. Elle est libérée quelques mois plus tard, en [1].
Dernières années et mort
À la suite de l'évasion et sa libération, les deux rejoignent la France et retrouvent la journaliste anarchiste Séverine, qui conseille à Clotilde de fuir en Angleterre, ce qu'elle fait et où Jeanne la rejoint[1]. Elle écrit notamment à Max Nettlau pendant cette période pour lui demander d'aider à fournir un avocat à sa sœur, alors en procès pour une extradition potentielle vers la Belgique[1].