Jeanne Gaillarde
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Jeanne Gaillarde est une poétesse française du XVIe siècle, née à Lyon, vers la fin du XVe siècle. Bien qu'elle soit une poétesse reconnue de son temps, il n'existe aucune production publiée à son nom.
Jeanne Gaillarde est une poétesse lyonnaise du XVIe siècle qui, par son activité poétique, a acquis une certaine notoriété. Néanmoins, ses dates de mort et de naissance exactes sont inconnues. Il n’y a aucune publication de ses écrits à son nom. Les seules traces de son activité poétique se retrouvent dans les échanges poétiques avec ses contemporains. En effet, elle a échangé avec de nombreux poètes de passage à Lyon, dans le cadre d’un exercice poétique collectif, sous la forme de rondeaux élogieux[1]. Notamment, avec Clément Marot, de passage à Lyon vers 1524, où il fait la connaissance de Jeanne[2]. Mais également avec Germain Colin Bucher et Jacques Colin[3]. Le rondeau de Marot attribué à Jeanne Gaillarde dans L’Adolescence Clémentine publié la première fois en 1532 représente l’un des rares témoignages de son activité poétique ; de l’importance et de la reconnaissance portées à son talent littéraire.
Contexte général
À la Renaissance, Lyon est considérée comme la « capitale du livre » et s’impose comme un grand centre européen de l’imprimerie. Ainsi, Lyon opère comme un centre urbain à l’époque de la Renaissance, dont le climat intellectuel est favorable à l’accession des femmes à la culture et la pratique littéraire. Madeleine Lazard dans Les avenues de Fémynie[4] parle d'un « climat lyonnais particulièrement favorable à l’inspiration poétique l’était aussi au développement d’un certain féminisme culturel[5].» pour qualifier cette période. Elle y relève notamment les noms de poétesses lyonnaises reconnues comme Louise Labé, Jacqueline de Stuart, Jeanne Creste, Pernette du Guillet, et de Jeanne Gaillarde.
Jeanne Gaillarde est l’une des premières femmes poétesses à faire entendre sa voix. Toutefois, il n’y a aucun ouvrage publié par cette femme. Ce problème s’étend au reste des femmes poétesses lyonnaises de cette époque : la publication est un obstacle pour les femmes qui écrivent. Ce sont dans les livres écrits par des poètes masculins que peuvent se trouver des textes écrits par des femmes, témoignant de leur émergence progressive dans la littérature[1]. Natalie Zemon Davis, dans son essai Women on Top[6], aborde la conception de la femme par la société à l’époque de la Renaissance ; ces dernières étaient jugées hystériques et désordonnées car leurs actions étaient dictées par la partie basse de leur corps, – leur utérus –, et non de la partie haute, intellectuelle et raisonnée[7], un présupposé qui a sans doute touché Jeanne Gaillarde.

