Jeanne Laurent

haute fonctionnaire, chartiste, résistante et auteure française From Wikipedia, the free encyclopedia

Jeanne Laurent, née le à Cast et morte le à Garches, est une haute fonctionnaire, archiviste paléographe, résistante et autrice française.

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Marie Jeanne LaurentVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jeanne Laurent
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Marie Jeanne LaurentVoir et modifier les données sur Wikidata
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Elle est entre autres considérée comme l'initiatrice de la politique de décentralisation théâtrale sous la Quatrième République.

Biographie

Fille d'agriculteurs catholique bretons, Marie Jeanne Laurent fait ses études à partir de à l'Université catholique d'Angers dont elle sort licenciée en lettres classiques[1]. En , elle rejoint Paris où fait ses études à l'École nationale des chartes, elle y acquiert une « discipline très sévère » et y soutient une thèse sur la quévaise en Basse-Bretagne en 1930[2].

En 1930, elle devient rédactrice auxiliaire au ministère de l'Éducation nationale et en 1931, elle entre à la Commission nationale des monuments historiques[3]. Jeanne Laurent devient ensuite sous-chef du bureau de la Musique, des Spectacles et de la Radiodiffusion en juillet 1939 puis sous-chef de bureau à la direction générale des Beaux-Arts en 1941[1].

Sous l'Occupation, elle fréquente l'association Jeune France, mise en place par Pierre Schaeffer et Emmanuel Mounier qui fut une véritable préfiguration d'un ministère de la Culture à venir, et rêvé par Jean Zay avant guerre avec des financements du régime de Vichy pendant un an et demi, de à , le temps que le pouvoir ne s'aperçoive que ses propres objectifs ne sont pas suivis. S'y trouvent également Paul Flamand, André Clavé, Jean Vilar, Jean Bazaine et Alfred Manessier.

Elle participe à la Résistance sous la forme d'une Resistenz, en utilisant son pouvoir de délivrance de laissez-passer, ce qui lui vaut d'être médaillée de la Résistance en 1947[1].

Elle est nommée en 1946 sous-directrice des Spectacles et de la Musique à la Direction Générale des Arts et Lettres au ministère de l'Éducation nationale par Jacques Jaujard. À ce poste pendant six ans, elle développe une politique de décentralisation théâtrale, désirant accroître la diffusion du théâtre en province, et le populariser[4].

En tant que « mère de la décentralisation » selon l'expression de Colette Godard, elle crée les premiers centres dramatiques nationaux : en 1946 à Colmar, le centre dramatique de l'Est, avec Roland Piétri pour une saison, puis, avec André Clavé de 1947 à fin 1952, et, à Saint-Étienne, la Comédie de Saint-Étienne avec Jean Dasté en 1947, qui avait déjà créé son propre centre à Grenoble, en [5]. Elle participe, la même année, à la fondation du festival d'Avignon. Suivront les centres dramatiques nationaux du Grenier de Toulouse (1948), du centre dramatique de l'Ouest (1949) et de la comédie de Provence (1952). En 1951, elle propose à Jean Vilar de lancer la renaissance du Théâtre national populaire. Elle met également en place un concours des jeunes compagnies et une subvention à la première pièce, afin d'encourager de nouveaux talents.

Sans plan établi, elle profite des circonstances et de son réseau d'amitié et de connaissances (Jean Vilar, Jean Dasté, André Clavé, etc.) pour implanter le théâtre hors de Paris, et s'appuie sur les talents qui émergent en région, plutôt que de nommer des comédiens en province depuis Paris. Ainsi, elle encourage les villes alsaciennes à protester contre la perte de financement des théâtres de la région, du fait de la fin de la tutelle allemande, ce qui mène à la constitution du CDN de l'Est[6]. Les autres centres dramatiques nationaux reposent également tous sur une troupe régionale existante (le Grenier à Toulouse, la troupe de Dasté à Saint-Étienne, le théâtre de Baty à Aix-en-Provence, etc.). Elle contribue à la mise en place d'une animation au château de Kerjean[7].

Isolée au sein du secrétariat d'État des Beaux-Arts, et critiquée par la presse et les directeurs de théâtre parisiens, elle est mutée à l'arrivée d'Antoine Pinay en , au Service universitaire des relations avec l'étranger et l'Outre-Mer, intégré rapidement au ministère de la Coopération. Malgré cette mise à l'écart, qui a suscité de nombreuses protestations et interrogations, elle continue de contribuer par écrit à la réflexion pour une action théâtrale de l'État, et publie deux essais, La République et les Beaux-Arts (1955) et Arts et pouvoirs en France de 1793 à 1981. Histoire d'une démission artistique (1982).

Elle prend sa retraite d'administrateur hors classe en 1967. Elle meurt le [8] à Garches.

Ses papiers personnels sont conservés au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France.

Distinctions

Publications

  • La République et les Beaux-Arts, Paris, Julliard, 1955, 226 p.
  • Préface à Ces femmes de théâtre, de Rosamond Gilder, trad. Brigitte Chabrol, Olivier Perrin, 1967 [éd. originale américaine, Enter the actress : the first women in the theatre, The Riverside Press, 1931]
  • Un monde rural en Bretagne au XVe siècle, la quévaise, Paris, Éditions de l’EHESS, 1972, 442 p.
  • Bretagne et Bretons, Paris, Arthaud, 1974, 151-[68] p.
  • Arts et pouvoirs en France de 1793 à 1981. Histoire d'une démission artistique, Saint-Étienne, CIEREC, 1982, 184 p.
  • À propos de l'École des beaux-arts, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts, 1987, 175 p.

Archives

Fonds

Films

  • Georges Groult, Un public de  : 1946 -1968 Les années fondatrices de la décentralisation du théâtre, INA, 2006
  • Daniel Cling, Une aventure théâtrale - 30 ans de décentralisation, TS productions, Union des Artistes, 2017[11]

Notes et références

Annexes

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