Jeanne Royannez

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Jeanne Royannez
Jeanne Royannez, photographie par Édouard Stebbing (1896).
Biographie
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Jeanne Royannez, née le dans l'ancienne commune de Montmartre[1] et morte à Paris le , dite aussi Madame Clovis Hugues, est une sculptrice française.

Élève de Laure Coutan, Jeanne Royannez est la fille du journaliste républicain Adolphe Royannez (1829-1894) directeur de L’Athée et de La Voix du Peuple, membre de la Commune de Marseille, compagnon de Gaston Crémieux, proscrit en 1851. Elle épouse le journaliste socialiste Clovis Hugues qu'elle rencontre à Marseille en 1871, lors de la brève commune qui enflamme cette ville. Ils se marient à sa sortie de prison, le à Toulon. Le couple aura deux filles, prénommées Marianne et Mireille.

L'année de ce mariage, un journaliste bonapartiste, Joseph Daime, signant sous le nom de plume de Désiré Mordant dans L’Aiglon des Bouches-du-Rhône, insulte la jeune épouse. Clovis Hugues le provoque en duel et le tue. Le mari outragé est acquitté en .

En 1882, la comtesse d'Osmond-Lenormand accuse Jeanne Royannez d'avoir séduit son époux. Il semble qu'elle veuille perdre sa réputation afin de mettre un terme à la carrière politique de Clovis Hugues. Stipendié par la comtesse, un détective, François Morin, réussit à jeter le trouble dans l'opinion et le tribun socialiste ne peut assister aux funérailles de Louis Blanc.

Monument à Clovis Hugues (1909), Embrun, jardins de l'archevêché.
Clovis Hugues, buste en bronze, Sceaux, jardin des Félibres.

Le tribunal de Paris condamne François Morin le à deux ans de prison, 50 francs d’amende et 2 000 francs de dommages et intérêts[2]. Mais la comtesse protège son commensal, qui sort de prison et reprend bientôt ses calomnies. Un nouveau procès s'ouvre, qui doit aboutir le , mais il est repoussé et Morin poursuit ses persiflages. Jeanne Royannez, excédée, tire à plusieurs reprises sur Morin au palais de justice de Paris, et le tue[3]. Elle est acquittée par ses juges le (sauf deux mille francs d’astreinte)[2]. Le Gaulois du lendemain en fait cette description : « Très pale, cette jeune femme aux traits accentués, est coiffée d'un petit chapeau noir et vêtue d'un costume noir. Elle a relevé sa voilette de tulle blanc et promène ses regards d'un air assez calme sur tout l'auditoire »[4].

L'année suivante, Jeanne Royannez expose au Salon. Sa carrière est lancée.

En 1887, elle expose au salon de l’union des femmes peintres et sculpteurs un buste en bronze de la comtesse de Béatrice de Die, acheté par la ville de Die l’année suivante[5].

Elle fait partie de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, regroupées dans le Woman's Building[6].

Jeanne Bourrillon-Tournay réalise son portrait en 1895.

Œuvres dans les collections publiques

L’inventaire complet de son œuvre, subsistante ou non, est compliqué à établir, selon Kate Fletcher, artiste, historienne de l’art et militante[7].

Parmi les nombreuses œuvres de Jeanne Royannez qui se trouvaient dans les rues de Paris, un grand nombre ont disparu[10].

Postérité

Notes et références

Annexes

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