Alfred Le Petit
caricaturiste, peintre, graveur et photographe français
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Alfred Achille Alexandre Le Petit, aussi connu sous les pseudonymes d’Alfred Le Grand, Caporal ou Zut, né à Aumale (Seine-Maritime) le et mort à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) le est un peintre, caricaturiste, graveur, directeur de publication et photographe français.
Biographie
Alfred Le Petit naît à Aumale (Seine-Maritime) le , où son père est horloger. Doué pour le dessin, il s'enfuit du domicile familiale à 15 ans, arrive à Paris, survit en vendant des copies de maîtres anciens, puis quatre ans plus tard, achète un appareil photographique[1].
Il peint durant cette période un peu bohème une Crucifixion pour l'église Saint-Martin de Beaucamps-le-Vieux en 1857 et un Christ aux outrages pour l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Fallencourt en 1858.
En 1861, il est apprenti chez le statuaire et modeleur Klaz à Paris, puis apprenti en 1862 chez un photographe professionnel rue Vivienne à Paris. Il pratique la photographie pour un usage personnel (autoportraits nus) ou commercial à partir des années 1860, et documente les gueux, les petits métiers des villes et des campagnes en pays de Bray et à Rouen, puis prolongeant ce thème, dans les années 1880 et 1890, ajoutant des portraits de famille (sa femme enceinte, ses fils) du côté de Fallencourt[1],[2].
Il devient élève à l'école des beaux-arts de Rouen sous la direction de Gustave Morin en 1866. Après des études de dessin, de peinture et de photographie, Alfred Le Petit se lance dans la caricature à Rouen. À Paris, il donne des dessins à la revue d'André Gill et de François Polo, L'Éclipse en 1866. Il fonde le Tam Tam (1867-1868) avec Ernest Vaughan à Rouen, dessine de 1867 à 1883 au Journal amusant fondé par Charles Philipon.
En , il fonde La Charge, journal satirique hebdomadaire[3] où il publie la série « Fleurs, fruits et légumes du jour » et s'attaque tout particulièrement à Napoléon III avec férocité. Charles Virmaître en est l'éditeur scientifique et le journal paraît jusqu'en 1890. Pendant la Commune de Paris, il donne des dessins à La Montagne communarde en mars et et publie la série Les Hommes de la Commune.
Il achète une maison à Levallois-Perret en 1874.



Dessinateur et patron de presse, il collabore dans un esprit républicain avancé et très anticlérical au Grelot[5] et au Charivari[6]. Il fonde plusieurs feuilles satiriques : L'Étrille, Le Pétard (1877-1879) et Le Sans-Culotte (1878-1879). Il réalise une série d’assiettes illustrées de caricatures intitulée « Les Contemporains dans leur assiette », primée à l'Exposition universelle de 1878.
En 1880, il dessine pour diverses revues : Tout Paris ; Lyon républicain, Le Petit Rouennais illustré, La Jeune République, Le Petit Méridional (journal républicain quotidien), Le Petit Ardennais illustré. Il lance avec Félicien Champsaur l'hebdomadaire satirique Les Contemporains qui publiera 43 numéros jusqu'en ). Cette année-là, il se bat en duel et tue un Italien par nationalisme, et illustre Gros-Jean et son curé, texte anticlérical d'Auguste Roussel, de Méry, La Bible farce de Pierre Malvezin, puis publie La Vie drolatique des saints en 1883. Il utilisait aussi les pseudonymes Caporal et Alfred Le Grand.
L'une des premières peintures d'Alfred Le Petit à être exposée remonte à 1875, au Salon des refusés, avec Un Tailleur marchand de Curiosités, à Levallois[7]. En 1884, il expose Parapluie pour spectacle (portrait de Sarah Bernhardt) aux Incohérents. Ses peintures Le Singe malade et Singe chiffonnier sont exclues du Salon de Paris de 1886, il se rabat donc sur le Salon des refusés[8]. En 1889 et 1890, il expose des dessin au Salon des indépendants[9].
Le Petit commence en 1888 une collaboration épisodique pour les portraits-charge des Hommes d'aujourd'hui, publication qui s'éteint en 1899. Il fonde La Charge (1888-1889), d'obédience boulangiste. Il est condamné à deux mois de prison pour un dessin contre l’armée et favorable au général Boulanger.
Il expose des aquarelles et des dessins à la galerie Bernheim à Paris en 1895[10], année où il devient veuf. Après avoir défendu le général Boulanger et pris parti contre Dreyfus, il reprend en main sa carrière de peintre, mais échoue dans cette voie : il exposera seulement au Salon de la Rose-Croix en 1893, aux Indépendants en 1894 et en 1906[11].
Il dessine pour Le Rire de 1895 à 1898. En 1901, il donne quelques dessins à L'Assiette au beurre et à la Collection des cent.
Il termine sa vie en réalisant des caricatures pour les touristes, posté au premier étage de la tour Eiffel et en chantant dans les cabarets accompagné de son violon.
Entre 1903 et 1905, il séjourne à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu de Paris, y tient des journaux et réalise des croquis, qui seront publiés à titre posthume dans l'ouvrage Je suis malade. Curieux carnets d'un séjour à l'Hôtel-Dieu en 1903-1905 (2007)[12].
Il meurt à Levallois-Perret le et est enterré dans le cimetière de Fallencourt (Seine-Maritime).
Il est le père du peintre et graveur Alfred Marie Le Petit (1876-1953).
Œuvre
Alfred Le Petit est l'auteur de photographies, dessins, peintures, gravures et lithographies.
Publications et ouvrages illustrés
- Fleurs, fruits et légumes du jour, Paris, Bureau de L'Éclipse, — sur Gallica.
- Les hommes de la Commune, texte par L. Ducrocq, Paris, Duclaux, [1871].
- D. Pérégrine, La Fille aux serpents : souvenir des Antilles, eau-forte, Paris, Damase Jouaust - Librairie des bibliophiles, 1876 — voir sur Gallica.
- La Vie drôlatique des saints, texte et dessins gravés, Levallois-Perret, Alfred Le Petit éd. 128 rue de Courcelles, 1883 — sur Gallica.
- Horace Valbel, Les chansonniers et les cabarets artistiques, dessins, préf. de Clovis Hugues, Paris, E. Dentu, 1885 — sur Gallica.
- Henry de Goudourville, Les salles d'armes d'aujourd'hui, dessins, Paris, E. Dentu, [1896].
- Le Cochon, 60 dessins avec texte et musique, Paris, Félix Juven, 1898.
- Posthume
- Proverbes d'ici, d'outre-mer et de plus loin, dessins, Paris, René Kieffer, 1928.
- Je suis malade. Curieux carnets d'un séjour à l'Hôtel-Dieu en 1903-1905, présentés par Guillaume Doizy et Jean-François Le Petit, Éditions Alternatives, 2007[12].
Expositions
- Exposition rétrospective à Paris au Salon d'Automne de 1931.
- Exposition au musée des Beaux-Arts de Rouen en 1934.
Collections publiques
- Paris, musée d'Orsay :
- Suite de dessins à l'encre [Le Crapaud ; La Grenouille, études], s.d.
- Assiettes de la série Les Hommes d'Aujourd'hui, Exposition universelle de Paris, 1889.