Jeannette Jara
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| Jeannette Jara | |
Jeannette Jara en 2022. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre chilienne du Travail et de la Protection sociale | |
| – (3 ans et 28 jours) |
|
| Président | Gabriel Boric |
| Gouvernement | Boric |
| Prédécesseur | Patricio Melero (es) |
| Successeur | Giorgio Boccardo (es) |
| Sous-secrétaire à la Prévoyance sociale | |
| – (1 an, 4 mois et 1 jour) |
|
| Président | Michelle Bachelet |
| Gouvernement | Bachelet II |
| Prédécesseur | Julia Urquieta (es) |
| Successeur | María José Zaldívar |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Jeannette Alejandra Jara Roman |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Conchalí (Chili) |
| Nationalité | Chilienne |
| Parti politique | JJCC (1989-1999) PCCh (depuis 1999) |
| Diplômée de | Université de Santiago du Chili Université centrale du Chili |
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Jeannette Jara, née le à Santiago, est une femme politique chilienne, membre du Parti communiste du Chili (PCCh). Elle est sous-secrétaire à la Prévoyance sociale entre 2016 et 2018, sous la présidence de Michelle Bachelet.
Entre et , elle est ministre du Travail et de la Protection sociale au sein du gouvernement Boric. C'est la première ministre du Travail membre du Parti communiste depuis la transition chilienne vers la démocratie. Elle pilote à ce titre plusieurs réformes majeures du gouvernement, notamment la réduction du temps de travail hebdomadaire à 40 heures, l’augmentation du salaire minimum et une réforme des retraites mettant fin au système de capitalisation individuelle hérité de la dictature de Pinochet en introduisant une contribution partagée des entreprises.
Le , elle démissionne du ministère du Travail après sa nomination en tant que candidate du Parti communiste chilien à la primaire de la coalition d'Unité pour le Chili, qui rassemble les partis de gauche. Elle remporte ce scrutin avec 60,17 % des voix en .
Elle devient la candidate unique de la coalition Unité pour le Chili lors de l'élection présidentielle de 2025. C'est la première fois qu'une personnalité communiste porte une coalition de la gauche unie depuis le retour de la démocratie dans les années 1990.
Parcours personnel
Jeannette Jara est née en 1974 et a grandi dans un quartier pauvre de la commune de Conchalí, dans la région de la capitale Santiago[1],[2]. Aînée d’une fratrie de cinq enfants, elle est la fille de Sergio Elías Jara Ulloa, un ouvrier, et de Jeanette del Carmen Román Guzmán, une mère au foyer[3]. Elle grandit dans une mediagua (habitat précaire) sans eau courante[4].
Elle a terminé ses études secondaires au Liceo Isaura Dinator De Guzmán, à Santiago[5] et ses études supérieures en administration publique à la faculté d'administration et d'économie de l'université de Santiago du Chili, puis en droit à l'université centrale du Chili[2]. Puis, elle a obtenu une maîtrise en gestion et politique publique à l'université de Santiago du Chili[2].
Issue d'un milieu défavorisé, elle est le premier membre de sa famille à accéder aux études supérieures[3]. Dès l’âge de 13 ans, elle est employée dans la cueillette[6], puis, pour financer ses études, comme ouvrière agricole saisonnière et vendeuse de rue[7].
Elle était aussi contrôleuse et enseignante en administration publique à l'Université académique d'humanisme chrétien[8].
Mariée à Víctor Manuel Gajardo Aguilera[8], elle a un fils[2].
Parcours professionnel et engagements syndicaux
En 1989, âgée de 14 ans, elle rejoint les Jeunesses communistes du Chili (JJCC) où elle milite pendant dix ans avant d'adhérer en 1999 au Parti communiste, dont elle est membre du comité central[9],[2].
Figure du mouvement étudiant des années 1990, elle devient présidente de la Fédération des étudiants de l'Université de Santiago (Feusach) en 1997[9]. La même année, elle est arrêtée lors d'affrontements avec la police et passe plusieurs jours à la prison pour femmes de Santiago, un épisode qui suscite de vives critiques du Parti communiste envers le gouvernement du démocrate-chrétien Eduardo Frei[4]. En 1997, elle coordonne aussi un grand événement au Stade national commémorant les trente ans de l'assassinat de Che Guevara rassemblant 60 000 personnes[4].
Après ses études, elle travaille au service des impôts (servicio de impuestos internos, SII), d'abord comme employée de base, puis en tant qu'inspectrice à partir de 1999[9].
Elle se fait remarquer pour son engagement syndical au sein de l'Association des inspecteurs du SII (AFIICH)[2] et est élue au conseil régional de l'organisation en 2003[4].
Elle exerce brièvement comme avocate après avoir quitté la fonction publique, notamment en défendant deux personnes blessées par la police lors des manifestations de 2019 à Santiago[4].
Parcours politique
Sous-secrétaire au bien-être social (2016-2018)

Au cours du deuxième gouvernement de la présidente Michelle Bachelet, elle est chef de cabinet de la sous-secrétaire d'État aux Affaires sociales, Julia Urquieta[9], et plus tard au ministère du Développement social[9]. Elle était également inspectrice des impôts pour le service de revenu interne[2].
Jeannette Jara est nommée sous-secrétaire à la Protection sociale dans le gouvernement de Michelle Bachelet en et jusqu'à la fin du gouvernement en 2018[9].
Avocate et enseignante (2018-2021)
Après le gouvernement, elle exerce la profession d'avocate et devient en même temps enseignante à l'université de Santiago. À partir de 2019, elle rédige également une maîtrise en gestion publique au sein de la même université[10].
Aux élections municipales de 2021, elle est candidate à la mairie de Conchalí avec le Parti communiste du Chili et la coalition Chile Digno (es), mais elle est battue par le maire sortant René de la Vega (es)[5].
De à , elle est administratrice municipale de la ville de Santiago auprès de la jeune maire communiste Irací Hassler[11].
Ministre du Travail et de la Protection sociale (2022-2025)
Le , le président élu, Gabriel Boric, annonce la nomination de Jeannette Jara en tant que ministre du Travail et de la Protection sociale ; c'est la première ministre du Travail membre du Parti communiste depuis la transition chilienne vers la démocratie. Le dernier communiste à ce portefeuille était Jorge Godoy Godoy sous la présidence de Salvador Allende. Elle prend ses fonctions comme ministre le [12]. Elle est la figure la plus à gauche du gouvernement Boric[13].
Décrite comme « pragmatique et tenace », elle s’appuie sur le dialogue social plutôt que sur la confrontation avec la droite et le patronat pour faire avancer des réformes sociales[3]. Bénéficiant d'une image positive, elle a orchestré le dialogue avec les partenaires sociaux sur la réduction du temps de travail hebdomadaire, de 45 heures à 40 heures[14]. Elle est à l'initiative d'une revalorisation du salaire minimum de 350 000 à 539 000 pesos (de 320 à 500 euros), un montant qu'elle juge encore insuffisant[3],[15]. Elle fait adopter début 2025 une réforme du système de retraites introduisant une contribution partagée des entreprises[15], dans un pays où prévalait la capitalisation individuelle privée et obligatoire, un système bâti sous la dictature d'Augusto Pinochet. Elle souhaite aussi créer une cotisation patronale et augmenter le montant des retraites modestes, le quart des pensions étant inférieur au seuil de pauvreté[3].
Candidate de la gauche à l'élection présidentielle de 2025
Le , Jeannette Jara remporte avec 60 % des suffrages la primaire de la coalition de gauche qu'elle conduira lors de l'élection présidentielle de novembre[16],[17]. Elle déjoue ainsi les sondages, devançant de 30 points Carolina Tohá, ancienne ministre de l’Intérieur du gouvernement Boric et candidate sociale-démocrate, longtemps favorite[15]. Cette victoire marque un tournant historique pour le PCCh, qui ne s'était présenté que deux fois auparavant à une élection présidentielle. Son programme est orienté vers les réformes sociales et le renforcement de l’État-providence, avec notamment un accès garanti aux soins essentiels, une attention portée à la santé mentale et un salaire minimum de 750 000 pesos (une hausse de 50 %)[13]. Elle place également la sécurité publique et la lutte contre le crime organisé au cœur de son programme[18] et promet un contrôle migratoire renforcé[19]. Elle s'appuie sur son bilan en tant que ministre du Travail[20] et mène une campagne modérée, mais est fortement attaquée sur son engagement au Parti communiste[21].
