Jet Set Radio
jeu vidéo de 2000
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Jet Set Radio ou JSR (ジェット セット ラジオ, Jetto Setto Rajio), aussi connu sous le nom de Jet Grind Radio ou JGR en Amérique du Nord, est un jeu vidéo d'action développé par Smilebit et édité par Sega, sorti en 2000 sur Dreamcast. Le jeu met en scène une bande de jeunes, les GG, qui parcourt Tokyo-to — version alternative de Tokyo dont les environnements s'inspirent, entre autres, des quartiers commerçants de Shibuya et Shinjuku — en roller et en dispute les rues à ses rivaux à l'aide de graffitis.
| Développeur | |
|---|---|
| Éditeur | |
| Réalisateur |
Ryuta Ueda (directeur artistique) |
| Compositeur | |
| Producteur |
Masayoshi Kikuchi, Kawagoe Takayuki |
| Date de sortie | Dreamcast
De La Jet Set Radio Java ME Versions HD PlayStation 3 Windows Xbox 360 PlayStation Vita iOS Android |
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| Genre | |
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| Mode de jeu | |
| Plate-forme | |
| Langue |
| Évaluation | |
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| Site web |
| Jet Set Radio |
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La conception du jeu est menée par Masayoshi Kikuchi, avec Ryuta Ueda à la direction artistique. Le jeu s'inspire de la pop culture japonaise de la fin des années 1990, comme le jeu de rythme PaRappa the Rapper, et des thématiques antisystème du film Fight Club. Le jeu propose un univers musical mêlant électro, hip-hop et rock ainsi que des graphismes en cel-shading, réponse de l'équipe de développement qui souhaitait s'éloigner du style anime ou manga des autres jeux de Sega.
Jet Set Radio est salué pour ses graphismes, sa bande-son et son gameplay. Il remporte plusieurs prix et est nommé pour de nombreux autres. Une adaptation pour Game Boy Advance, développée par Vicarious Visions, sort en 2003, la même année qu'une version pour téléphone portable japonais. Un remaster du jeu en haute définition paraît en 2012 sur PlayStation 3, Xbox 360 et iOS, puis sur PC, PlayStation Vita et Android. Le jeu a une suite, Jet Set Radio Future, sorti en 2002 sur Xbox.
Trame
Univers

Les événements de Jet Set Radio se déroulent dans la mégalopole de Tokyo-to, une version de Tokyo ancrée dans les années 1990, divisée en trois zones. Shibuya-chō est un quartier commerçant situé au sud de la ville, imitant l'arrondissement de Shibuya. On y trouve une gare routière, des avenues et des rues commerçantes organisées autour d'un carrefour rappelant le carrefour Hachikō. À l'est se situe Kogane-chō, une zone portuaire et industrielle inspirée de l'île artificielle de Tsuki-shima. Les niveaux s'y déroulent au crépuscule, et les personnages peuvent y parcourir des quartiers résidentiels denses, une friche industrielle et les égouts de la ville. À l'ouest, le district vivant de Benten-chō est fondé sur Kabukichō, quartier chaud de Shinjuku. Éclairés aux néons, ces quartiers d'affaires sont reliés aux quartiers chinois par des chemins de fer et une ligne de métro.
Dans Jet Grind Radio, il est également possible de visiter Grind City, une ville inspirée des États-Unis d'Amérique, et plus particulièrement de New York. Bantam Street représente les quartiers résidentiels de la ville tels que Harlem ou Brooklyn. Une ligne ferroviaire aérienne traverse le niveau, au-dessus de la rue principale où se trouve une station-service, et des allées mènent à un skatepark et aux toits des bâtiments. Grind Square est, quant à lui, inspiré de Times Square, situé au cœur de Manhattan. Il s'agit d'un niveau tout en verticalité, où les personnages gravissent les immeubles et les panneaux publicitaires géants en grindant[12],[13].
Scénario
Le jeu suit la bande des GG dans une guerre de territoire livrée à coups de graffitis face à trois bandes rivales : les Noise Tanks à Benten-cho, les Poison Jam dans Kogane-cho et les Love Shockers sur leur propre terrain, à Shibuya-Cho. Le DJ Professor K, animateur de la radio pirate éponyme, met en onde cette confrontation et relate les agissements des différents clans et des forces de l'ordre. En effet, Tokyo-to est sous le joug du 21st Century Project mené par le gouvernement et le conglomérat financier Rokkaku, qui cherchent à augmenter la productivité des habitants de la ville en limitant leur liberté d'expression[m 1],[14],[15],[16].
Une fois les Poison Jam, Noise Tanks et Love Shockers vaincus, ils disparaissent mystérieusement en laissant derrière eux un morceau d'un étrange disque vinyle. Le Professor K explique à la radio qu'il s'agirait du Devil's Contract, un disque qui aurait le pouvoir d'invoquer un démon. Les GG rencontrent ensuite deux jeunes originaires de Grind City, Combo et Cube, qui leur expliquent que leur camarade Coin a disparu deux mois auparavant, lorsque leur quartier a été pris d'assaut par les Golden Rhinos, une branche armée du groupe Rokkaku[17]. Peu de temps après, les Golden Rhinos arrivent à Tokyo-to et commencent à s'en prendre aux GG et à leurs tags. Ils parviennent à leur voler le Devil's Contract, convoité par le PDG de Rokkaku, Goji Rokkaku, afin de prendre le contrôle de la ville et du monde entier[18].
Les GG affrontent et battent Rokkaku sur le toit de son quartier général à coups de graffitis[19]. Le Professor K révèle que le Devil's Contract n'était en fait qu'un disque tout à fait normal et que Goji Rokkaku a probablement été poussé à la folie par son désir de richesse et de pouvoir.
Personnages

Les protagonistes de Jet Set Radio sont des « Rudies » : des jeunes qui se déplacent en rollers en ligne magnétiques alimentés au natron, et se disputent les rues de Tokyo-to grâce aux graffiti[c 1]. Les personnages principaux forment la bande des GG, installée dans un garage de Shibuya-chō. Fondée par Beat, Gum et Tab, elle s'agrandit au fil de l'histoire. Trois autres bandes occupent également la ville. Les Poison Jam traînent à Kogane-chō déguisés en monstres ; les Noise Tanks, passionnés de technologie, contrôlent le quartier de Benten-chō ; les Love Shockers viennent défier les GG sur leur territoire de Shibuya-chō. Tous ces Rudies sont branchés sur la Jet Set Radio, radio pirate animée par l’excentrique et énigmatique Professor K, qui fait office de narrateur[20].
L'antagoniste principal du jeu est Goji Rokkaku, à la tête du conglomérat financier Rokkaku. Les forces de police sont sous ses ordres, menées par le capitaine Onishima, ayant à sa disposition des chiens policiers, des brigades anti-émeute armées de bombes lacrymogènes et des équipements tels que des chars d'assaut et des hélicoptères de combat. Il dispose également des services des Golden Rhinos, une bande de tueurs à gages lourdement armés qui apparaissent dans la seconde moitié du jeu[m 2],[21].
Système de jeu

Dans Jet Set Radio, le joueur contrôle un personnage qui, rollers aux pieds, marque le territoire de sa bande à l'aide de graffitis. Le jeu alterne entre trois types de niveaux : « Rue », « Défi » et « Épreuves »[m 3].
Les niveaux « Rue » se déclinent en deux catégories. La première consiste à repeindre les points de graffiti déjà tagués par les bandes ennemies dans une zone donnée, le tout en un temps limité et en échappant à la police. La deuxième catégorie fait office de boss et consiste à pourchasser les membres des clans rivaux pour les recouvrir de tags[m 4]. Les points de graffiti sont indiqués par des flèches et peuvent être tagués grâce à des bombes de peinture. En fonction de leur taille, le joueur peut les taguer soit d'une simple pression de bouton, soit en reproduisant les commandes affichées à l'écran grâce au stick analogique[m 5]. Si le joueur n'a plus de bombes de peinture, il peut en récupérer, dispersées dans les niveaux : les bombes jaunes valent pour une, et les bombes bleues en valent cinq[m 6]. Des ennemis rôdent dans les niveaux, et cherchent à attaquer le joueur pour diminuer sa jauge d'énergie. Cette jauge peut être remplie en ramassant des bombes de peinture rouges[m 6]. Le personnage est capable de faire des figures et de grinder sur des rambardes pour atteindre des zones difficiles d'accès, et augmenter son score[m 7].
Les niveaux « Défi » permettent de débloquer de nouveaux personnages jouables, soit en reproduisant leurs mouvements dans les défis « Technique », soit en taguant un point de graffiti avant eux dans les défis « Course ».
Les niveaux « Épreuves » d'une zone donnée sont accessibles après avoir fini les niveaux « Rue » et « Défi » de cette zone. Il existe trois types d'épreuves : « Jet Graffiti », « Jet Technique » et « Jet Crash ». En « Jet Graffiti », le but est de recouvrir tous les points de graffiti du niveau dans le temps imparti. Le « Jet Technique » demande d'atteindre le plus grand score en un temps donné. L'objectif du « Jet Crash » est d'atteindre un point de graffiti avant ses adversaires pour le taguer en premier[m 3].
La présence d'un compte à rebours oblige le joueur à gérer son temps de façon efficace, en repérant dans les environnements complexes l’itinéraire le plus rapide entre les objectifs, et en réalisant ses graffitis dans le meilleur ordre possible[22]. Une carte de chaque niveau, consultable lorsque le jeu est mis en pause, permet de localiser, entre autres, les points de graffiti[m 8],[3]. La partie s'achève lorsque le joueur échoue à atteindre les objectifs du niveau dans le temps imparti, ou lorsque la jauge d'énergie du personnage est vide[m 9].
Il est possible de personnaliser ses graffiti en choisissant parmi des modèles prédéfinis, débloqués en ramassant les Graffiti Soul cachés dans les niveaux du jeu, ou en créant ses propres graffitis à l'aide de l'éditeur dédié. Le site officiel du jeu — accessible depuis le service DreamKey de la console, grâce à un VMU — possédait une section dédiée aux graffitis personnalisés, où il était possible de et de télécharger des graffitis[m 10],[n 1].
Développement
Conception

Jet Set Radio est développé en dix mois[24] par Smilebit, une filiale de Sega composée d'ex-membres de la Team Andromeda, créateurs de la série Panzer Dragoon sur Sega Saturn[25]. Le développement du jeu démarre dans le courant de l'année 1999, assuré par une équipe de moins de 25 développeurs, d'âge moyen avoisinant les 25 ans[24],[12]. Dans le documentaire Jet Set Radio: The Rude Awakening — inclus dans les rééditions HD du jeu — le producteur Masayoshi Kikuchi explique qu'il a éprouvé des difficultés à diriger l'équipe au cours des premières phases de développement, n'ayant aucune expérience préalable en la matière. Il explique également que le style visuel du jeu a été défini avant son gameplay : d'après lui, Jet Set Radio aurait très bien pu devenir un jeu d'aventure ou un jeu de rôle. Il lui aura fallu plusieurs itérations pour parvenir à un concept pouvant séduire ses supérieurs ainsi que le plus grand nombre de joueurs[26].
Ryuta Ueda a dans l'idée de créer un jeu « cool » et ancré dans la culture populaire, qui tranchera totalement avec le projet précédent de l'équipe : Panzer Dragoon Saga, jeu de rôle fantastique sorti en 1998 sur Sega Saturn[24]. Ce sont ses dessins de personnages d'inspiration punk, portant des rollers et un casque audio qui serviront de base au jeu[24]. Ueda avait choisi d'intégrer Sega après avoir été marqué par l'originalité et la « fraîcheur » du design de Sonic, mais a finalement été déçu par le grand nombre de designs d'inspiration manga et anime qu'il a trouvé chez Sega. Il espérait pouvoir y créer quelque chose d'unique[27]. Smilebit puise son inspiration hors des genres de la science-fiction et de la fantasy, fortement représentés dans le monde du jeu vidéo à l'époque[24]. Ueda a été particulièrement marqué par une démonstration du jeu de rythme PaRappa the Rapper, au Tokyo Game Show de 1996, expliquant : « Je pense que c'est le premier jeu qui intègre la culture pop de cette façon. Ils l'ont fait en premier. Après cela, j'ai décidé d'en faire un véritable jeu, et non pas seulement une expérience visuelle, destiné à un public adulte. »[24]. La thématique antisystème de Fight Club est une autre influence du jeu[24].
Smilebit doit développer une nouvelle méthode de cel-shading, celles utilisées à l'époque étant trop gourmandes pour la Dreamcast ou la PlayStation 2[24]. Cette technique permet au studio d'apposer des contours plus épais sur les éléments qu'il souhaite faire ressortir à l'écran[28]. Les graffitis du jeu sont designés par plusieurs artistes dont Eric Haze (en), à l'origine de pochettes d'albums de groupes comme les Beastie Boys ou Public Enemy[29]. C'est également lui qui dessinera la pochette du jeu[26]. Le studio s'oriente à l'origine vers un jeu de skateboard, mais c'est la contrainte de devoir lier les jambes des personnages à une planche qui les orientera vers le choix des rollers[28].
Jet Set Radio est un des premiers jeux à proposer un monde ouvert en 3D, ce qui représente le plus grand défi technique de l'équipe d'après Kikuchi : « Créer une ville entière dans un jeu était une perspective très intéressante. Ce n'est pas compliqué à faire avec le matériel d'aujourd'hui, mais ce n'était pas le cas à l'époque… C'était très difficile d'un point de vue programmation. »[24]. Un autre jeu Sega développé à la même période, Shenmue, sorti en 1999, présente également un monde ouvert mais relève d'autres enjeux techniques, étant donné qu'il n'offre pas la possibilité de sauter ou de se déplacer rapidement[24]. Les développeurs poussent la Dreamcast jusqu'à ses limites, en étudiant son processeur PowerVR2 pour en exploiter toutes ses capacités. C'est ce qui leur permet d'afficher des couleurs vives, des ombres réalistes et jusqu'à 16 personnages à l'écran, choses qui seraient impossibles sur PlayStation 2 d'après le producteur du jeu, Kawagoe Takayuki[12]. Pour ce qui est du confort de jeu, Smilebit choisit d'implémenter une caméra fixe pour réduire le risque de nausée chez les joueurs[12]. L'ajout du grind leur permet aussi de profiter de la vitesse du jeu, sans trop devoir se soucier des différents obstacles[24].

L'univers du jeu est inspiré de lieux japonais emblématiques, comme les quartiers de Shibuya et de Shinjuku de Tokyo[28]. Sega, craignant que le style du jeu rebute les joueurs hors du Japon, demande quelques changements pour les versions internationales[24]. L'équipe rajoute deux niveaux s'inspirant de New York, ville choisie pour ses rues denses et sa « structure tridimensionnelle » adaptée au level design du jeu[26]. De ces niveaux, l'un est inspiré de Times Square et l'autre de Roosevelt Avenue, du Queens et de Brooklyn. Deux personnages changent également de nationalité pour devenir Américains. La séquence de fin de la version japonaise — dans laquelle le joueur peut se déplacer pour aller taguer les noms des développeurs — est retirée de cette version occidentale, puisqu'il aurait fallu la recréer de zéro, avec les noms en anglais. Sega commercialise par la suite commercialisé cette version internationale du jeu au Japon, sous le nom de De La Jet Set Radio (デ・ラ・ジェット セット ラジオ, De Ra Jetto Setto Rajio)[24]. Ueda se montre mécontent de ces changements qui, selon lui, diminuent le caractère japonais du jeu, essentiel à ses yeux[24].
Bande-son
La bande-son de Jet Set Radio comprend à la fois des titres originaux et sous licence de différents genres tels que la J-pop, le hip-hop, le funk, l'EDM, le rock, l'acid jazz et le trip hop[26]. La version nord-américaine et les rééditions internationales ajoutent quelques morceaux metal[30]. La sélection musicale est décrite comme étant « énergique », « rythmée », « provocante », et « multiculturelle »[31]. La plus grande partie de la musique du jeu est composée par Hideki Naganuma, avec quelques titres supplémentaires créés par Richard Jacques, Deavid Soul, Toronto et B.B. Rights[32]. Naganuma cherche à coller au style visuel du jeu — il commence d'ailleurs à composer en se concentrant uniquement sur les dessins de Ryuta Ueda[33] — et joue beaucoup avec les voix, en coupant et en réarrangeant les samples jusqu'à les rendre méconnaissables[26]. En 2012, il affirme que travailler sur Jet Set Radio et sa suite furent ses expériences professionnelles préférées[33]. Smilebit collabore avec Sega of America et Sega of Europe pour inclure autant d'éléments de la culture urbaine que possible, dans l'espoir de créer de la musique qui soit internationalement appréciable[12].
L'album Jet Set Radio Original Soundtrack est publié par Polydor le au Japon[34]. À l'occasion de la sortie du remaster, un autre album sort, le , incluant quelques morceaux issus de Jet Set Radio Future[35]. Une deuxième bande-son pour la version HD, Jet Set Radio: Sega Original Tracks, a été publié par Sega, via iTunes, le [36].
| Jet Set Radio Original SoundTracks[37]. | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Musique | Durée | ||||||
| 1. | Let Mom Sleep | Hideki Naganuma | 2:53 | ||||||
| 2. | Humming the Bassline | Hideki Naganuma | 2:56 | ||||||
| 3. | That's Enough | Hideki Naganuma | 3:45 | ||||||
| 4. | Everybody Jump Around | Richard Jacques | 4:09 | ||||||
| 5. | Sneakman | Hideki Naganuma | 3:53 | ||||||
| 6. | Bout the City | Reps | 3:42 | ||||||
| 7. | Mischevious Boy | Castle Logical | 2:15 | ||||||
| 8. | Sweet Soul Brother (Jet Set Radio) | Hideki Naganuma | 2:56 | ||||||
| 9. | Rock It On | Hideki Naganuma | 3:46 | ||||||
| 10. | Yellow Bream | F-Fields | 3:16 | ||||||
| 11. | Electric Tooth Brush | Toronto | 4:16 | ||||||
| 12. | Funky Radio | B.B. Rights | 3:27 | ||||||
| 13. | Moddy's Shuffle | Hideki Naganuma | 1:17 | ||||||
| 14. | Grace & Glory | Hideki Naganuma | 3:18 | ||||||
| 15. | Jet Set Medley | Hideki Naganuma | 6:49 | ||||||
| 16. | Jet Set Station | Toronto, DJ Professor K | 0:10 | ||||||
| 17. | Jet Set Groove #1 | Hideki Naganuma | 0:10 | ||||||
| 18. | Jet Set Groove #2 | Hideki Naganuma | 0:09 | ||||||
Promotion et commercialisation

Jet Set Radio est présenté au public pour la première fois au Tokyo Game Show de 1999, attirant l'attention des médias grâce à son utilisation du cel-shading[38],[28]. En , à l'occasion de l’E3 qui se tient à Los Angeles, Sega organise un spectacle en direct mettant en scène des danseurs en rollers exécutant une chorégraphie sur fond de projections du jeu[39],[40],[41], tandis que des graffeurs réalisent une peinture murale surplombant l'imposant stand de la firme[42],[43].
Jet Set Radio sort au Japon le [1]. En Amérique du Nord, il sort le [44],[2], sous le nom de Jet Grind Radio, des problèmes de marque déposée contraignant Sega à renommer son jeu[45]. Pour promouvoir la sortie américaine du jeu, Sega of America organise un concours de graffiti nommé « Graffiti is Art »[46]. Cinq finalistes sont sélectionnés parmi une centaine de participants pour une finale à San Francisco, le , où ils ont trois heures et demie pour taguer sur toile, avec 5 000 $ à la clé[46]. Le maire de San Francisco, Willie Brown, essaie d'annuler l'événement — sans succès, étant donné que le permis a été délivré légalement à Sega par la mairie de la ville[47]. La version PAL (Europe et Océanie) sort le , sous son nom original[3]. Les versions nord-américaine et PAL proposent deux niveaux supplémentaires, de nouvelles chansons et d'autres additions destinées à rendre le jeu plus attrayant aux yeux des joueurs occidentaux[24].
Sega réédite le jeu au Japon sous le nom de De La Jet Set Radio (デ・ラ・ジェット セット ラジオ, De Ra Jetto Setto Rajio). Cette version sort le via la boutique Dreamcast Direct (devenue par la suite Sega Direct), et est livrée avec un tee-shirt de Beat pour les clients l'ayant précommandée[4]. En plus du contenu original, on y retrouve les additions développées pour les versions nord-américaine et PAL du jeu[48].
Autres versions du jeu
Versions portables
Jet Set Radio connait deux adaptations portables en 2D. La première, Typing Jet (タイピング ジェット, Taipingu Jetto), est un jeu à défilement horizontal dans lequel le joueur doit échapper à la police. Il sort le sur téléphones portables japonais, édité par Sega[5],[49]. Une adaptation du jeu sort ensuite sur Game Boy Advance le en Amérique du Nord[50] et le en Europe. Développée par Vicarious Visions et éditée par THQ, elle utilise le moteur et la perspective isométrique des jeux Tony Hawk's Pro Skater[51], tout en conservant l'aspect cel-shading de la version Dreamcast, ainsi que certains de ses niveaux et titres de sa bande-son[52].
Remaster haute définition
Un remaster du jeu en haute définition, développé par Blit Software[53], paraît en 2012 sur PlayStation 3, Xbox 360, PC, PlayStation Vita, iOS et Android. Ce portage passe le format d'affichage du jeu — 4/3 à l'origine — en 16/9[54], ajoute des classements en ligne, des succès et un nouveau système de caméra[55]. De plus, les bandes-sons des versions américaine, européenne et japonaise sont incluses dans leur quasi-intégralité, à l'exception des morceaux Yappie Feet et Many Styles[56]. Un nouveau concours d'artworks est organisé par Sega pour promouvoir cette réédition[57], les meilleurs d'entre eux étant intégrés comme graffitis au jeu[58].
En Amérique du Nord, la version PS3 sort le , les abonnés au PlayStation Plus pouvant l'acquérir dès le [6]. Elle sort le en Europe, en même temps que les versions Xbox Live Arcade et Steam en Amérique du Nord et en Europe[6]. Initialement prévue pour le [59], la version PlayStation Vita prend du retard pour des raisons d'« optimisations du développement »[60], et finit par sortir le en Amérique du Nord, et le en Europe[8]. Au Japon, les versions PS3, Xbox 360 et PlayStation Vita sortent toutes le , embarquant quelques fonctionnalités supplémentaires telles que le partage de sauvegardes et de tags entre la PS3 et la Vita[7]. Le , le jeu devient rétrocompatible sur Xbox One[61], puis sur la Xbox Series X/S, grâce à sa rétrocompatibilité avec les jeux Xbox One.
Les versions iOS et Android sortent en Amérique du Nord et en Europe le [9]. Le Japon doit attendre le et le pour les sorties des versions iOS et Android, respectivement[10],[11]. Ces versions pour smartphones sont retirées des magasins d'applications mobiles en 2015, pour garantir aux fans de Sega une « grande expérience de jeu », l'entreprise japonaise s'étant aperçue qu'un certain nombre de leurs jeux ne répondaient plus à leur charte de qualité[62],[63].
Accueil
| Média | Note |
|---|---|
| Consoles + (FR) | 93% (DC)[64] |
| Edge (UK) | 8/10 (DC)[65] |
| Famitsu (JP) | 32/40 (DC)[66] |
| Joypad (FR) | 8/10 (DC)[67] |
| Next Generation (US) | |
| PC Magazine (US) | |
| Gamers' Republic (UK) | A (DC)[70] |
| ODCM (US) | 10/10 (DC)[71] |
| Média | Note |
|---|---|
| Eurogamer (UK) | 9/10 (360)[72] |
| Gameblog (FR) | 9/10 (PS3, 360)[73] |
| Gamekult (FR) | 9/10 (DC)[74] 7/10 (360)[75] |
| GameSpot (US) | 9/10 (DC)[76] 4,5/10 (360)[77] |
| IGN (US) | 9,6/10 (DC)[78] 7,5/10 (PS3, 360, Vita)[79] 5,6/10 (iOS)[80] |
| Jeuxvideo.com (FR) | 18/20 (DC)[81] 16/20 (PS3)[82] 16/20 (360)[83] 16/20 (Win)[55] |
| Média | Note |
|---|---|
| Metacritic | 94 % (DC)[84] 75 % (PS3)[85] 70 % (360)[86] 58 % (iOS)[87] |
Critiques générales
Jet Set Radio est salué pour son gameplay, son style visuel et sa bande son. La version Dreamcast bénéficie d'un très bon accueil critique, avec une moyenne de 94 % chez Metacritic[84] et 92 % chez GameRankings[88]. Le jeu se vend à moins de 40 000 unités lors de sa première semaine au Japon, mais finit par dépasser le million d'exemplaires dans le monde grâce à ses différentes rééditions[89],[90],[91].
Dave Halverson de Gamers' Republic qualifie le jeu de « parfait »[70]. IGN souligne l'intérêt des modes de jeu « Épreuves », et le potentiel de rejouabilité qu'ils apportent[78]. Le Official Dreamcast Magazine (ODCM) trouve que la physique exagérée et l'interactivité des niveaux rendent le jeu plus immersif[71]. DC-UK décrit le gameplay du jeu comme un croisement entre Crazy Taxi et Tony Hawk, en concluant qu'il est meilleur que celui de ces deux jeux[3]. GameSpot en loue la progression, expliquant que le début du jeu est simple et qu'il devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que le joueur avance[76]. De la même manière, GameFan n'est pas convaincu par les premiers niveaux du jeu, mais change d'avis avec le temps pour être finalement satisfait de l'expérience[92]. Next Generation a jugé les modifications faites aux versions internationales assez détonnantes, mais a néanmoins complimenté les nouveaux niveaux, les qualifiant d'« impressionnants » et de « compléments dignes des panoramas urbains japonais de l'original[68] ». Beaucoup de critiques sont faites à l'encontre du système de caméra, mais la plupart considèrent que la qualité globale du jeu permet de passer outre[78],[92],[76],[3].
Critiques des graphismes
Au sujet des graphismes, Evan Shamoon de l'Official Dreamcast Magazine compare l'instant durant lequel on découvre le jeu au passage à la télévision couleur après des années de télévision en noir et blanc[71]. IGN compare le jeu à un « film d'animation en action », et continue en expliquant que « chaque personnage, allant jusqu'aux chiens policiers, déborde de personnalité… »[78]. DC-UK l'encense également pour son aspect dessin animé 2D et 3D à la fois, et le considère comme révolutionnaire[3]. GamePro écrit que les graphismes du jeu sont uniques en leur genre et que son aspect stylisé est convaincant et agréable à regarder[93].
Critiques de la bande-son
À propos de la musique, GamePro nomme Jet Set Radio l'un des jeux qui sonnent le mieux de l'année[93], et l'Official Dreamcast Magazine estime qu'il a « l'une des meilleures bandes sonores au monde »[71]. IGN fait également l'éloge de la musique du jeu, avec quelques réserves quant aux titres ajoutés à la version nord-américaine du jeu, visant en particulier les morceaux de Rob Zombie[78]. Next Generation, en revanche, ne trouve pas ces nouveaux morceaux dérangeants, la bande-son de base étant déjà incroyable à leurs yeux[68]. GameSpot estime que la bande-son s'intègre parfaitement dans l'univers du jeu[76].
Critiques des rééditions
Le remaster HD de Jet Set Radio suscite des critiques plus mitigées. GamesRadar+ trouve que c'est encore une joie d'y jouer, même douze ans après sa sortie[94]. Eurogamer en tire également du positif, qualifiant le style visuel d'« intemporel », disant que « douze ans plus tard, c'est encore un jeu étonnamment rigoureux, fait de bizarreries, dont le passage en haute définition n'a fait qu'en renforcer les charmes. La navigation est toujours aussi aisée, la ville est toujours aussi agréable à explorer et la bande sonore est toujours l'une des meilleures jamais réalisées. »[72]. Game Informer se montre plus critique, trouvant le gameplay frustrant et archaïque. Ils poursuivent en expliquant que, à l'époque, la nouveauté du style visuel occultait les problèmes de gameplay[95]. TouchArcade et Pocket Gamer critiquent tous deux les versions smartphones en raison des commandes tactiles qui ne permettent pas d'être à la hauteur des actions demandées par le jeu[96],[97].
Récompenses
Jet Set Radio remporte le prix du meilleur jeu console aux Game Critics Awards de l'E3 2000, et arrive en seconde place pour le prix du meilleur jeu du salon, derrière Black and White[98]. Le jeu gagne le Visual Arts Award, reçoit un Game Spotlights Award et est nommé dans la catégorie de jeu de l'année lors de la première édition des Game Developers Choice Awards, en 2001[99]. Il est nommé dans les catégories game design, jeu de l'année, jeu console de l'année, innovation sur console, musique originale, sound design et visual engineering des Interactive Achievement Awards de 2001[100]. Le magazine Gamers' Republic lui décerne le prix de meilleur game design 3D dans son bilan de l'année 2000[101]. Jet Set Radio est cité par Duncan Harris dans l'ouvrage Les 1001 jeux vidéo auxquels il faut avoir joué dans sa vie. L'auteur y voit un « jeu surprenant et fer de lance de l'utilisation du cel-shading 3D » constituant « une déclaration d'amour au shinjinrui (ja), mouvement de jeunesse radical et branché du Tokyo des années 1990 »[102].
Postérité
Jet Set Radio est réputé pour avoir été l'un des premiers jeux à avoir utilisé la technique du cel-shading, avec ses formes exagérées aux lignes épaisses et aux couleurs vives[31]. Ted Price, président d'Insomniac Games, cite Jet Set Radio comme l'une des influences principales de Sunset Overdrive[103]. C'est également ce qu'indiquent de nombreux développeurs indépendants, notamment ceux à l'origine des projets Hover: Revolt of Gamers, monté en financement participatif, Lethal League et Bomb Rush Cyberfunk. Ces jeux s'inspirent tous du style visuel et musical de Jet Set Radio, et bénéficient de contributions du compositeur Hideki Naganuma[104],[105],[106]. Ryuta Ueda et Masayoshi Kikuchi reconnaissent quant à eux que leur jeu a eu une influence sur la série Like a Dragon[24].
Une suite, Jet Set Radio Future, sort en 2002 sur Xbox. Deux des personnages principaux, Beat et Gum, sont des personnages jouables dans Sega Superstars Tennis[107] et Sonic & All-Stars Racing Transformed[108]. Ce premier apparaissait déjà seul dans le premier jeu de course Sonic & Sega All-Stars Racing. En 2009, IGN classe le capitaine Onishima, l'un des premiers antagonistes du jeu, numéro 95 dans sa liste des 100 meilleurs méchants du jeu vidéo[109].
En 2023, Sega annonce travailler sur un remake du jeu[110]. En juin 2024, des vidéos de cette nouvelle version de Jet Set Radio sont publiées sur le réseau social X[111], mais Sega ne donne pas de date officielle pour la sortie du jeu[112].
