Jeunesse d'Émile Zola
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La jeunesse d'Émile Zola est marquée par la mort de son père, sa vie dans le Sud de la France et une scolarité d'excellent niveau, mais concrétisée par aucun diplôme, qui le projette dans la vie active par la petite porte.


Émile Zola était né Italien à Paris, rue Saint-Joseph[1], le , fils unique de Francesco Zolla[2]et Émilie Aubert.

Son paternel fut un brillant ingénieur de travaux publics militaire, originaire de Vénétie, en Italie. En 1843, la famille part s’installer à Aix-en-Provence, où François, devenu ingénieur civil, supervise la construction du canal qui portera son nom. Mais il meurt de maladie en 1848, laissant sa veuve dans un dénuement quasi total. L’image d’un père dominateur et énergique est pour certains historiens à l’origine de cette force de travail et de ce monument que constitue son œuvre littéraire[3].
Émilie Aubert, sa mère, a entouré l’orphelin de sept ans de tout son amour, avec la grand-mère de l’enfant, Henriette Aubert. Restée proche de son fils jusqu’à sa mort en 1880, elle a fortement influencé son œuvre et sa vie quotidienne, laissant le romancier désemparé pendant de nombreuses années après sa disparition.
Scolarité
La scolarité d'Émile Zola commence alors qu'il est âgé de sept ans, ce qui est relativement tardif. Sa mère parvient à inscrire son enfant à la pension d'Aix-en-Provence, où il reçoit une instruction de qualité pendant cinq ans. L'enfant reçoit aussi une éducation religieuse et fait sa première communion et sa confirmation en . Émile Zola suit une instruction secondaire au collège Bourbon d'Aix à partir de 1852.
Le futur écrivain ne parvient pas à entreprendre d'études universitaires, puisqu’il est recalé deux fois au baccalauréat des sciences en 1859. À Paris, en juillet, il échoue à l'oral ; à Marseille lors de la deuxième session en novembre, c'est l'échec à l'écrit de français[4] ! Ces échecs marquent profondément le jeune homme. Il est désespéré d'avoir déçu sa mère qui voyait en lui, le successeur de son défunt mari, et la ramènerait à son rang social. Il est aussi conscient d'aller au-devant de graves difficultés matérielles : « J'ai fait très peu d'études... J'étais conscient des problèmes matériels à venir face à l'impossibilité que j'avais d'entreprendre un cycle universitaire »[5]. Toutefois ses scolarités au collège Bourbon d’Aix-en-Provence et surtout au lycée Saint-Louis à Paris lui fournissent un solide bagage littéraire. À Aix-en-Provence, il se lie d'amitié avec Jean-Baptistin Baille[6]et surtout Paul Cézanne qui reste son ami proche jusqu’en 1886. Ce dernier l'initie aux arts graphiques, et particulièrement à la peinture. C’est une période où Zola se prend de passion pour le romantisme d’Alfred de Musset, d’Alfred de Vigny et de Victor Hugo, écrivant des milliers de vers, aujourd’hui perdus. Aix-en-Provence et sa région a constitué une source de nombreux tableaux de la Provence dans Les Rougon-Macquart[7], en commençant par la ville elle-même qui sert de toile de fond à plusieurs romans, rebaptisée en Plassans.
Vie de bohème


Émile Zola quitte Aix avec regret, et déménage à Paris en 1858 pour rejoindre sa mère. Il y vit aux limites de l'indigence, dans l'isolement et la solitude. En évoquant ce souvenir douloureux, il dit qu'« être pauvre à Paris, c'est être pauvre deux fois[8] ». L'espoir d'un retour vers la Provence, vers moins de pauvreté et ses amis, est déçu[9], déception que les longues promenades dans la campagne du Sud-Est parisien ne parviennent pas à consoler.
Mais petit à petit, Zola parvient à sortir de son isolement en se constituant un petit cercle d'amis, majoritairement aixois d'origine[10].
Dans la capitale, il complète sa belle culture humaniste en lisant Molière, Montaigne et Shakespeare. Il est aussi influencé par des auteurs contemporains, comme Jules Michelet, source de ses inspirations scientifiques et médicales[11]. Zola est en effet frappé par les conceptions de Michelet sur la physiologie de la femme, dont la théorie de l'imprégnation qu'il utilise dans Madeleine Ferat[12]. Balzac, qui aura une influence capitale sur son œuvre à venir, n'intéresse Zola qu'à partir de 1866[13]. Pratiquement sans moyens ni revenus, il doit s'occuper de sa mère dont il a la charge[14].