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Jimmy Chérizier

chef de gang et ancien policier haïtien From Wikipedia, the free encyclopedia

Jimmy Chérizier, surnommé « Barbecue » ou « Babekyou », né le à Port-au-Prince (Haïti), est un ancien policier haïtien devenu l’un des chefs de gang les plus influents et controversés du pays. Il est le leader du G9, une fédération de gangs lourdement armés, et de la coalition « Viv Ansanm », qui regroupe plusieurs groupes armés de la capitale.

PrédécesseurCréation de la coalition
CoalitionViv Ansanm
PrédécesseurCréation
Date de naissance (49 ans)
Faits en bref Fonctions, Chef de la coalition Viv Ansanm (en) ...
Jimmy Chérizier
Illustration.
Jimmy Chérizier en janvier 2024.
Fonctions
Chef de la coalition Viv Ansanm (en)
En fonction depuis le
(2 ans, 6 mois et 16 jours)
Prédécesseur Création de la coalition
Chef des forces révolutionnaires de la famille du G9 et alliés
En fonction depuis le
(6 ans, 3 mois et 4 jours)
Coalition Viv Ansanm
Prédécesseur Création
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Nationalité Haïtienne
Profession Policier
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Chérizier lors d'une interview

Depuis l’effondrement progressif de l’État haïtien dans les années 2020, Chérizier est considéré par de nombreux observateurs comme un chef de facto sur une large portion du territoire urbain haïtien, notamment dans la capitale Port-au-Prince. En 2024, il intensifie la guerre des gangs et renverse le premier ministre Ariel Henry.

Il est souvent décrit comme l’homme le plus puissant d’Haïti, plus influent que le gouvernement officiel.

Biographie

Carrière dans la police

Chérizier rejoint la Police nationale d’Haïti (PNH) dans les années 2000. Il devient membre de l’unité départementale de maintien d’ordre (UDMO), une brigade anti-émeute. Pendant sa carrière policière, il est accusé d’avoir participé à plusieurs massacres dans des quartiers populaires.

Il aurait participé au massacre de La Saline en 2018, massacre après lequel il est renvoyé de la police[1]. En 2019, il aurait également participé au massacre de Bel Air (en), au cours duquel quinze personnes sont mortes[2].

Criminalité organisée

Entre 2020 et 2021, Chérizier affiche une certaine proximité avec le président Jovenel Moïse[1], dénonçant les élites politiques et économiques traditionnelles tout en protégeant indirectement le pouvoir présidentiel, accusé d’utiliser les gangs pour contenir la révolte sociale. Chérizier est même appuyé par le PHTK, le parti présidentiel.

La guerre des gangs

De 2022 à 2024, il devient progressivement un pouvoir parallèle, contrôlant de vastes quartiers de Port-au-Prince avec ses hommes lourdement armés, et réglementant la vie quotidienne dans ces zones. Il devient l'un des hommes les plus puissants d'Haïti[3], demandant la destitution d’Ariel Henry et bloquant les livraisons de pétrole dans le pays pendant deux mois en automne 2022[4]. En , le Conseil de sécurité des Nations unies met en place des sanctions contre lui[3],[5]. Le mois suivant, le Canada met en place également des sanctions contre Jimmy Chérizier[6], suivi du Royaume-Uni[7]. En , il s'est opposé publiquement à une intervention militaire étrangère[3],[8]. Le même mois, sa coalition G9 annonce une alliance avec le gang rival Gpep[9]. En , il annonce la création de la coalition Viv Ansanm[10]. En , il demande à nouveau le départ d'Ariel Henry, en le menaçant de mener le pays à une guerre civile, peu après qu'un accord entre le Conseil de sécurité des Nations unies, Haïti et le Kenya définisse le rôle d'une force d'intervention extérieure dans le pays[11],[12].

Pouvoir de facto

Conférence publique de Jimmy Chérizier.

Ariel Henry, bloqué hors du pays, est contraint à la démission le .

En , la Police nationale haïtienne [PNH] appuyée par les FAD’H [Forces armées d'Haïti] et la Force de répression des gangs (en) [FRG ou GSF] mène une opération incluant des bombardements aériens par drones contre son domicile et des habitations aux alentours dans le quartier Delmas 6 de Port-au-Prince. L’objectif était de démanteler le gang et de rétablir la sécurité dans la zone[13]. Les quartiers de Bel Air, La Saline, ainsi que Delmas 2, 4 et 6 ont été touchés et « réduit certains secteurs en cendres et semé la panique au sein des groupes armés », mais elles ont également contraint plus de 1 500 familles « à fuir leurs domiciles », selon Gazette Haiti[14].

Sanctions internationales

Le , le département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions à Chérizier et à deux hauts responsables du gouvernement haïtien qui auraient fourni du matériel de police, des armes et des véhicules pour des massacres contre le peuple haïtien[15].

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé à l'unanimité ses premières sanctions contre Haïti depuis cinq ans (résolution 2653), établissant une interdiction de voyager, un gel des avoirs et un embargo sur les armes pendant un an à l'encontre de Jimmy Chérizier et d'autres personnes ou entités désignées par un nouveau comité des sanctions créé par le Conseil de sécurité[16],[17].

Références

Articles connexes

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