Johanna Langefeld

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Naissance
Kupferdreh, Essen, Empire allemand
Décès (à 73 ans)
Augsbourg, Allemagne
OrigineAllemagne
AllégeanceDrapeau de l'Allemagne nazie Allemagne nazie
Johanna Langefeld
Naissance
Kupferdreh, Essen, Empire allemand
Décès (à 73 ans)
Augsbourg, Allemagne
Origine Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Allemagne nazie
Arme Schutzstaffel
Grade SS-Aufseherin
Années de service 19351945
Commandement
Conflits Seconde Guerre mondiale

Johanna Langefeld, née le à Kupferdreh (Essen, Empire allemand) et morte le à Augsbourg, était une gardienne de camps de concentration qui travailla dans différents camps durant la Seconde Guerre mondiale : Lichtenburg, Ravensbrück et Auschwitz.

Vie dans les camps

Née le à Kupferdreh près d'Essen, Johanna Langefeld est issue d'une famille protestante et nationaliste[1]. Pendant la Première Guerre mondiale, elle rêve d'être un homme pour pouvoir aller se battre contre la France et a pour idole Éléonore Prochaska, une soldate allemande ayant combattu Napoléon déguisée en homme[2]. Elle vit alors la défaite allemande comme une catastrophe[1].

Vivant en Rhénanie, elle est aux premières loges lors de l'occupation de la région par la France. À la même époque, elle perd son époux et se retrouve dans la pauvreté à devoir élever son fils seule[1]. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle prend un travail de gardienne de prison à Brauweiler en 1935 pour « faire le bien parmi les plus pauvres et les plus démunis de la société » selon ses propres dires[3]. Elle voit l'accession d'Hitler comme une bénédiction et prend sa carte au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) dès le [3].

En 1938, elle arrive au camp de concentration de Lichtenburg, premier camp de concentration pour femmes en Allemagne, où elle devient l'Oberaufseherin, la gardienne en chef[3]. Travaillant essentiellement dans les bureaux, elle n'est pas en contact avec les prisonnières[3]. En 1939, elle part est transférée à Ravensbrück, qui vient d'être ouvert[4]. Là, elle gère 150 gardiennes, bien que selon l'organigramme du camp, elle doit travailler en binôme avec Edmund Bräuning, le chef du camp[4]. Les hommes n'ayant pas le droit d'entrer dans le camp, elle peut alors apposer sa marque sur la gestion des prisonnières. Elle y instaure une dictature d'hygiène et d'ordre qui frôle l'absurde : les lits doivent être faits au carré, les vêtements pliés d'une façon précise avant le coucher et il est interdit aux prisonnières de dormir avec un vêtement supplémentaire même en cas de grand froid[4].

En 1941 et 1942, Johanna Langefeld prend en charge les selektion durant l'Action 14f13, dont l'objet est l'euthanasie des inaptes au travail. Celles-ci sont emmenées en camion vers Bernburg, un hôpital psychiatrique dans lequel est installé une chambre à gaz[5]. Selon les rescapées, elle et sa seconde Emma Zimmer ne se contentent pas de suivre les ordres et les listes de déportées, elles font également des propositions[5]. Pour que les déportations se déroulent sans problème, les deux femmes n'hésitent pas à mentir aux prisonnières, leur disant qu'elles vont être envoyées dans un sanatorium pour être soignées[6].

En , Johanna Langefeld quitte Ravensbrück pour être affectée à Auschwitz, où elle doit travailler sous l'égide d'un homme, le chef du camp des détenus[7]. Quand elle découvre que des gardiens ont accès au camp de femmes, elle demande à Rudolf Höss, le commandant du camp, de les en empêcher. Lorsqu'il refuse, elle le menace d'aller se plaindre à Himmler directement, avec qui elle a de bonnes relations[8]. Höss parlera d'elle en ces termes : « La surveillante en chef, Frau Langefeld, n'était nullement à la hauteur de sa tâche [...] il ne se passait pas un jour sans drames. »[8]. Ne pouvant venir à un accord, Höss et Langefeld font appel à Himmler lors de son passage à Auschwitz en , ce dernier tranchant à l'avantage de Langefeld[8]. En , elle est renvoyée d'Auschwitz et retrouve son poste de gardienne en chef à Ravensbrück[9]

Margarete Buber-Neumann, qui devient l'assistante de Johanna Langefeld à Ravensbrück, indiqua que celle-ci fut démise de ses fonctions en raison d'une trop grande sympathie envers les détenues polonaises. En essayant de les sauver de la mort, elle se met la direction du camp à dos et est arrêtée en 1943 pour être jugée. Acquittée, elle est quand même licenciée[10].

Elle s'installe alors à Munich et commence à travailler pour BMW[11].

Après la guerre

Le , Johanna Langefeld est convoquée par l'armée américaine après que son nom ait été retrouvé sur une liste du personnel SS de Ravensbrück. Incarcérée à Munich, elle est transférée en Pologne avec Maria Mandl pour y être jugée. Elle est envoyée à la prison de Montelupich à Cracovie en attente de son procès et, le , elle s'enfuit[12]. En 1957, rentrée en Allemagne, elle retrouve Buber-Neumann, à qui elle raconte qu'elle a vécu un temps dans un couvent puis chez une Polonaise qui l'a hébergée pendant douze ans[13]. À son retour, elle tente de reprendre contact avec son fils Herbert mais sans succès. Elle exerce des petits boulots, vit dans la pauvreté avant d'obtenir une pension de veuve rétroactive depuis 1928[14].

Début 1973, elle tombe gravement malade avant de mourir dans son lit à Augsbourg le [14].

Bibliographie

Références

Liens externes

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