Josef Masopust

joueur de football tchèque From Wikipedia, the free encyclopedia

Josef Masopust, né le à Střimice et mort le à Prague, est un footballeur international et entraîneur de football tchécoslovaque puis tchèque.

Nationalité Tchécoslovaque puis
Tchèque
Décès (à 84 ans)
Prague (Tchéquie)
Taille1,77 m (5 10)
Faits en bref Biographie, Nationalité ...
Josef Masopust
Image illustrative de l’article Josef Masopust
Josef Masopust en 1962 avec le Ballon d'or
Biographie
Nationalité Tchécoslovaque puis
Tchèque
Naissance
Střimice (Tchécoslovaquie)
Décès (à 84 ans)
Prague (Tchéquie)
Taille 1,77 m (5 10)
Poste Milieu de terrain
Parcours junior
Années Club
1945-1950 Uhlomost Most
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1950-1952 Vodotechna Teplice 051 0(11)
1952-1968 Dukla Prague 593 (189)
1968-1970 Crossing Molenbeek 068 0(29)
Sélections en équipe nationale2
AnnéesÉquipe 0M.0(B.)
1954-1966 Tchécoslovaquie 063 (10)
Parcours entraîneur
AnnéesÉquipe Stats
1973-1976 Dukla Prague
1976-1980 Zbrojovka Brno
1980-1984 KSC Hasselt
1984-1987 Tchécoslovaquie 14v 6n 7d
1988-1991 Indonésie olympique
1992 Zbrojovka Brno
1993-1996 Pelikán Děčín
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés.
2 Matchs officiels.
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Milieu de terrain endurant, sa carrière débute à Teplice, avant de rejoindre le Dukla Prague, obligé d’y effectuer son service militaire. En quinze saisons, il y remporte huit titres de champion. Surnommé le «Chevalier du football» pour son fair-play, il connaît ensuite sa seule expérience à l'étranger en Belgique, à Molenbeek.

Il porte à 63 reprises, pour dix buts inscrits, les couleurs de l'équipe de Tchécoslovaquie. Finaliste de la Coupe du monde 1962 au Chili avec la sélection tchécoslovaque et du seul but contre le Brésil, il remporte à la fin de l'année le Ballon d'or récompensant alors le meilleur joueur européen.

Il se reconverti entraîneur d'abord au Dukla Prague avant de remporter un neuvième titre de champion national, son premier sur un banc, avec le Zbrojovka Brno en 1978. Après un retour en Belgique, à Hasselt en tant qu'entraîneur, il est sélectionneur de la Tchécoslovaquie de 1984 à 1987, puis rejoint l'Indonésie, où il dirige l'équipe junior de 1988 à 1991.

En , Josef Masopust est élu meilleur joueur tchèque du XXe siècle, à l'issue d'un sondage organisée par un magazine sportif pragois. Une statue à son effigie est inaugurée devant le stade du Dukla Prague en 2012, à l'occasion du 50e anniversaire du Mondial 1962.

Carrière de joueur

Débuts

Josef Masopust naît à Střimice[1], dans les environ de Most[2] près de la frontière allemande[3], est l'aîné d'une fratrie de six enfants[3]. Au début des années 1960, ce village au Nord de la Bohême est rasé pour développer l'exploitation de la mine de charbon[2]. Son père est mineur[4] et sa mère femme au foyer.

Josef s'initie au football et prend comme idole Josef Bican, gardien de but mythique qui berce la jeunesse de son père[3]. Ses ambitions voire rêves partent en fumée lorsque Hitler annexe les Sudètes en 1938[3].

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, à quatorze ans, alors que son père l’emmène avec lui travailler, Josef rejoint le club de la mine[4], l'Uhlomost Most[2],[5], de 1945 à 1950[6]. Il s'impose rapidement dans l'équipe cadets puis gravit tous les échelons. L'un de ses entraîneurs le recommande à Teplice, promu en première division. Un recruteur fait le déplacement pour voir le jeune homme de 18 ans[3]. Espérant un essai, Masopust se voit immédiatement proposer un contrat[3].

En 1950, Josef Masopust passe sous les couleurs du ZSJ Vodotechna Teplice où il commence sa carrière[1] au sein de l'élite nationale[2],[5]. Pour son premier match avec sa nouvelle équipe, il marque un but contre Zilina (7-1).

Seize ans au Dukla Prague et international

Premiers titres nationaux et 3e à l'Euro (1952-1960)

En 1952, Josef Masopust est déclaré « bon pour le service » et enrôlé par l'ATK Prague[3]. Club de l'armée créé sur le modèle soviétique, les meilleurs joueurs sont obligés d’y effectuer leur service militaire et, souvent, de rester[1].

Dû à la mauvaise image du club, Masopust devient l'un des joueurs les plus honnis du pays[3]. Pour sa première saison, il obtient son premier titre de champion de Tchécoslovaquie.

En 1954, champion en titre avec Prague, Josef Masopust obtient sa première sélection en équipe de Tchécoslovaquie, lors d'un match contre la Hongrie[5], qui se solde par une cinglante défaite (4-1) fin octobre[7]. Josef Masopust doit attendre dix-huit mois avant de réintégrer la sélection pour un match contre le Brésil à Prague.

Le , il se marie avec Viera. De leur union naîtront deux enfants : un garçon Antonin en 1955 et une fille Ivana l'année suivante.

Il obtient son deuxième titre de champion à l'issue de cette saison 1955-1956.

Le , quelques jours après avoir humilié la Suisse (6-1) à Genève, la Tchécoslovaquie obtient un succès historique sur la Hongrie (4-2) à Budapest, à l'occasion de la quatrième sélection de Masopust. En août, la sélection domine le Brésil (1-0), à Rio.

Avec le club renommé le Dukla Prague, il est à nouveau champion de Tchécoslovaquie lors de la saison 1957-1958, pour la troisième fois.

Le , malgré un carton (6-1) contre l'Argentine lors du dernier match du groupe 1, Masopust et la Tchécoslovaquie, devancés par l'Allemagne fédérale et l'Irlande du Nord, ne passent pas le premier tour de la Coupe du monde en Suède[3].

En , après un mois au Costa Rica, le Dukla Prague participe à un tournoi au Mexique au cours duquel il bat le Santos FC de Pelé et Zito (4-3), grâce à ses dribbles et son superbe doublé[3].

Avec sa sélection, il remporte la Coupe internationale 1955-1960.

Lors du tournoi final à quatre nations du premier Euro en 1960, Masopust, ses collègues de club Ladislav Novák et Svatopluk Pluskal, et les Tchécoslovaques subissent la loi des Soviétiques, futurs vainqueurs, en demi-finale (3-0). Le , Masopust contribue à la victoire de la Tchécoslovaquie sur la France, à Marseille, lors du match pour la troisième place (0-2)[8] et fait partie de l'équipe-type du tournoi[9].

Ballon d'or, finaliste du Mondial et octuple champion (1960-1968)

En , il obtient son premier doublé coupe-championnat avec le Dukla Prague.

En 1961-62, le club militaire de Prague conserve son titre de champion mais s'incline en finale de la coupe. Entre-temps, Masopust termine dixième ex-æquo du Ballon d'or 1961.

Josef Masopust en 1962.

En qualification pour le Mondial 1962, la Tchécoslovaquie a besoin d'un match d'appui contre l'Écosse dans le groupe 8, l'emportant après prolongation (4-2). Avec la plupart de ses joueurs venant du Dukla Prague soutenu par l'armée, au premier tour de la Coupe du monde 1962, la sélection tchécoslovaque bat l’Espagne (1-0) sur une passe décisive de Masopust[3]. Le , lors du deuxième match de groupe contre le tenant du titre brésilien (0-0), Pelé se blesse et Josef Masopust refuse de défendre sur lui[10],[11]. Ce geste lui vaut le surnom de « Chevalier du football », salué par l'attaquant brésilien[11]. La défaite contre le Mexique (1-3) est sans conséquence[3]. Contre leur voisine, la Hongrie, les Tchécoslovaques l'emportent difficilement (1-0) en quart. En demi-finale, la Tchécoslovaquie bat la Yougoslavie (3-1), championne d'Europe en titre[3]. Le , en finale du Mondial de nouveau contre le Brésil, Masopust ouvre le score mais les Tchécoslovaques s'inclinent finalement 3-1[8]. Il est devancé par Garrincha pour le titre de meilleur joueur de la compétition[3].

Le , il obtient le Ballon d'or France Football.

En , sa sélection subit un revers inattendu en étant sortie d'entrée au tour préliminaire de l'Euro 1964 par l'Allemagne de l'Est (3-2).

En 1962-63, 1963-64 et 1965-66, il remporte à nouveau le championnat de Tchécoslovaquie avec le Dukla Prague. Il réussit d'ailleurs un nouveau doublé national en 1965-1966.

Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1966, les Tchécoslovaques sont battus à Bratislava par le Portugal d'Eusébio. Cette défaite est finalement déterminante dans la course à la qualification, car les Portugais terminent en tête du groupe, deux points devant la Tchécoslovaquie. Cette élimination signe la fin de la génération Masopust-Novák. Le , sa 63e et dernière apparition pour la équipe de Tchécoslovaquie est sa première à se conclure par un revers, 1-2, devant l'URSS[7]. Il inscrit dix buts internationaux[7].

Joseph Masopust en 1967.

En Coupe des clubs champions européens, après avoir atteint les quarts-de-finale en 1962, en 1963 et en 1964, lui et son club atteignent les demi-finales en 1967.

Josef Masopust est le joueur le plus capé (593 matchs) et le meilleur buteur (189 réalisations) de l'histoire du club.

Fin de carrière

En , en récompense des nombreux services rendus au Dukla Prague, il est autorisé à partir à l'étranger[8]. À 37 ans, il trouve preneur en Belgique, au Crossing Molenbeek[8] en tant qu'entraîneur-joueur[5], où il reste deux saisons.

Il offre la montée en Première Division belge au club[5]. Le « Crossing » termine à égalité de points avec l'AS Ostende, termine vice-champion et accède à la Division 1.

Les dirigeants du Crossing optent pour un déménagement vers Schaerbeek (est de Bruxelles) où il fusionne avec le R. SC Schaerbeek pour devenir le Royal Crossing Club de Schaerbeek. Le club se maintient et Masopust prend sa retraite des terrains.

Carrière d'entraîneur

Masopust en décembre 1974.

En 1973, Masopust devient entraîneur du Dukla Prague durant trois saisons[4]. Il obtient la deuxième place du classement en 1973/74[4]. En , il est évincé de la direction technique du club.

Il accepte alors le poste d'entraîneur du Zbrojovka Brno, qu'il conduit en à son premier titre de champion de Tchécoslovaquie[1].

En , il revient en Belgique pour entraîner Hasselt[2], un club de deuxième division qui aspire à l'élite. Il y reste quatre ans[2].

Le , il dispute son premier match en tant que sélectionneur de l'équipe de Tchécoslovaquie et un succès en Grèce, en amical à Athènes (1-0). Mais la sélection nationale ne se qualifie pas pour le Mondial 86, au Mexique[2]. Le , malgré une victoire sur le Pays de Galles, la Tchécoslovaquie ne se qualifie pas pour l'Euro 88[2] et Josef Masopust est débarqué du poste de sélectionneur[4].

Dee 1988 à 1991, il est responsable de l'équipe olympique d'Indonésie à Jakarta.

Il rentre ensuite à Prague. Sollicité de toute part, il donne d'abord un coup de main à Zbrojovka Brno.

Puis il accepte le poste de conseiller technique du Pelikán Děčín, en troisième division, mais il se retrouve rapidement aux commandes après l'éviction de l'entraîneur. En , après deux saisons et demie à la tête de l'équipe de Děčín, il arrête définitivement d'entraîner.

Hommages et fin de vie

En 2000, Josef Masopust est placé en 41e position du classement des cinquante meilleurs joueurs de football du XXe siècle selon l'IFFHS[12]. En décembre de la même année, il est élu « meilleur joueur tchèque du XXe siècle » à l'issue d'un sondage organisée par un magazine sportif pragois[1],[8]. Il termine devant des joueurs comme Plánička, Bican ou Panenka[2].

À l'occasion du Jubilé de l'UEFA en 2004, il est demandé à chaque association nationale de nommer son plus grand joueur sur les cinquante dernières années[5]. La République tchèque nomme Josef Masopust comme son Joueur en or[5]. La même année, le brésilien Pelé, croisé lors de la Coupe du monde 1962 et des tournées du Dukla en Amérique, intègre le meneur de jeu tchèque au FIFA 100, liste de 125 footballeurs ayant marqué leur génération établie et publiée pour les 100 ans de la FIFA[2].

Masopust (3e à d.) à l'inauguration de sa statue en 2012.

Il possède depuis 2012, une statue de lui-même devant l'enceinte du Dukla Prague, le Stade Juliska, à l'occasion du 50e anniversaire du Mondial 1962 au Chili[1],[8]. Hommage modérément apprécié, considérant que le succès d’un joueur dans un sport collectif ne peut être détaché de celui de ses partenaires[2], il témoigne alors : « Je pense que c’est exagéré. On a même érigé une statue à mon effigie alors que je ne suis pas encore mort ! Vous savez, je ne suis qu’un footballeur, un joueur parmi les milliers qui ont porté le maillot de la Tchécoslovaquie. C’est pourquoi j’estime que c’est trop d’honneurs pour une seule personne »[13].

En 2014, il reçoit le Prix du président de l'UEFA, Michel Platini, récompensant des réalisations exceptionnelles, l'excellence professionnelle et des qualités personnelles exemplaires.

Dernier hommage pour Josef Masopust au stade du Dulka Prague.

Josef Masopust meurt le à Prague, des suites d'une longue maladie à 84 ans[1],[14].

En 2020, il est nommé parmi les vingt milieux de terrain défensifs pour déterminer la Ballon d'or Dream Team, le meilleur onze de l'histoire depuis les années 1950. Il n'est pas retenu dans les trois équipes composées.

Style de jeu : milieu endurant et technique

Josef Masopust évolue comme milieu de terrain relayeur et précurseur box-to-box[1] voire meneur de jeu[15]. Il est reconnu pour ses slaloms entre ses adversaires[2], son sens du placement[6], sa conduite de balle tête droite et levée ou encore ses passes précises[13]. Il est capable de « jouer du violon, mais aussi de faire la vaisselle »[6].

Masopust prouve sa maîtrise technique en jonglant avec des sabots en févier 1967.

Sa technique de prise, de conduite et de transmission de balle est exemplaire, que ce soit à la construction du jeu à partir de la récupération du ballon de défense, l'approvisionnement des attaquants de pointe et à l'approche du but adverse[6]. Masopust s'illustre balle au pied, que ce soit en éliminant ses adversaires en pleine course ou en adressant des ballons millimétrés à ses attaquants[3]. Sa frappe de balle lui permet d'effectuer des changements de jeu plus longs, plus soudains et fréquents, mais il se plie aux exigences du jeu collectif tchécoslovaque qui refuse la prise de risques et tend à renoncer aux changements de rythme[6].

Son coéquipier à Prague Svatopluk Pluskal résume : « Peu importe l'adversaire, il était toujours un ton au-dessus". Il ne perdait jamais le ballon. Il enchaînait les une-deux ou il jouait court, jusqu'à ce qu'il trouve un espace. Là, il partait à l'abordage : un, deux, trois joueurs… Il laissait tout le monde derrière lui, comme s'il s'agissait de plots sur le terrain d'entraînement »[3].

Masopust compense son petit gabarit par son endurance[6]. En équipe nationale comme dans son club du Dukla Prague, il se signale surtout par une présence constante, vigilante, devant l'assaut adverse comme au départ des attaques tchécoslovaques[6].

Masopust est surnommé le «Chevalier du football» pour son fair-play[1]. Il gagne ce surnom lors du premier tour de la Coupe du monde 1962, refusant de défendre contre Pelé, blessé[11].

« C'était un gentleman, sur comme en dehors du terrain. Josef était un joueur incroyable pour son époque. Il représentait le milieu typique du Dukla Prague : créatif, élégant, technique et capable de faire trembler les filets » déclare à sa mort Michel Platini, alors président de l'UEFA[5].

Palmarès

Titres et trophées collectifs

Au total, Masopust est octuple champion de son pays comme joueur[1]. En , il obtient son premier doublé coupe-championnat avec le Dukla Prague. L'année suivante, le club militaire de Prague conserve son titre de champion mais s'incline en finale de la coupe. En 1962, en 1963, en 1964 et en 1966, il remporte à nouveau le championnat de Tchécoslovaquie avec le Dukla Prague.

Sur la scène internationale, le club atteint remporte l'International Soccer League en 1961 puis l'American Challenge Cup, trois ans de suite[3].

Il est ensuite titré une fois comme entraîneur, avec le Zbrojovka Brno en 1978.

Distinctions individuelles

Finaliste du Mondial 1962, Josef Masopust reçoit le Ballon d'or, premier joueur d’Europe de l’Est à être sacré[1],[6],[13]. Tous les lauréats précédents sont des attaquants buteurs, Masopust est le premier joueurs de l'ombre évoluant plus bas sur le terrain, travailleurs plus obscurs, constructeurs et moteurs[6]. Le tchécoslovaque devance Eusebio (20 ans) avec 65 points contre 53[6],[16]. Il est pendant quatre décennies, jusqu'au sacre de Pavel Nedved en 2003, l'unique lauréat tchèque du Ballon d'or[8],[13].

En 2004, la Fédération de République tchèque de football nomme Masopust comme son Joueurs en or, meilleur joueur des cinquante dernières années à l'occasion du jubilé de l'UEFA[5]. Il est choisi la même année par Pelé dans la liste FIFA 100[2]. La FIFA le nomme joueur de légende du football tchécoslovaque, seul nom de cette liste.

Vice-champion du monde en 1962 et médaillé de bronze à l’Euro 1960, Masopust est élu dans l’équipe-type du tournoi au terme des deux compétitions[2].

En 2014, il reçoit le Prix du président de l'UEFA, Michel Platini, récompensant des réalisations exceptionnelles, l'excellence professionnelle et des qualités personnelles exemplaires.

  • Élu meilleur joueur tchécoslovaque de l'année en 1966

Notes et références

Liens externes

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