Joseph Boczov

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Joseph Boczov ou József Boczor, né Ferencz ou Wolf Ferenc le à Batiz (Hongrie) et mort le à Suresnes (au fort du Mont-Valérien, France), est un ingénieur chimiste, militant et résistant communiste hongrois, soldat volontaire de l'armée française de libération (FTP-MOI de la région parisienne), fondateur, en 1942, et chef du 4e détachement dit des « dérailleurs », puis dirigeant du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman de résistants.

Naissance
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Botiz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 38 ans)
SuresnesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Wolf FerencVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Joseph Boczov
Portrait conservé dans les archives de l'armée allemande, dans une pose similaire à celle de l'Affiche rouge (date inconnue, sans doute 1944)
Biographie
Naissance
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Botiz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 38 ans)
SuresnesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Wolf FerencVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Wolf FerencVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Boczor JózsefVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Activités
Autres informations
Membre de
Conflit
Lieu de détention
Distinctions
Plaque commémorative.
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Arrêté le , son nom et son portrait sont placardés par les nazis sur l'affiche rouge avec la description « juif hongrois », aux côtés de huit de ses camarades des FTP-MOI.

Grand spécialiste en explosifs, il s'était aguerri à la vie combattante durant la guerre d'Espagne, au sein des Brigades internationales.

Biographie

Jeunesse

Wolf Ferenc est né à Batiz (aujourd'hui : Botiz, Satu Mare), village appartenant alors à l’empire austro-hongrois. Le père de Wolf, de confession juive, est un homme d'affaires plutôt aisé[1]. Après le Traité de Versailles, en 1920, le village de Batiz et sa région sont cédées à la Roumanie. La famille Ferenc décide de rester dans le village et adopte la nationalité roumaine. Wolf Ferenc peut donc s’inscrire au collège de Cluj[2]. Il adhère au Parti communiste en 1926 à Prague (Tchécoslovaquie) où il poursuit des études d’ingénieur chimiste. Durant ses études, il milite au jeune Parti communiste roumain et rencontre Ana Pauker, une des dirigeantes du parti[3]. Son diplôme d’ingénieur en poche, il devient membre permanent du Parti communiste roumain et milite à Iași[4]. Il s’engage dans la lutte antifasciste. Pour protéger sa famille, il change de nom et prend celui de Joseph Boczov[5]. Il devient secrétaire régional en 1932-1933 du Bloc ouvrier et paysan, et de 1933 à 1936, secrétaire régional du Secours rouge pour la Transylvanie.

À l'âge de 32 ans, il quitte la Roumanie et se rend à pied jusqu'en Espagne pour combattre dans les rangs des Brigades internationales[6]. Il perd six mois sur les routes et dans les prisons avant d'atteindre son but. Après la défaite de la République espagnole, il est interné avec ses camarades de lutte dans les camps d'Argelès et de Gurs. Il devient le chef du groupe roumain du camp. En même temps, avec nombre de ses compatriotes, il est déchu de sa nationalité roumaine. Quand les Allemands envahissent la France, ils déportent les personnes apatrides vers l'Allemagne. En , pendant le trajet en train, il organise leur évasion[7].

Seconde Guerre Mondiale

Joseph Boczov vient à Paris. Il rejoint les premiers groupes de FTP, et assure la direction du premier détachement FTP-Immigrés, composé d'éléments hungaro-roumains de la région parisienne. Il organise la première attaque à la grenade contre la gare de Belleville où de grandes quantités de marchandises sont stockées dans les dépôts.

Son détachement se spécialise dans le déraillement des trains de SS et de la Wehrmacht. Les déraillements, qui se font d'abord à l'aide de simples outils, sont perfectionnés car la surveillance allemande se fait de plus en plus rigoureuse. La lutte clandestine se développe et prend des formes toujours plus élaborées. Joseph Boczov, fort de son expérience acquise pendant la guerre d'Espagne, devient le chef du 4e détachement, qui se consacre à des actions d'envergure contre les chemins de fer utilisés par l'armée allemande[7],[8]. Sa formation de chimiste lui permet de concevoir des mines et des « charges en cisaille » efficaces pour faire dérailler les trains[9].

Filé depuis le par la Brigade Spéciale no 2 (BS2) des Renseignements généraux, Joseph Boczov se cache : à Paris, au 85, rue de Turbigo ; au 1bis, rue de Lanneau ; au 9, rue Caillaux. Le , Joseph Boczov, Léon Goldberg et quatre autres combattants partent en mission pour faire stopper un convoi allemand sur la ligne Paris-Troyes, à Grandpuits près de Mormant. Dans la nuit du au , le train déraille, mais ils n'ont pas repéré qu'ils étaient filés par la BS2. Une fusillade s'engage. Trois résistants sont tués ou faits prisonniers, et les trois autres s'enfuient, mais sont repérés. L'étau se resserre.

Portrait de Joseph Boczov (au milieu) dans le journal collaborationniste L'Œuvre le 19 février 1944, paru le lendemain de son exécution

Joseph Boczov est arrêté le . Accusé d'avoir participé à 20 attentats (chiffre éloigné de la réalité), il est traduit devant le Tribunal militaire. Il est fusillé au fort du Mont-Valérien le avec les 22 autres membres de l'Affiche rouge[10],[11],[12].

Affiche rouge

Son nom figure sur l'« affiche rouge » éditée par les Allemands, avec le texte suivant :

« Boczov juif hongrois chef dérailleur 20 attentats »

Divers

  • Profession : Ouvrier menuisier
  • Lieu d'habitation : Paris 13e

Mémoire

En 1974 l'administration postale de la République populaire de Hongrie émet un timbre-poste, d'une valeur de trois forint, illustré, sur fond bleu-blanc-rouge, des effigies de trois hongrois « héros de la Résistance française » : Jószef Boczor, Imre Békés et Tamás Elek[13].

Joseph Boczov (5e en partant de la droite) et 7 autres membres du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman (date inconnue, origine : armée allemande)

L'année suivante, le livre L'Affiche rouge du journaliste et écrivain Philippe Ganier-Raymond, paru le , quelques mois avant le film L'Affiche rouge de Franck Cassenti, rappelle l'action des combattants des FTP-MOI du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman. Sur ses sept chapitres, l'un est consacré à Boczov[14], un autre à Missak Manouchian[15], un troisième à Thomas Elek[16] et un autre à Marcel Rajman[17].

Le , il est cité « Mort pour la France », ainsi que ses 22 autres camarades, avec l'entrée de Missak et de Mélinée Manouchian lors de la cérémonie de panthéonisation en présence d'Emmanuel Macron, président de la République française. Une plaque portant son nom et ceux des 23 résistants du groupe Manouchian est apposée au Panthéon[18]. Son portrait figure avec les autres camarades du groupe des FTP-MOI de l'Ile-de-France.

Liste des membres du groupe Manouchian exécutés le 21 février 1944

Mémorial de l'Affiche rouge à Valence.
Portrait de Joseph Boczov (à gauche, 2e rangée) au milieu de 9 membres du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman sur l'affiche de propagande vichyste dite Affiche rouge

La liste suivante des 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les Allemands signale par la mention (AR) les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge :

Décoration

Filmographie

Notes et références

Voir aussi

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