Wolf Wajsbrot
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Wolf Wajsbrot (prononcer ˈvɔlf ˈvaɪ̯sbroːt) est un combattant résistant polonais, né à Kraśnik (Pologne) le et mort pour la France le , fusillé au fort du Mont-Valérien. Il fait partie des 22 résistants fusillés, soldats volontaires des FTP-MOI au sein du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman des FTP-MOI de la région parisienne. Son portrait figure sur l'Affiche rouge publiée par la propagande collaborationniste.
Origines et formation
Né en 1925, Wolf Wajsbrot arrive en France avec sa famille en 1934, avec son père David Wajsbrot, sa mère Laja Wiszniak et ses sept frères et sœurs : Rose, Léon, Max, Paul, Dora et Henri[1].
Vers 1939, il réside avec sa famille au 153, rue de Paris à Ivry-sur-Seine. De 1939 à 1942, il apprend la mécanique à l'École du travail du 4bis, rue des Rosiers[2]. Il est membre de la Jeunesse communiste[3].
FTP-MOI
Wolf Wajsbrot s'engage dans le mouvement des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), sous le matricule no 10191, probablement au cours de l'année 1942. Selon les déclarations qu'il fait lui-même à la Brigade spéciale no 2 (BS2) après son arrestation, il se serait engagé pleinement après la rafle du Vélodrome d'Hiver du .
Il participe avec le 2e détachement FTP-MOI à l'action du , avenue de Lowendal dans le 7e arrondissement de Paris, où des Allemands sont tués et blessés. En , à la suite de l'arrestation de la plupart des membres du 2e détachement, il est versé dans le 4e détachement, dit « détachement des dérailleurs » des FTP-MOI de la région parisienne, sous le pseudonyme de Marcel. Il rejoint le groupe de Thomas Elek et participe à de nombreux déraillements de trains (13 août 1943, tentative de déboulonnage de voies ferrées à Châtelet-en-Brie ; 21 août 1943, sabotage de la voie ferrée et déraillement d’un train sur la ligne Reims–Rethel ; 27 août 1943, déraillement d’un train de marchandises sur la ligne Paris–Troyes ; 4 septembre, déraillement près de Loupeigne dans l’Aisne)[4],[3].
Arrestation
Wolf Wajsbrot habite à Paris sous un faux nom dans une chambre de bonne louée au nº 35 de la rue des Archives dans le 4e arrondissement de Paris par Sarah Danciger, alias « Suzy », elle-aussi membre des FTP-MOI[5]. Il y est arrêté par la BS2, avec deux fausses cartes d’identité, aux noms de Marcel Plantrou et de Marcel Lambert, deux pistolets automatiques et des tracts de l’organisation.
Sarah Danciger et Sarah Gerber, toutes deux membres des FTP-MOI, sont également arrêtées. La première est internée au camp de Drancy, déportée le (convoi no 67), et assassinée à Auschwitz[6],[7]. La seconde fait partie du même convoi, et ne revient pas non plus d'Auschwitz.
Exécution
Emprisonné à Fresnes, Wolf Wajsbrot est condamné à mort pour « actes de franc-tireur » le par le tribunal militaire allemand du Gross-Paris, installé à l'Hôtel Continental (3 rue de Castiglione), au cours d'une séance qui se tient probablement entre le 15 et le 18 février 1944[8].

Il est fusillé le avec 21 de ses camarades du « groupe Manouchian » dans la clairière du fort du Mont Valérien. Sa mort est constatée à 15h47 ; une photo clandestine en témoigne[9]. Son corps est inhumé avec certains de ses camarades des FTP-MOI au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine. La dépouille sera transférée au cimetière parisien de Pantin le [3].
Dernière lettre
Le 21 février 1944, Wolf Wajsbrot écrit une dernière lettre[10] depuis la prison de Fresnes, peu avant son exécution au Mont Valérien :
« Fresnes, 21 février 1944
Cher Jean,
C’est à toi que j’adresse mes dernières pensées dans l’espoir que tu les feras parvenir plus tard à quelqu’un de ma famille. Je meurs en espérant que vous aurez tous une vie meilleure et je te charge de faire mes adieux à tous les camarades du pays. Et d’embrasser plus tard toute ma famille et j’espère que tu reverras un jour ma chère petite Suzy dont ma dernière pensée s’en va vers elle et j’espère qu’elle trouvera un jour un mari qui la rendra heureuse. Et tu lui diras que je lui suis très reconnaissant d’avoir embelli [ma] dernière année et je te prie d’adresser mes dernières pensées à mes sœurs et à ma mère dont j’espère tu les reverras un jour.
Adieux et gardez tous ma mémoire dans vos cœurs.
Wolf »[11]

Sa famille
Alain Blottière, auteur du livre Le Tombeau de Tommy[12] dont le héros est Thomas Elek, témoigne avoir rencontré la sœur de Wolf Wajsbrot, Dora Phélut, le à Rouen[13].
Les déclarations de Dora Phélut au sujet de sa famille et de son frère vont à l'encontre de la version établie sur la déportation de la famille Wajsbrot en après la rafle du Vel'd'Hiv. Selon la notice du Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, ses parents sont arrêtés au cours de la rafle, puis déportés depuis le camp de Drancy ou celui de Pithiviers à Auschwitz où ils sont assassinés[3]. Lors des interrogatoires qui suivent son arrestation par la police française (Brigades spéciales des Renseignements généraux), Wolf Wajsbrot déclare, pour la protéger, que sa mère a été déportée. En réalité, sa mère et ses deux sœurs ont vécu à Alfortville sous une fausse identité, avec des papiers fournis par le « Jean » à qui est adressée la dernière lettre de Wolf, écrite à Fresnes, le , avant son exécution au Mont Valérien. Par ailleurs, ses quatre frères auraient été confiés par leur mère à l'Assistance publique et leur père serait mort en 1935[13].

Affiche rouge
Le portrait de Wolf Wajsbrot figure sur l'« Affiche rouge » éditée par les Allemands, affublé de la légende suivante : « Wajsbrot, Juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements ».
Distinctions
Médaille de la Résistance française, décernée à titre posthume par décret du , publié au Journal Officiel le .- Déclaré « Mort pour la France », Ministère des Anciens Combattants, 26 février 1958.
Sépulture
- 21 février 1944 : Cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, division 40, ligne 45, n° 31.
- 6 juillet 1949 : Cimetière parisien de Pantin, division 29, ligne 10.
Hommages
Le nom et la photographie de Wolf Wajsbrot figurent au cimetière parisien de Pantin (Seine-Saint-Denis). Il a été gravé sur l'un des monuments funéraires de la Société des amis de Krasnik, où une plaque commémorative a été déposée par sa mère.
Son nom est inscrit sur la cloche du mémorial de la France combattante au fort du Mont-Valérien, ainsi que sur la plaque commémorative dédiée au groupe Manouchian à Ivry-sur-Seine, au Blanc-Mesnil, de même qu'à proximité de la gare d'Évry-Petit-Bourg.
Le , il est cité « Mort pour la France », ainsi que ses 23 autres camarades, au moment de l'entrée de Missak et de Mélinée Manouchian lors de la cérémonie au Panthéon en présence d'Emmanuel Macron, président de la République française. Une plaque portant son nom et ceux des 23 résistants du groupe Manouchian est apposée au Panthéon[14]. Son portrait figure avec les autres camarades du groupe des FTP-MOI de l'Île-de-France.
Liste des membres du groupe Manouchian exécutés

22 membres du groupe Manouchian sont exécutés par les Allemands le . La mention « AR » signale les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge.
- Celestino Alfonso (AR), de nationalité espagnole, 27 ans
- Olga Bancic, de nationalité roumaine, 32 ans (seule femme du groupe, guillotinée en Allemagne le )
- Joseph Boczov [József Boczor; Wolff Ferenc] (AR), de nationalité hongroise, 38 ans. Ingénieur chimiste
- Georges Cloarec, de nationalité française, 20 ans
- Rino Della Negra, de nationalité italienne, 19 ans
- Thomas Elek [Elek Tamás] (AR), de nationalité hongroise, 18 ans (étudiant)
- Maurice Fingercwajg (AR), de nationalité polonaise, 19 ans
- Spartaco Fontanot (AR), de nationalité italienne, 22 ans
- Jonas Geduldig, de nationalité polonaise, 26 ans
- Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], de nationalité hongroise, 42 ans (ouvrier métallurgiste)
- Léon Goldberg, de nationalité polonaise, 19 ans
- Szlama Grzywacz (AR), de nationalité polonaise, 34 ans
- Stanislas Kubacki, de nationalité polonaise, 36 ans
- Cesare Luccarini, de nationalité italienne, 22 ans
- Missak Manouchian (AR), de nationalité arménienne, 37 ans
- Armenak Arpen Manoukian, de nationalité arménienne, 44 ans
- Marcel Rayman (AR), de nationalité polonaise, 21 ans
- Roger Rouxel, de nationalité française, 18 ans
- Antoine Salvadori, de nationalité italienne, 24 ans
- Willy Schapiro, de nationalité polonaise, 29 ans
- Amedeo Usseglio, de nationalité italienne, 32 ans
- Wolf Wajsbrot (AR), de nationalité polonaise, 18 ans
- Robert Witchitz (AR), de nationalité française, 19 ans