Joseph Danos

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Décès (à 69 ans)
Montpellier (Hérault)
ArmeInfanterie coloniale
GradeColonel
Joseph Danos
Joseph Danos
Joseph Danos en 1943

Naissance
Aulon (Haute-Garonne)
Décès (à 69 ans)
Montpellier (Hérault)
Arme Infanterie coloniale
Grade Colonel
Conflits Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Engagé volontaire de Force Française Libres
Distinctions Médaillé de la Résistance française

Joseph Danos, né le à Aulon en Haute-Garonne et mort le à Montpellier, est un officier et résistant français.

Fils d’un chef de chantier aux chemins de fer et d’une receveuse des postes, Joseph Danos s’engage à l’âge de 18 ans volontairement le à Toulouse[1].

Incorporé dans le 21e régiment d’infanterie coloniale, en qualité de soldat de 2e classe, il participera à la bataille de la Main de Massiges où il sera blessé à plusieurs reprises le . Son frère aîné, le sous-lieutenant Ernest Danos, décèdera sur le même terrain d’opération, à Massiges, lors de l’offensive française du et sera déclaré mort pour la France[2].

Réformé temporairement le pour cause de bacillose pulmonaire, il réintègre le service armé le . Il termine la guerre au sein du 66e régiment d’infanterie au sein duquel il participe à la Bataille de Lorraine-Arracourt-Parroy (il sera intoxiqué au gaz à Bauzemont le ).

À l’issue du conflit, avec 3 citations, 5 blessures, il obtient à la croix de guerre avec 3 étoiles[3].

Armée d’Orient

Rengagé le , il est désigné pour l’armée d’Orient et rejoint le 58e régiment d’infanterie. Il poursuivra sa carrière militaire au sein des troupes coloniales.

Seconde guerre mondiale

Affecté à Bizerte au 10e régiment de tirailleurs sénégalais le , puis au Bataillon de chars des troupes coloniales, il est considéré comme étant en congé d’armistice le .

Il reprend volontairement du service actif le lors de la mise en place du secteur de défense de Bizerte. Il est ensuite affecté au commandement des détachements français de liaison en Tunisie le .

Le , il est engagé aux Forces Françaises Libres[4] le , puis muté au commandement de Tripoli en puis à Alger en août de la même année. En , il sera affecté au dépôt commun des Forces Françaises Libres à Paris, puis au dépôt central en .

Par décret du , il est décoré de la médaille de la résistance française[5].

Témoin à charge dans les procès des membres de la Phalange Africaine (Alger, mars 1944)

Dans le cadre des procédures judiciaires conduites à Alger en contre les collaborateurs phalangistes en Tunisie[6], les dépositions de Joseph Danos, alors commandant FFL, ont constitué un élément à charge déterminant[7].

Ancien membre de la mission militaire française auprès de la Commission d'armistice de Tunis, puis de la section de liaison franco-allemande de Tunis, ses témoignages ont éclairé le Tribunal d'armée, siégeant à Alger, sur l'organisation, le fonctionnement et les activités de la Phalange Africaine, contribuant ainsi aux condamnations prononcées à l'encontre de ses principaux dirigeants[7].

Position stratégique et valeur testimoniale

La fonction occupée par le commandant Danos au sein de la mission de liaison française lui conférait une position d'observateur privilégié[7].

Cette situation lui permit d'établir des contacts réguliers avec la hiérarchie phalangiste et d'observer leurs interactions avec les autorités d'occupation allemandes[7].

Sa connaissance approfondie des structures collaborationnistes l'amena à présenter devant le tribunal une analyse hiérarchisée qu'il qualifia de "chaîne des traîtres"[8], composée de quatre principaux responsables : le colonel Sarton du Jonchay, le lieutenant-colonel Cristofini, le commandant Curnier et le capitaine Peltier.

Témoignage à charge contre le lieutenant-colonel Cristofini

La déposition de Joseph Danos lors du procès de Cristofini fut particulièrement incriminante. À l'audience du , il désigna l'accusé comme "le deuxième maillon de la chaîne des traîtres" arrivés à Tunis en , membre d'une mission "composée d'individus dont le seul but était de profiter des malheurs du pays pour réaliser leurs ambitions, en se faisant les complices des Allemands"[7].

Danos révéla également que Cristofini avait tenté de recruter des officiers pour la Phalange en leur promettant promotions et avantages matériels, présentant cette organisation comme "l'ossature de la future armée française". Le témoin affirma que l'état-major phalangiste constituait "une véritable agence de renseignements pour le commandement militaire allemand et un organisme de répression contre les Français", suggérant l'implication de l'accusé dans l'arrestation d'otages[7].

Une partie de son témoignage dut d'ailleurs être tenue à huis clos pour protéger des résistants encore en territoire occupé[7].

L'accusation contre le capitaine Peltier

Lors du procès du capitaine Peltier, Danos réfuta catégoriquement la défense de l'accusé selon laquelle celui-ci aurait cherché un perfectionnement technique au contact de l'armée allemande. Selon le témoin, Peltier, qu'il qualifiait de "quatrième maillon de la chaîne des traîtres"[8], aurait agi principalement par opportunisme et intérêt personnel, "pour améliorer sa situation matérielle" et "réaliser des ambitions qu'une carrière normale ne lui permettait pas de nourrir".

Danos l'accusa également d'avoir diffusé un appel radiophonique incitant le colonel Schmetz à rejoindre les forces vichystes[9].

Analyse de la Phalange Africaine en tant qu'instrument de l'occupation

Au-delà des cas individuels, le témoignage de Joseph Danos permit d'établir la nature de la Phalange africaine comme "un rouage de l'état-major de von Arnim" (commandant des forces de l'Axe en Tunisie). Il affirmait que cette organisation constituait "une véritable agence de répression contre les patriotes et de renseignements au service de l'ennemi", évoquant l'intensification des arrestations de résistants après l'échec du recrutement volontaire et la subordination complète aux autorités allemandes[9].

Conséquences judiciaires

Ses déclarations influencèrent considérablement les décisions du tribunal d'armée. Pierre Simon Cristofini fut condamné à la peine capitale, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens[8].

Le capitaine Daniel Peltier fut condamné aux travaux forcés à perpétuité[9]

D'autres membres de la Phalange reçurent des peines allant de quinze ans de travaux forcés à cinq ans d'emprisonnement avec sursis, selon leur degré d'implication.

Par ses témoignages précis et circonstanciés, Joseph Danos contribua ainsi de manière significative à l'établissement des responsabilités dans la collaboration en Tunisie durant l'occupation, permettant que justice soit rendue contre ceux qui, selon son expression, s'étaient "livrés corps et âme à l'ennemi[7]".

En 1946, il sera présenté par le Journal d'Aubervilliers, comme "l'un des principaux artisans de l'échec de la Phalange africaine"[10].

Journal d'Aubervilliers, 20 juillet 1946. Lieutenant-Colonel DANO (sic), "l'un des principaux artisans de l'échec de la Phalange africaine"

Militant communiste

Décorations

Notes et références

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