Joseph Gauvreau naît à Rimouski le . Il fait ses études au séminaire de Rimouski avant de poursuivre ses études de médecine à l'Université Laval de Québec et d'y obtenir son diplôme en 1896[1]. Il revient ensuite à Rimouski et commence à y pratiquer sa profession dès 1896[1]. Il se fait construire une luxueuse demeure en 1906-1907, la maison Joseph-Gauvreau, et y installe une clinique d'hydrothérapie au rez-de-chaussée[1]. Cette clinique atteint vite une certaine renommée dans toute la province[2].
En 1909, il est victime d'un accident de voiture qui le force à se faire amputer le bras et à abandonner la pratique médicale[1]. Il s'installe alors à Montréal, se lance dans le journalisme et devient conférencier. Défenseur de la tradition, des valeursfamiliales, du retour à la terre et de la religion, ses interventions s'inscrivent dans le sillage du courant clérico-nationaliste. Ses conférences portent notamment sur la lutte contre l'alcool et le cinéma, l'abstinence, la mortalité infantile (sujet très débattu à l'époque, notamment par les collaborateurs de L'Action française de Lionel Groulx) et surtout l'hygiénisme dont il fut l'un des principaux représentants à l'époque.
Défenseur des droits des francophones en Amérique, il fut l'un des fondateurs et secrétaire général de la Ligue des Droits du Français de Montréal. Il a contribué régulièrement à L'Union Médicale du Canada. Gauvreau a été, en outre, vice-président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le premier président de l'École Sociale Populaire de Montréal; il fut également l'un des premiers membres du bureau médical de l'Institut Bruchési. Il était un conférencier réputé et un propagandiste hygiéniste intransigeant; on lui doit plusieurs ouvrages de vulgarisation médicale et d'hygiène sociale.
Gauvrau fut Lauréat du prix d'histoire David en 1926. La même année il a été créé chevalier de l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem par Pie XI, et il a pris pour devise sur son blason: «Sobrietatis amicus, fidelis in cruce» traduit littéralement par «Ami de la tempérance, fidèle dans l'épreuve»[3].