Mortalité infantile

mortalité avant l'âge d'un an From Wikipedia, the free encyclopedia

La mortalité infantile est une statistique calculée en faisant le rapport entre le nombre d'enfants morts avant l'âge d’un an[note 2] sur le nombre total d’enfants nés vivants. Cette statistique est exprimée pour 1 000 naissances (‰). Elle sert essentiellement à juger de la qualité des soins obstétriques et pédiatriques d'un pays.

Taux de mortalité infantile pour 1 000 naissances dans le monde en 2006[note 1].
  • 0 ‰ - 10 ‰
  • 10 ‰ - 30 ‰
  • 30 ‰ - 60 ‰
  • 60 ‰ - 90 ‰
  • 90 ‰ - 130 ‰
  • +130 ‰

La réduction du taux de mortalité infantile par élimination des décès évitables d’enfants d’ici à 2030 fait partie des objectifs du millénaire pour le développement de l'Organisation des Nations unies[1].

Périodes de vulnérabilité

La mortalité infantile peut être divisée en 3 parties distinctes: la mortalité néonatale précoce, qui concerne les décès survenant avant les 7 premiers jours de vie; la mortalité néonatale tardive, qui inclut les décès survenant entre le 7ème et le 27ème jour après la naissance; et enfin la mortalité post-néonatale, qui comprend les décès survenant entre le 28ème jour et le 364ème jour après la naissance[2]. Le risque de décéder est le plus important la première semaine. En 2005, il est constaté que chaque année, 3,3 millions de nouveau-nés meurent à la naissance et 4 millions meurent avant 28 jours. Les décès infantiles sont aussi nombreux pendant cette période néonatale que pendant les 11 mois qui suivent[3].

Causes et moyens de luttes

Davantage d’informations Cause, % ...
Causes de mortalité dans le monde en 2023 des enfants de moins de cinq ans[4]
Cause%
Prématurité18%
Infections respiratoires aiguës14%
Asphyxie périnatale12%
Déshydratation due à la diarrhée9%
Paludisme9%
Anomalies congénitales 8%
Traumatismes5%
Sepsis3%
Tuberculose3%
Rougeole 2%
Méningite 2%
Autres 14%
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À quelques exceptions près, la mortalité infantile est beaucoup plus importante dans les pays en développement que dans les pays développés. Cela s'explique par les conditions sanitaires lors de la grossesse et de l'accouchement, mais aussi par le manque de soins aux nouveau-nés.

Au Burkina Faso, une étude publiée dans Santé Publique a révélé que la mutilation génitale féminine, pratiquée sur près de 70 % des femmes, était associée à des complications obstétricales, de dystocie et de césarienne[5]. Ainsi des techniques comme la vaccination, l'administration d'antibiotiques lors d'infections et la réhydratation lors des diarrhées évitent à nombre d'enfants de décéder[6].

Outre l'amélioration des soins, on sait que plus le taux d'éducation des filles est élevé, plus le taux de mortalité infantile est bas[7]. Mais les données historiques et notamment l'exemple européen montrent d'autres aspects très importants pour faire baisser le niveau de mortalité infantile : l'amélioration du niveau de vie (comme la salubrité des logements) et de la nutrition, et la baisse de la fécondité[8]. Ainsi, la lutte pour la baisse de la mortalité infantile ne doit pas se faire sur un plan purement médical, mais également sociétal et économique. La consanguinité accroît le risque de mortalité à la naissance ou précoce[9],[10]. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l'air est responsable de la mort d'environ 600000 enfants par an[11].

Mort subite du nourrisson

Le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN), connu sous le nom de « mort au berceau », est la mort subite et imprévue d'un nourrisson âgé de moins d'un an, en apparence en bonne santé, dont la cause reste inexpliquée malgré une enquête détaillée incluant une autopsie et une analyse de l’histoire et des conditions de vie de l’enfant avant et au moment de son décès[12].

Entre 2015 et 2020, environ 1 700 nourrissons de moins de 1 an sont décédés chaque année au Canada, dont 1 sur 15 (ou 110) pendant le sommeil. Bien que certains décès liés au sommeil soient dus à des causes naturelles telles que les maladies respiratoires et les malformations congénitales, la plupart (83 %) surviennent de manière inattendue et soudaine chez des nourrissons en bonne santé[13].

Bien que la cause exacte du syndrome de la mort subite du nourrisson reste inexpliquée, une hypothèse publiée par le Journal of Neuropathology & Experimental Neurology propose que la SMSN puisse être causée par un déséquilibre de la sérotonine dans le cerveau. Un niveau insuffisant de sérotonine pourrait ainsi entraîner des problèmes respiratoires et cardiaques chez les nourrissons, ce qui pourrait causer leur mort subite. Les chercheuses ont examiné les cerveaux de nourrissons décédés subitement ainsi que ceux de nourrissons décédés de causes diverses, telles que d'infections. Des différences de niveaux de sérotonine dans le tronc cérébral, la région du cerveau contrôlant la respiration et le rythme cardiaque, ont été constatées, soutenant l'hypothèse avancée. Les auteures proposent donc que la détection précoce des niveaux de sérotonine chez les nourrissons puisse aider à prévenir le SMSN. Toutefois, il convient de noter que cette hypothèse n'a pas encore été établie définitivement et nécessite des recherches supplémentaires[14].

Influence du sexe

Au vu des chiffres il semble que les bébés de sexe féminin soient plus résistants[15] ce qui a sans doute joué un rôle dans la pratique de la polygamie, au XIXe siècle il était courant d'habiller les bébés garçons en filles pour des raisons d'hygiène mais aussi, d'après certaines traditions familiales, pour « tromper la mort ».

Évolution

Davantage d’informations Années, Taux ...
Taux de mortalité infantile pour 1 000 naissances historiques (jusqu'en 2010) et prédit (2010–2050)[16]
AnnéesTauxAnnéesTaux
1950–1955452000–20054,2
1955–1960342005–20103,7
1960–1965252010–20153,3
1965–1970202015–20202,8
1970–1975162020–20252,5
1975–1980122025–20302,2
1980–19859,52030–20352,0
1985–199082035–20401,8
1990–19956,82040–20451,6
1995–20004,72045–20501,5
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Au XVIIIe siècle en Europe, un enfant sur quatre meurt avant 1 an et un sur deux seulement arrive à l’âge adulte. La volonté de protéger contre la mortalité infantile les enfants issus de familles pauvres en France, est à l'origine de la création en 1788 de la Société de Charité maternelle, organisme philanthropique patronné par la Reine Marie- Antoinette. Au milieu du XIXe siècle, l'hygiène et les progrès de la médecine réduisent cette mortalité à moins de 200 ‰ dans les pays les plus en avance (150 en Grande-Bretagne, 170 en France)[17].

La Famille de Willem Van den Kerckhoven, peinture de Jan Mytens (1652) est un portrait de famille qui représente en angelots les cinq enfants du couple morts en bas âge.

De 1995 à 2000, le taux de mortalité infantile chute globalement sur tous les continents, mais avec des variations importantes, voire des aggravations locales en Afrique ou (en France de 2012 à 2019)[18], pour des raisons multiples et complexes (crises économiques, guerres, séropositivité au VIH de la mère…) ; le taux de mortalité infantile en Afrique subsaharienne est néanmoins passé de 174 pour mille en 1990 à 121 pour mille en 2010[19]. Certaines augmentations sont comprises, vraisemblablement liées au fait que les nouveau-nés ont un indice de vitalité assez mauvais qui concourent à augmenter le taux de mortalité[8].

De 2000 à 2017, 123 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts dans les pays à bas et moyens revenus. Les taux de mortalité peuvent cependant varier fortement, même entre pays pauvres. Ainsi, en 2017, seuls quatre enfants sur 1 000 mourraient avant cinq ans dans la région de Santa Clara à Cuba, alors ce taux se montait à 195 sur 1 000 dans la région de Garki, au Nigeria. Selon la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, « l’accès aux traitements médicaux n’est que l’un des éléments (…) Les facteurs qui contribuent aux décès sont liés à des maux plus vastes : la pauvreté, la discrimination et l’injustice »[20].

Par pays

Au Canada

En France

Notes et références

Voir aussi

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