Joseph Pleigneur dit Manda, né le et décédé en , est un criminel français.
Apprenti polisseur sans emploi à Paris, Joseph Pleigneur dit Manda s'impose comme chef de la bande des Orteaux après avoir vaincu lors d'un combat à mains nues un Apache du nom de Paulo l'Arrangeur. La bande vit de rackets, cambriolages et proxénétisme[1].
En 1898, à l'âge de 22 ans, il rencontre Amélie Élie dite Casque d'or et devient son souteneur[2]. Quatre ans plus tard, la jeune femme le quitte pour François Leca dit le Corse, le chef de la bande de Popincourt. Jaloux, Manda s'en prend à son rival en le poignardant. Durant les jours qui suivent de véritables batailles rangées se produisent entre les deux bandes apaches[1].
C'est à l'occasion de cette affaire que Le Petit Journal popularise le mot apache pour désigner le membre d'une bande de la pègre parisienne: «Ce sont là des mœurs d'Apaches du far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffé à la chien!» écrit Le Petit Journal le . La presse ne signale pas l'origine ouvrière de Manda et de Leca[3].
Pour fuir la police qui cherche à mettre un terme à ces bagarres entre voyous, Manda s'exile à Londres pendant une semaine, mais est finalement intercepté lors de son retour à Alfortville[réf.nécessaire].
Pendant son procès qui passionne l'opinion publique[4], Manda justifie son geste par l'amour, lançant à ses juges: «Bon sang, mais vous ne savez donc pas ce que c’est que d’aimer une fille»[5].
il est condamné à perpétuité au Bagne de la Guyane française[6]. Il fait partie des bagnards interrogés par Albert Londres pour donner matière à son reportage intitulé Au bagne, paru en 1923[7].
Manda est libéré en 1922 mais sans le droit de retourner en Europe[8], comme les autres anciens bagnards. Il n'est pas intégré à la population guyanaise et en souffre, comme il le dit lui-même: «Quelle existence. Ne toucher la main à personne. Ne pas s'asseoir. On ne vous offre jamais une chaise»[9].
↑ Danielle Donet-Vincent, De soleil et de silences: Histoire des bagnes de Guyane, Paris, La Boutique de l'Histoire, , 551p. (ISBN9782910828264), p.284, 348.
Philippe Collin (dir.), Matricules: Histoire de bagnes et de bagnards: Guyane - Nouvelle Calédonie (1907-1914), Saint-Denis, Orphie, (ISBN979-1029803963).