Né à Chełm, dans l'est de la Pologne (alors dans l'Empire russe) dans une famille juiveashkénaze, après des études, il est enrôlé dans l'armée russe durant la Première Guerre mondiale et pris en captivité par les Allemands. Après la guerre, il reste en Allemagne où il travaille pour des sociétés comme Krupp, Gaggenau et Junkers. En 1920 enregistre ses premiers brevets d'inventions.
Il se marie avec une citoyenne allemande, Ida Konopatzki, avec laquelle il a deux filles: Sonia Meton et Dorothée Wittver.
En 1930, trois ans avant l'arrivée de Hitler au pouvoir, il émigre en France, où il va devenir un grand chef d'industrie.
Repliée dans les Pyrénées en , l'entreprise poursuivit ses activités sous Vichy avec un "administrateur aryen", mais dès l'invasion de la zone libre, en 1942, Szydlowski s'enfuit en Suisse, échappant à la Gestapo grâce à un gendarme venu l’avertir. Quand il revient, en , l'usine est dévastée, les machines ont disparu. Il oriente alors la production vers un domaine négligé, celui des turbines à gaz, idéales pour équiper les petits avions et les hélicoptères. Ce bureau d’étude est constitué d’ingénieurs allemands[4],[5]avec une expertise notable dans ce domaine, «prise de guerre» de la France. Motorisée par ses soins, l'Alouette II pulvérise en 1956 tous les records d'altitude[6].
Passionné de montagne, il baptise ses productions en utilisant des toponymes pyrénéens[7]. En 1946, installé dans la plaine de Nay, il fait de Turbomeca un des fleurons de l’industrie aéronautique française[8].
En 1969, l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE) lui décerne le prix Icare.
Personnalité exceptionnelle, célèbre pour son énergie, son enthousiasme et ses coups de gueule à l'accent polono-yiddish, Szydlowski était très proche et respecté du personnel, aussi à l'aise devant un tour que devant une planche à dessin. "Il ne dirige pas Turbomeca, il est Turbomeca! " disaient les spécialistes. 6
Dans ses dernières années, il établit son siège permanent à Césarée en Israël, où il est mort en 1988.
Joseph Szydlowski (à gauche) avec son frère Aharon (à droite).
↑Dorothea Bohnekamp, «Les ingénieurs allemands dans l’industrie française d’armement entre 1945 et 1950», Revue d'Allemagne et des pays de langue allemande, vol.34, no1, , p.29–44 (DOI10.3406/reval.2002.5678, lire en ligne, consulté le )
↑wainstain claude, «Le fournisseur de l'armée frnçaise», L'Arche,
↑Olivier Bouba-Olga et Michel Grossetti, «Réflexion sur les dimensions géographiques et temporelles des processus territoriaux», Revue d’Économie Régionale & Urbaine, vol.Décmbr, no5, , p.1393 (ISSN0180-7307 et 2107-0865, DOI10.3917/reru.185.1393, lire en ligne, consulté le )