Joël Anglès d’Auriac

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Joël Anglès d’Auriac
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Joël Anglès d’Auriac est un scout français né à Toulon le et exécuté le par le régime nazi, après avoir créé un clan routier clandestin au sein du STO. Il fait partie des cinquante martyrs français de la Seconde Guerre mondiale béatifiés le lors d'une messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Jeunesse

Issu d’une famille de parlementaires dauphinois, Joël Anglès d'Auriac est le fils d’un médecin de la marine Henry Anglès d'Auriac et de Geneviève Le Marec.

Il prononce sa promesse scoute au clan Saint-Martin de Toulon le [1].

Il participe en 1942 au Pèlerinage des Routiers Scouts de France au Puy-en-Velay, créé par le père Paul Doncœur[2].

En , il est requis pour le service du travail obligatoire. Il cède à la troisième convocation.

Routier au STO

Envoyé à Tetschen-sur-Elbe, dans les Sudètes, il est affecté à une usine d’armements[3]. Il se livre à quelques actes de sabotage passif.

Cependant sa résistance sera surtout spirituelle contre la nazification des esprits. Il crée la patrouille Notre-Dame de l’Espérance, un clan routier clandestin[4].

En 1943, le régime nazi accentue la persécution contre les mouvements chrétiens en raison de leur opposition à l’idéologie nazie. Le docteur Krause avait en effet déclaré le  : « Le seul service divin véritable est celui qui a pour but le culte de la nation (…) ». Le [5], les autorités allemandes promulguent un décret qui requiert la recherche de tous les jeunes français engagés dans des activités chrétiennes sur leur lieu de travail et qui interdit toute activité chrétienne organisée au sein du STO[4].

Le , Joël Anglès d’Auriac réunit une dernière fois son équipe. Cependant, des indicateurs à la solde des nazis l’ont dénoncé, il est arrêté le [6].

Son procès et sa mort

Le procès de Joël Anglès d’Auriac est considéré comme particulièrement révélateur des intentions nazies.

L’acte d’accusation énonce que « l’inculpé aurait dû comprendre qu’il participait à une grande entreprise qui concernait le monde entier, qu’il ne participait pas seulement à une usine de guerre allemande, mais à la construction d’un monde nouveau. De sa part, c’est donc contraire à la conscience ». Il est condamné pour haute trahison le et décapité le suivant. Grâce à un prêtre allemand, il peut recevoir la communion avant d’être exécuté[7]. Ce même prêtre allemand a témoigné :

« Il me disait « Je suis tout tranquille ; je peux dire que je me réjouis d’aller à la mort, car je vais à Jésus-Christ. C’est Lui Qui m’a si bien conduit. Je Le remercie de tout mon cœur. Je n’ai qu’un seul souci, c’est celui de ma famille »

 [8].

À ses routiers, il écrit :

« Voici le dernier message de votre ami Joël… Ne soyez pas tristes, je meurs avec le sourire, car le Seigneur est avec moi, et je n’oublie pas qu’un Routier qui ne sait pas mourir n’est bon à rien… Continuez dans la voie que je vous ai tracée. C’est certainement la plus fructueuse et celle qui conduit à la vie la plus belle.Adieu Frères Routiers, ma dernière parole : ne quittez pas le Scoutisme. Adieu »

 [8]

Et à ses parents :

« Ne soyez pas tristes. Soyez certains que j’accepte l’épreuve presque avec joie et je l’offre pour vous tous… Le Seigneur est avec moi et je vais certainement le voir de plus près. Lui seul est la vie réelle ; le secret de la vraie joie… Ma dernière prière : « Vivez avec le Seigneur. Il est la vie. Adieu… »

 [8]

Amédée de Miribel, un de ses camarades et ami, écrivit à son père en 1946 :

« Je garde de Joël le souvenir d’un ami, d’un apôtre même. Il est monté à Dieu en offrant sa vie pour nous… Il nous dépassait tous et rayonnait sur nous. Là commence vraiment son apostolat… Que Joël nous protège puisqu’il est parmi les saints de Dieu ! »

 [8]

Reconnaissance ultérieure

Notes et références

Voir aussi

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