Juan Pereda obtient son diplôme de lieutenant de pilote au Collège de l'aviation militaire. Il poursuit ensuite des études de spécialisation dans les écoles normales de l'aéronautique d'Italie et d'Argentine. Il est commandant du Collège de l'aviation militaire et commandant en chef de l'Armée de l'air. Il agit ensuite à titre de ministre de l'Industrie et du Commerce, puis de ministre de l'Intérieur[2] entre 1974 et 1977 au sein du gouvernement du président Hugo Banzer Suárez arrivé au pouvoir après avoir mené un coup d’État le avec l'aide du régime militaire brésilien et des États-Unis[3]. La dictature instaurée interdisait les partis politiques et avait reçu l'appui des États-Unis en raison de son anticommunisme.
Élections de 1978
Le président Hugo Banzer Suárez convoque fin 1977 des élections générales afin de rétablir l'ordre démocratique dans le pays. Les forces armées comptent y participer et proposent d'abord le général Juan Pereda, le général Juan Lechín Suárez (frère de Juan Lechín Oquendo) et le colonel Alberto Natusch Busch. Les deux derniers ayant décliné l'offre, le champ est libre pour Juan Pereda, qui accepte suivant les volontés des forces armées[2].
Le , un groupe se faisant appeler le Comité d'unité nationale proclame Pereda comme candidat à la présidence de la République. Cette alliance politique de droite favorable à l'armée change peu après de nom pour l'Union nationaliste du peuple[2].
Le , le Tribunal national électoral annonce les résultats des élections générales. Sur 1 971 969 voix, Pereda en obtient 986 140, un nombre de voix jamais obtenu dans l'histoire de la Bolivie et présentant un écart bien trop important avec son adversaire arrivé en deuxième position, Hernán Siles Zuazo, qui en avait obtenu 484 383. La fraude dans le comptage des bulletins est évidente et entraîne un tollé général dans la population et la classe politique. Devant cette situation, Pereda demande lui-même au tribunal électoral d'annuler les résultats des élections[2].
Coup d'État
À la surprise générale, après s'être rendu à Santa Cruz de la Sierra, Pereda se proclame le au matin président élu de la Bolivie et menace de bombarder La Paz si le gouvernement ne lui est pas remis. Ayant déjà décidé de quitter le pouvoir le suivant, Banzer accepte de céder le pouvoir au haut commandement militaire, qui le transfère immédiatement à Pereda. Le coup d'État, sans effusion de sang, permet à Pereda de prendre les rênes du gouvernement à La Paz[4].
Présidence de la République
Juan Pereda occupe donc la présidence pendant un peu plus de trois mois, à l'âge de 47 ans. Ses premières actions sont conciliantes: il ordonne la libération de 140 prisonniers politiques et annonce vouloir restaurer le processus de démocratisation qu’il venait lui-même de perturber. Durant sa courte présidence, les droits humains et la liberté d'association sont respectés, un décret instaurant la sécurité sociale pour les travailleurs ruraux est promulgué, mais jamais appliqué, et l'autoroute La Paz-El Alto est inaugurée[5].
En , Pereda est renversé par le général David Padilla, sans y opposer de force militaire. Depuis lors, il s'est retiré de la vie publique.
Affaires judiciaires
En 2010, Juan Pereda Asbún, âgé de 79 ans, est contrôlé avec des substances interdites dans son véhicule, il est également accusé d'atteinte à la pudeur[6]. L’homme est donc conduit à l'Unité des victimes spéciales (Unidad de Víctimas Especiales), mais après avoir procédé à l'enquête, la procureure Francisca Rivero renvoie l’affaire devant la Force spéciale de lutte contre le trafic de drogue (FELCN), faisant suite à la drogue trouvée en sa possession. La coordinatrice du bureau du procureur du département de Santa Cruz, déclare alors qu'il était un toxicomane[7].
1 2 3 4 (es) Alfonso Crespo, Banzer: el destino de un soldado, Buenos Aires, Gráfica Laf., , 368p. (lire en ligne), p.260-263
↑ Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p.67-68
↑ (es) Alfonso Crespo, Banzer: el destino de un soldado, Buenos Aires, Gráfica Laf., , 368p. (lire en ligne), p.263-265
↑ (es) Alfonso Crespo, Banzer: el destino de un soldado, Buenos Aires, Gráfica Laf., , 368p. (lire en ligne), p.266-267