Judith (Livre de Judith)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Judith décapitant Holopherne, entre 1611 et 1612,
musée de Capodimonte, Naples
| Conjoint |
Manasseh (d) |
|---|
Judith est un personnage biblique, héroïne du peuple juif. Son nom dérive de l'hébreu (יְהוּדִית "loué" ou "juif", Yəhudit), et est la forme féminine du nom de « Judas ».
Les exploits de Judith sont relatés dans le livre éponyme qui fait partie des textes deutérocanoniques, c'est-à-dire exclus du canon de la religion juive (et donc considérés comme apocryphes par les Églises protestantes), mais acceptés comme canoniques par les Églises catholique et orthodoxe.
Dante Alighieri la mentionne dans les âmes bénies du chant XXXII du Paradis, avec Sarah et Rebecca.
Le livre dit que Judith, une jolie veuve juive, a libéré la ville de Béthulie qui était assiégée par les Assyriens du roi Nabuchodonosor. Alors que les anciens de la cité souhaitent livrer Béthulie si le Dieu d'Israël n'intervient pas, Judith décide d'agir. Accompagnée de sa servante, elle se pare de ses plus beaux atours et se rend dans le camp de Holopherne, le général des Assyriens. Subjugué par sa beauté, il l'invite à son banquet puis dans sa tente ; le voyant ivre, Judith fait appel à Dieu pour qu'il lui donne la force d'agir, et coupe la tête du général avec une épée. Elle retourne ensuite à Béthulie, avec sa servante qui transporte la tête coupée. La vue de la tête de l'ennemi redonne du courage aux Judéens, qui mettent en fuite les Assyriens, pris de panique sans leur chef.
L'historicité de ce personnage biblique est très douteuse, de même que la description historique des événements donnée par le même Livre de Judith qui — selon les exégètes de l'École biblique et archéologique française (les éditeurs de la Bible de Jérusalem), en accord avec d'autres érudits chrétiens[1] — « se caractérise par une indifférence totale envers l'histoire et la géographie »[2]. Par exemple, Holopherne est un nom d'origine perse[Nota 1] et Nabuchodonosor, qui aurait régné à Ninive sur les Assyriens , régna en réalité entre 605-562 av. J.-C. sur les Babyloniens et à son époque Ninive avait déjà été détruite (en 612 av. J.-C.) par son père Nabopolassar. De plus, le retour de l'exil babylonien — qui n'aura lieu que sous Cyrus le Grand en 538 av. JC. — est décrit comme ayant déjà eu lieu[Nota 2]. Même la ville de Betulia — au centre du récit — malgré les détails topographiques et bien qu'elle soit présentée comme une ville en position stratégique pour contrôler l'accès à la Judée, est inexistante[Nota 3] et le trajet effectué par l'armée d'Holopherne est un « "défi" à la géographie » de la région, qui était évidemment inconnue de l'auteur du texte[3].
Dans l'art
Le personnage de Judith est récurrent dans l'iconographie à partir du Moyen Âge, comme une héroïne féminine qui triomphe de l'arrogance de l'envahisseur par la séduction et la violence.
- Cycle de Judith, quatorze enluminures tirées du manuscrit des Histoires tirées de l'Ancien Testament, réalisé de manière anonyme en 1350 à Saint-Quentin. Le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale de France sous la cote ms. Fr. 1753. Il s'agit du plus grand cycle du Livre de Judith réalisé dans un manuscrit français du XIVe siècle[4].
- Cycle de Judith, quatre enluminures tirées du manuscrit de la Bible historiale n°10 B 23 (folio 264v-268v), réalisées par Hennequin de Bruges en 1372. Manuscrit conservé à La Haye au musée Meermanno.
- Judith et Holopherne, sculpture en bronze de Donatello, 1452-1453, conservée à Florence, Palazzo Vecchio.
- Le Retour de Judith à Béthulie, tableau de Sandro Botticelli, vers 1472, conservé à Florence, galerie des Offices.
- Judith tenant la tête d'Holopherne, peinture d'Andrea Mantegna, 1495, conservée à Washington, National Gallery of Art.
- Judith avec la tête d'Holopherne, tableau d'Andrea Mantegna, 1495, conservé à Dublin, National Gallery of Ireland.
- Judith avec la tête d'Holopherne, tableau d'Andrea Mantegna, 1495-1500, conservé à Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal.
- Judith, tableau de Giorgione, vers 1504, conservé à Saint-Pétersbourg, Ermitage.
- Justice ou Judith, fresque du Titien, vers 1508, conservée à Venise, Ca' d'Oro.
- Judith et Holopherne, fresque de Michelangelo Buonarroti, 1508, sur la voûte de la chapelle Sixtine.
- Judith et sa servante avec la tête d'Holopherne, tableau du Corrège, vers 1510, Strasbourg, musée des Beaux-Arts.
- Judith avec la tête d'Holopherne, tableau d'Hans Baldung, 1525, Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum.
- Judith peinte par Palma il Vecchio, 1525-1528, Florence, galerie des Offices.
- Judith avec la tête d'Holopherne, peinture de Lavinia Fontana, 1590-1595, conservée à Niepołomice.
- Judith avec la tête d'Holopherne, peinture de Lavinia Fontana, vers 1595-1600, conservée à Bologne.
- Judith et Holopherne, peinture du Caravage, 1599, conservée à Rome, Galerie nationale d'art ancien du palais Barberini (Palazzo Barberini).
- Judith avec la tête d'Holopherne, peinture de Cristofano Allori, vers 1612, conservée à Florence, Galerie Palatine.
- Judith décapitant Holopherne, peinture d'Artemisia Gentileschi, 1612-1613, conservée à Naples, Musée de Capodimonte.
- Judith avec la tête d'Holopherne, peinture de Pierre Paul Rubens, vers 1616-1618, conservée à Brunswick, Musée Herzog Anton Ulrich.
- Judith et sa servante, peinture d'Artemisia Gentileschi, 1618-1619, conservée à Florence, Galerie Palatine.
- Judith décapitant Holopherne, tableau d'Artemisia Gentileschi, vers 1620, conservé à Florence, galerie des Offices.
- Judith et Holopherne, peinture de Valentin de Boulogne, 1624, conservée au MUŻA, La Valette.
- Judith et sa servante avec la tête d'Holopherne, peinture d'Artemisia Gentileschi, vers 1623-1625, conservée à Detroit, Institute of Arts.
- Portrait de femme en Judith, tableau d'Agostino Carracci, 1590-1595, conservé dans une collection privée.
- Triomphe de Judith, fresque de Luca Giordano, 1703-1704, conservée à Naples, Certosa di San Martino, Chapelle du Trésor.
- Judith et Holopherne, tableau de Gustav Klimt, 1901, conservé à Vienne, Österreichische Galerie Belvedere.