Elle est la fille de l'écrivain Léon Cladel (1835-1892).
Judith Cladel (au premier rang, à droite), membre du jury du grand prix Flaubert de littérature en 1923 chez Marcelle Tinayre (au centre).
Née à Paris, Judith Cladel fut membre du jury du prix Femina de 1916 à 1958[2].
Elle entre en littérature très jeune, poussée par son père, le romancier Léon Cladel et par sa mère, la musicienne Julia Mullem, sœur du journaliste Louis Mullem. Sa sœur Esther Cladel, épouse de Jean Rolin, directeur de la bibliothèque du ministère de la Justice, est la mère de la romancière Dominique Rolin. Son premier écrit notable est la pièce Le Volant montée au théâtre de l'Œuvre en 1895. Elle tient la chronique théâtrale pour L'Humanité nouvelle de 1898-1899[3] et pour La Fronde (journal) de 1897-1898.
Un temps, elle se met en couple avec le militant socialiste belge Edmond Picard, un ami proche de son père, et de quarante ans son aîné[4],[5]. Judith Cladel veille tout au long de sa vie à entretenir la mémoire de son père: elle est l'auteur de deux ouvrages biographiques sur Léon Cladel.
Elle est aussi la biographe d'Auguste Rodin: Rodin, sa vie glorieuse, sa vie inconnue (1936) fit autorité pendant un demi-siècle. En 1916, elle joue un rôle clé dans la fondation du musée Rodin[6].
↑[PDF] «Une Académie de femmes?» par Margot Irvine, in M. Irvine (dir.), Les réseaux des femmes de lettres au XIXe siècle, @nalyses, printemps-été 2008 - sur le site de l'université d'Ottawa.
↑Marie-Pier Tardif, Ni ménagères, ni courtisanes: les femmes de lettres dans la presse anarchiste française (1885-1905), These de doctorat, 2021, https://www.theses.fr/2021LYSE2036
↑Paul Aron et Cécile Vanderpelen-Diagre, Edmond Picard: un bourgeois socialiste belge à la fin du dix-neuvième siècle, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 2013.
↑Fabrice Van de Kerckhove (éd.), Edmond Picard - Léon Cladel. Lettres de France et de Belgique (1881-1889), Bruxelles, Archives et musée de la littérature, 2009, pages 318-322.
↑(en) Ruth Butler, Rodin: The Shape of Genius, New Haven, Yale University Press, 1993, p. 465.
Paul Aron et Cécile Vanderpelen-Diagre, «Notre grande aînée»: Dominique Rolin et Judith Cladel», Francofonia: Studi e ricerche sulle letterature di lingua francese, no. 68, Primavera, 2015, p. 15-37.
Margot Irvine, «Une génération de transition: Judith Cladel, femme de lettres (1873-1958)», in Passées sous silence. Onze femmes écrivains à relire, Patrick Bergeron (dir.), Paris, Presses Universitaires de Valenciennes, 2015, p. 59-74.