Jules Dupin

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Jules Dupin
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Jules Dupin, né le à Feurs dans la Loire et mort pour la France à l'assaut du Lingekopf dans le département du Haut-Rhin le , est un poète français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.

Jules Valentin Régis Dupin, né le [1] à Feurs, est le fils de Louis Dupin (1864-1951), député de la Loire et de Julie Thérèse Valentine Cadel (1866-1948)[2].

Il suit sa scolarité au petit séminaire de Montbrison où habitent ses parents jusqu'en classe de troisième, puis devient pensionnaire au collège Sainte-Marie à Saint-Chamond. C'est en 1905, en classe de seconde qu'il prend l'habitude de porter sur lui de petits carnets sur lesquels il note ses pensées et écrit des poèmes[1],[3].

Bachelier en , il part préparer une licence de droit qu'il abandonne pour une licence ès lettres à la faculté des lettres de Lyon[4]. À partir de 1910 il poursuit ses études en vue du diplôme d'études supérieures, avec un mémoire sur les œuvres poétiques et dramatiques de Germaine de Staël. En , il vient à Paris préparer l'agrégation de lettres[1], mais abandonne cet objectif pour préparer un doctorat ès lettres[5] sur la poésie des vieilles cathédrales[6].

Il crée à Paris la revue de poésie Intimités qui parait mensuellement à partir du [7],[8] et compte plusieurs jeunes poètes foréziens parmi ses collaborateurs[9]. Dans son carnet, il écrit : « Si j'avais eu, dans le temps, lorsque je commençais à faire des vers, un petit journal comme Intimités à qui envoyer des poèmes et quelqu'un pour m'encourager et me corriger, j'aurais été bien content »[10],[11]. À la même époque, il commence à écrire des articles dans la Revue Montalembert, rencontre les écrivains Robert Valléry-Radot et François Mauriac, et l'historien Georges Goyau[12]. Le , il devient novice au Tiers Ordre de Marie[13]. En , il rencontre l'écrivain René Bazin pour lui présenter Intimités et reçoit en avril une lettre élogieuse du poète Francis James qui compare la « revue à un rayon de soleil parmi les lilas »[14].

Il part faire son service militaire au 30e bataillon de chasseurs à pied à Grenoble en [6],[15]. Il est toujours sous les drapeaux, en manœuvres à Barcelonnette, lors de la mobilisation, et part dans les Vosges avec le 30e bataillon de chasseurs alpins comme caporal-fourrier en [1]. Son bataillon prend part à de nombreux combats meurtriers, il est à Plainfaing quand il écrit à ses parents le  : « Que d'horreurs ! que de deuils ! que d'anxiété. J 'ai pris part à quatre combats. Les balles, les obus ont sifflé près de moi. Voilà quinze jours passés, je vis encore, je ne sais comment »[16].

Il est nommé sergent-fourrier le , dans les tranchées du col du Bonhomme[1], et écrit à sa famille le  : « Aujourd'hui notre compagnie cantonne à Plainfaing pour se reposer, car elle est absolument éreintée d'avoir couché depuis plus de deux mois dans des tranchées. Moi, je suis agent de liaison auprès du commandant du 30e. Je porte les ordres à la 6e compagnie. Je suis sergent-fourrier, mon travail m'expose moins aux balles ennemies, mais je ne suis pas exempt des obus et j'en ai reçu une quantité si grande au col du Bonhomme, que je suis étonné de vivre encore […] Ah! combien de morts j'ai enterrés moi-même ! Que de blessures atroces j'ai vues ! Que de râles j'ai entendus ! aussi bien allemands que français. J'ai couché à côté de morts froids, à côté de cadavres qui puaient ! Que de croix j'ai faites pour mes camarades et mes ennemis ! […] Maintenant je puis voir toute cette horreur sans trembler et je passe devant un cadavre sans tourner la tête. C'est une habitude et c'est hideux. Pauvres amis morts ! Pauvres camarades blessés qui soupiraient à fendre l'âme !... et je pense, moi aussi, pauvre délaissé, qu'un jour je mourrai seul au coin d'un bois, que je crierai en vain des noms aimés et que personne ne viendra. Ce que j'ai vu ! C'est innommable. La guerre ! la guerre ! aurais-je jamais cru que c'était cela ! Ah ! non certes et beaucoup sont comme moi »[17].

Son bataillon est dans les tranchées de la Tête de Faux quand il est nommé sergent-major et chef d'une section en [6],[15]. Début , il écrit l'hymne de la 6e compagnie du bataillon dans Le Diable au cor, journal du front des chasseurs alpins[18] et passe sous-lieutenant le [19].

Le , en fin journée, sa compagnie attaque les lignes ennemies au combat du Linge. Jules Dupin est tué d'une balle dans la tête pendant le combat[1],[20],[21]. Sa citation à l'ordre de l'armée en précise les circonstances : « sous-lieutenant (réserve) à la 6e compagnie du 30e bataillon de chasseurs alpins : a été tué à la tête de sa section, sur les tranchées mêmes de l'ennemi, où il avait brillamment entraîné sa troupe »[22].

D'abord inhumé à proximité dans un petit cimetière militaire, son corps est transféré dans la tombe familiale du cimetière de Montbrison après la fin de la guerre[23].

Œuvres principales

  • Intimités, Paris, (lire en ligne)
  • Le Journal de Maine de Biran, 1912
  • Albert de la Ferronnays, 1912
  • Les Ascensions du cœur, poèmes, Grasset, Paris, 1913
  • Journal 1905-1915, posthume, Montbrison, 1917

Distinctions

Hommages

Bibliographie

Références

Liens externes

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