Jules Maciet
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| Jules Maciet | |
| Biographie | |
|---|---|
| Nom de naissance | Jules Maciet |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Ancien 11e arrondissement de Paris |
| Date de décès | (à 64 ans) |
| Lieu de décès | 9e arrondissement de Paris |
| Nationalité | française |
| Profession | philanthrope, mécène, conservateur, vice-président de l'Union centrale des arts décoratifs |
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Jules Maciet, né le à Paris et mort le à Paris, est un collectionneur, conservateur de la bibliothèque des arts décoratifs, président de la commission de l'Union centrale des arts décoratifs et fondateur de la « collection Maciet ». Il est aussi un donateur du musée des Arts décoratifs et des musées parisiens.
Jeunesse et éducation artistique
Jules Maciet naît le à Paris. Son père, Charles Jules Maciet, est originaire de Provins et vit de manière fortunée grâce à son activité de rentier[1]. Durant son enfance, Jules Maciet vit entre Château-Thierry et l'appartement parisien de sa famille. Sa biographie est assez peu documentée, on sait qu'après avoir renoncé à des études de droit, il voue sa vie entière et ses revenus issus d'une solide fortune bourgeoise à sa passion de la collection[2].
Il étudie au lycée Louis le Grand. Durant cette période, il visite les monuments du 1er arrondissement, notamment le Louvre à l’âge de 12 ans puis passe les deux années suivantes à l’étudier en profondeur.
À ses 15 ans, il se passionne pour l’art du tapis, de la tapisserie, des enluminures, des miniatures persanes, puis des céramiques. Lors de ses recherches, il visite le Musée Carnavalet, le Musée du Luxembourg, la Bibliothèque nationale et les Arts et métiers avant de s’intéresser aux marchands d’antiquité de Paris et à la salle des ventes de Drouot[2].
À 18 ans, il acquiert les premières pièces de sa collection : de la porcelaine et des gravures. Il note ces pièces dans un carnet d’achat. Il travaille ensuite quelques mois auprès du commissaire-priseur Maître Pillet puis chez le marchand Durand-Ruel. Il voyage en Italie, en Hollande, en Allemagne et en Angleterre d’où il ramène de multiples livres et photographies[2].
Il s’engage dans la garde mobile de Paris lors de la guerre de 1870, et participe aux batailles de Champigny, du plateau d’Avon et de la Ville-Evrard.
Engagement pour la culture et constitution de sa collection

Jules Maciet commence à se constituer une collection à 23 ans avec l’acquisition d’une aquarelle de Géricault, un croquis de Raffet et un portrait de Carle Vanloo.
Tout au long de sa vie, il achète gravures, céramiques, mobiliers et tapisseries, y compris des collections hors du goût de l’époque comme l’art du XVIIIe siècle. Suite à ces achats, il fait don d'une grande partie des objets acquis à divers musées : Louvre, musée Carnavalet, Musée des Arts décoratifs, Bibliothèque national, Arts et métiers, Musée de Saint-Quentin…
Il fait partie de l’association des Amis du Louvre dont il devient président peu avant sa mort[1]. De plus, il participe à la Commission d’achat de ce même musée. Au total, il achète 2329 objets pour le MAD et plus de 1500 pour le Louvre entre 1880 et 1910. L’une de ses acquisitions les plus significatives est l’achat du portrait d’Anne de Beaujeu par Jean Hey en lors de la vente La Béraudière. Il fait, par la suite, don de ce chef-d'oeuvre au Louvre en car le musée conservait déjà le second panneau du diptyque[2].
Maciet est également nommé membre du Conseil des musées nationaux en 1910.
Fin de vie
Jules Maciet décède subitement à l'âge de 64 ans le des suites du diabète[2]. Il est alors vice-président de l'Union centrale des Arts Décoratifs et nouvellement nommé président de la société des amis du Louvre[3].
Dans son testament, il lègue un ensemble de 30 000 ouvrages à la ville de Château-Thierry, aujourd'hui conservés à la bibliothèque municipale.
Chronologie succincte
- : naissance de Jules Maciet à Paris.
- : Jules Maciet s'engage dans la garde mobile de Paris.
- : Jules Maciet devient membre titulaire de la Société historique et archéologique de Château-Thierry.
- -: période intensive d'accroissement de la collection. 500 oeuvres achetées pour le Musée des Arts Décoratifs.
- : création de l'Union Centrale des Arts Décoratifs.
- : Jules Maciet achète le portrait d'Anne de Beaujeu du Maître de Moulins.
- - : Jules Maciet est président de la commission du Musée des Arts Décoratifs.
- : Jules Maciet fait partie du jury des récompenses à l'exposition universelle et participe à la réalisation du pavillon de l'UCAD.
- : Jules Maciet participe à La Française, organe du conseil national des femmes françaises.
- : Jules Maciet est nommé membre du Conseil des musées nationaux.
- : décès de Jules Maciet.
Engagement pour le Musée des Arts Décoratifs de Paris (MAD)
L'intérêt de Jules Maciet pour le Musée des Arts Décoratifs

Le Musée des Arts décoratifs a profité des legs de Jules Maciet pour enrichir ses collections. Durant toute sa carrière de collectionneur, il achète 2329 objets qu'il donne au Musée des Arts Décoratifs dont plus de 500 entre et , parmi lesquels des céramiques persanes, des tapis d’Orient et des tapisseries gothiques. Il est nommé membre de la Commission des Arts décoratifs en [4], avant d’en devenir président[2].
Au titre de président de la Commission du musée des Arts Décoratifs, il participe en aux négociations de concession de l'aile du Pavillon de Marsan au Louvre, puis aux travaux et à l'aménagement du pavillon avant son inauguration le [5].
En il participe à l'organisation, avec Louis Metman et Raymond Koechlin du pavillon des arts décoratifs à l'exposition universelle.[6] Pour l'occasion, il commande deux oeuvres à Edmond François Aman-Jean (La confidence, 1898, Musée des Arts décoratifs, inv. 11942 ; L’attente, 1898, Musée des Arts décoratifs, inv. 11943) afin d'orner Le Salon du Bois du pavillon de l'Union Centrale des Arts Décoratifs. Lors de ce même événement, il est également membre du jury des récompenses pour le Groupe XII : Décoration et mobilier des édifices publics et des habitations concernant la Classe 72 dédiée aux céramiques[7]. Il participe également à l’organisation d’expositions temporaires comme l'exposition des arts musulmans au musée des arts décoratifs en 1903[6].
L'implication de Jules Maciet dans la bibliothèque des Arts décoratifs
Jules Maciet joue un rôle très important dans l’histoire de la bibliothèque des Arts décoratifs, il y est engagé dès 1887 et y travaille durant tout le restant de sa vie. La bibliothèque est créée en 1864 par l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, le projet de bibliothèque s'inscrit dans un large programme destiné à «entretenir en France la culture des arts qui poursuivent la réalisation du beau dans l’utile»[8]. L'article 2 des statuts de l'Union centrale détaille les conditions de cette ambitions : l'inauguration d'un musée, la réalisation de cours spéciaux ayant rapport à l'art appliqué, l'organisation de concours et d'expositions... Le deuxième tiret de cet article cite la création de la bibliothèque : « Une bibliothèque d'art ancien et moderne, où le travailleur sera, au besoin, aidé dans ses recherches. »[8] À l’origine, la bibliothèque a donc un objectif éducatif : aider les artisans et les fabricants à améliorer la qualité et le goût de leurs productions, Jules Maciet va participer à l'enrichissement de ses collections et de son caractère éducatif.
La constitution des albums Maciet au sein de la bibliothèque des Arts décoratifs.
En , Jules Maciet découvre la bibliothèque des arts décoratifs située dans un appartement de la place des Vosges. Lors de ses visites, il remarque un manque d’images dans les ouvrages[2].
En , Alfred de Champeaux, alors conservateur de la bibliothèque de l’Union centrale des Arts décoratifs, décide de constituer une collection de gravures et de photographies de provenances variées, tirés d'ouvrages, de revues, permettant l'étude comparative d'objets de tous les temps et de toutes les civilisations. Il souhaite fournir des sources d'inspirations et d'informations pour les artistes et chercheurs qui fréquentent la bibliothèque. Pour cela, il demande à Jules Maciet de l'aider dans la collecte de ce fond, ce dernier étant alors membre du conseil d’administration et donateur de l’Union centrale[9].

Jules Maciet est à l'initiative de la réalisation d'albums qui regroupent et organisent cette collection. Jusqu’à sa mort en , il trie et regroupe dans ces albums des centaines de milliers d'éléments formant une encyclopédie iconographique, aussi bien originaux que reproductions : figures et planches extraites d'ouvrages imprimés, gravures, dessins, aquarelles, plans, photographies et cartes postales. On compte 4729 albums[10] classés par genre et époque selon des thématiques spécifiques : éléments de mobiliers, puis d’architecture et de ferronnerie et enfin de mode[2]. Les éléments iconographiques sont fixés sur des feuillets semi-mobiles, disposés de façon à confronter sur la même page, une multitude de pièces de même typologie issues de contextes et d'origines extrêmement variés[11].
Maciet donne une majorité de sa propre collection d'art graphique à l'UCAD afin d'enrichir le fond conservé dans la bibliothèque du musée des Arts Décoratifs, ce qui représente 500 mètres linéaires de rayonnages. Certains ouvrages particulièrement fragiles ont été numérisés et sont aujourd’hui non consultables pour des raisons de conservation[12].
Bien qu'il ait réalisé une grande partie des achats grâce à ses fonds personnels, certaines acquisitons ont également été réalisées grâce aux dons qu'il sut susciter auprès d'artistes, de collectionneurs, d'archéologues, ainsi que des membres de l'Union des Arts décoratifs[11]. Le cercle proche de Jules Maciet contribue aussi à l'enrichissement des albums. Son cousin Aman-Jean, le conservateur du musée Louis Metman, et Raymond Koechlin, vice président de l'UCAD vont notamment alimenter la collection réunies par Jules Maciet en donnant divers documents dès . Les présidents de l'Union centrale des arts décoratifs vont aussi participer à cette collecte : Georges Berger fait par exemple don d'une collection d'invitations modernes et François Carnot offre une collection d'étiquettes de parfums et de savons réalisés pour le Tsar de Russie[6]. Les lecteurs de la bibliothèque participent aussi à l'enrichissement des albums, des érudits et chercheurs vont donner des pièces. Henri Rivière donne un calendrier de l'année 1903 de la série "beau Pays de Bretagne" et l'historien de l'art Gaston Brière, donne à son tour une série de calendriers[6].
Les dons de Jules Maciet auprès d'institutions publiques françaises
Les dons aux institutions publiques
Jules Maciet est cité comme "un homme qui eut la passion de se couper en petits morceaux pour les musées".[13]Il disperse sa collection de son vivant auprès d'institutions publiques à Paris et en région. Une large partie de sa collection est dispersée entre le musée du Louvre, le musée des arts décoratifs, mais aussi au Musée des Beaux-arts de Dijon, de Lille, de Rouen...
Exemples de dons de Jules Maciet au bénéfice d’institutions publiques
- Dons de Jules Maciet au Musée du Louvre
- Dons de Jules Maciet au Musée des Arts Décoratifs
- Dons de Jules Maciet au Musée Carnavalet
- Dons de Jules Maciet au Palais des Beaux-Arts de Lille
- Dons de Jules Maciet au Musée des Beaux-Arts de Rouen
- Dons de Jules Maciet au Musée des Beaux-Arts de Dijon
Liste non exhaustive des institutions ayant bénéficié de ses dons
- Musée de l'Armée
- Musée Carnavalet
- Musée du Louvre
- Musée du Luxembourg
- Musée de la tapisserie d’Aubusson
- Musée d’Art et d’histoire Romain Rolland de Clamecy
- Musée des Beaux Arts de Dijon
- Musée Baron-Martin de Gray
- Palais des Beaux-Arts de Lille
- Musée des Beaux-Arts de Limoges
- Musée des Beaux-Arts d’Orléans
- Musée Alfred-Danicourt de Péronne
- Musée des Beaux-Arts de Rouen
- Musée de Sens
