Edmond Aman-Jean
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Edmond Aman-Jean, pseudonyme d'Amand Edmond Jean et signant ses œuvres Aman Jean[1],[2], né à Chevry-Cossigny le et mort le à Paris 5e, est un peintre, graveur et critique d'art français.
Amand Edmond Jean naît à Chevry-Cossigny le [3], fils d’Edmond Joseph Jean, industriel chaufournier, et de Céline Élisabeth Leblanc. Il adoptera plus tard le pseudonyme d'Aman-Jean.
Edmond Aman-Jean est l'élève d'Henri Lehmann[N 1] à l'École des beaux-arts de Paris, ainsi que le condisciple de Georges Seurat[4], avec lequel il partage un atelier[N 2]. Il se lie aussi avec les peintres symbolistes Alphonse Osbert et Alexandre Séon.
Il obtient en 1886 une bourse de voyage et part en Italie pour étudier les primitifs italiens avec Henri Martin et Ernest Laurent, ce qui renforce son goût pour les anciens et pour le décor. Avec Seurat, il travaille comme assistant à la réalisation du Le Bois sacré cher aux arts et aux muses de Puvis de Chavannes (1884, musée des Beaux-Arts de Lyon[5]), dont on retrouve notamment l'influence dans sa Sainte Geneviève devant Paris (1885, musée des Beaux-Arts de Brest[6]), acquise par le collectionneur parisien Simon Hayem[N 3].
Proche des milieux littéraires symbolistes, il exécute un Portrait de Paul Verlaine[7], œuvre peinte en hiver à l'époque où le poète y soignait sa syphilis, témoignage de l'amitié qui lie les deux hommes depuis leur rencontre jusqu'à la mort du poète en 1896. Verlaine dédiera un sonnet à l'artiste pour le portrait qu'il a aimé, et séjournera les années suivantes chez le couple[8]. Il est l'un des premiers à répondre favorablement à Joséphin Peladan, auquel il écrivit en 1892 : « Vous êtes le seul en France à pouvoir parler Esthétique et Art[réf. nécessaire] ». Il expose aux deux premiers Salons de la Rose-Croix esthétique.
Edmond Aman-Jean épouse en à Paris Thadée Jacquet[N 4],[9], fille d'un préfet de l'Empire, elle-même peintre, qu'il représenta dans plusieurs de ses tableaux, tout comme leurs deux enfants François Aman-Jean et Céline Aman-Jean.
En , il rejoint la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs fondée par Gabriel Mourey[10]. Albert Besnard le fait nommer chevalier de la Légion d'honneur en 1900 et il est promu au grade de commandeur du même ordre en 1933[11],[12].

Il fait partie du jury de la Palette française salon d'expositions en 1927 à Paris boulevard Malesherbes.
Edmond Aman-Jean meurt à son domicile le dans le 5e arrondissement de Paris[13],[14]. Il repose au cimetière de Château-Thierry.
- Portraits d'Edmond Aman-Jean
- Edmond Aman-Jean, Autoportrait, localisation inconnue.
- Georges Seurat, Edmond Aman-Jean (1882-1883), crayon Conté, New York, Metropolitan Museum of Art[15].
Distinctions
Œuvre
Dans les années 1900, sans en faire partie, il est proche du groupe de jeunes peintres de la Bande noire[N 5].
Ayant partagé un net intérêt avec Georges Seurat et Alexandre Séon pour les théories chromatiques et le divisionnisme, il pratique toutefois au début de sa carrière un synthétisme aux couleurs sourdes. Son goût pour la fresque et la tapisserie, auxquelles on compare souvent ses œuvres de cette période, l'incline à peindre sans modelé, alliant des à-plats aux teintes subtiles à des motifs décoratifs.
Son inspiration s'attarde sur des figures de femmes rêveuses, aux attitudes délicates. En 1896, Gustave Geffroy évoquait ses figures languissamment peintes dans des colorations effacées, ravivées par un détail, une fleur au corsage ou à la chevelure, des yeux trop translucides, enchâssés comme des pierres précieuses[16].



