Jules Ogier
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François Jules Ogier[1], né le 9 mai 1853 à Paris et mort le 30 septembre 1913 également à Paris est un scientifique, un chimiste et un expert en toxicologie français. Il fut directeur du laboratoire de Toxicologie de la Préfecture de Police de Paris pendant trente ans, de 1883 à sa mort en 1913.
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(à 60 ans) 7e arrondissement de Paris |
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Il eut à présenter des rapports judiciaires concernant la mort d'Émile Zola, du Baron de Reinach, de Gabriel Syveton ou encore dans le meurtre d'Augustin-Frédéric Lamarre par Carrara, et fut aussi chargé de la direction des expertises sur les viscères des victimes de Jeanne Weber, dite l'ogresse.
Par ses travaux en tant que membre du Comité consultatif d'hygiène publique de France, il contribua grandement aux acheminements en eau et à leur purification, de la plupart des grandes villes de France.
Jules Ogier fut considéré à son époque comme le père de la chimie toxicologique moderne.
Biographie
Famille
Jules Ogier est né le lundi à 21 h 45 à l’Hôtel de Retz au 9 rue Charlot à Paris dans le Marais. Il est le fils de Jean Jules Ogier (1819-1903), négociant commissionnaire qui, selon les légendes familiales, aurait fait fortune dans le commerce de plumes d’autruches, destinées à habiller les danseuses du Casino et des Folies Bergère de Paris, et de Marguerite Mathilde Goy (1831-1879). Les Ogier trouvent leurs origines en Suisse dans le canton de Genève et en France en région Rhône-Alpes. Les Goy quant à eux sont originaires de France, dans l’Eure en Normandie[réf. souhaitée].
Ses parents, protestants, se sont mariés civilement le 20 mars 1851 à la mairie de l’ancien 5e arrondissement de Paris, qui correspond à l’actuel 3e arrondissement de Paris. Leur acte de mariage a brûlé en 1871 pendant la Commune lors de l’incendie de l’Hôtel de Ville mais fut reconstitué en 1872 suite à la loi du 12 février 1872 qui a permis de reconstituer près de trois millions d’actes d’état civil parisiens sur les huit millions qui ont disparu. Leur mariage religieux eut lieu au temple protestant de l’Oratoire du Louvre, le 22 mars 1851.
Jules avait une sœur aînée, Marguerite Mathilde Ogier (1852-1936). Elle est née le 7 février 1852 et fut baptisée en la paroisse Saint-Jean-Saint-François le 29 février suivant. Elle épousera en 1876, Paul Louis Maurice Laugier (1842-1915), médecin, issu d’une famille de scientifiques, fils de Stanislas Laugier (1799-1872) chirurgien réputé.
Il se marie à Paris (Paris 8e) le 16 juillet 1881 avec Jeanne Louise Adèle Renouard (1858-1936), fille aînée d’Alfred Augustin Renouard (1822-1883), négociant et fondateur de la Compagnie des Salins du Midi, et d’Eugénie Joséphine Marguerite Desmarest (1834-1918). Elle est également la petite-fille d’Augustin Charles Renouard (1794-1878), juriste et homme politique ainsi que l'arrière-petite-fille d'Antoine-Augustin Renouard (1765-1853), éditeur libraire et de Pierre-Simon Girard (1765-1836), ingénieur des Ponts-et-Chaussées qui dirigea la construction du canal de l’Ourcq. Ils se sont très probablement connus par l'intermédiaire de du beau-frère de Jules et d'Alfred Richet (1816-1891), célèbre chirurgien, qui est l'oncle paternel de Jeanne Renouard. Les témoins sont François Goy ; Emile Montigny (1831-1920), professeur au Lycée Henri-IV, respectivement oncle et professeur de Jules Ogier, puis Alfred Richet ; et Eugène Desmarest (1836-1898), Sous-gouverneur de la Banque de France, tous deux oncles de Jeanne Renouard.
Jules et Jeanne Ogier ont une fille, Madeleine qui nait le 17 avril 1882 et qui épousera en 1906 le musicologue Jules Écorcheville, qui mourra au combat pendant la Première Guerre mondiale en 1915 à Perthes-lès-Hurlus.
Formation
Très jeune, il développa un gout pour la science et en particulier pour la chimie. Il effectue de brillantes études au lycée Charlemagne puis entra au Laboratoire du Muséum que le célèbre chimiste Edmond Frémy (1814-1894) avait ouvert pour les jeunes garçons intéressés par les études en chimie. A cette époque, la France avait besoin de chimistes pour son industrie et ce fut alors une chance pour Jules Ogier d’apprendre la chimie expérimentale. Il devient bachelier ès lettres en 1870, bachelier ès sciences en 1872, puis licencié ès sciences en 1873.

En 1874, Jules est préparateur de chimie à l’école de pharmacie de Paris, ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être dispensé de son service militaire en tant que membre de l’Instruction publique. La même année, il sera peint par le peintre sexagénaire Marie Jules Quantin (1810-1884), probablement dans les Alpes. Le hasard aura peut-être fait que le peintre de Jules Ogier porte le même prénom que lui, mais avant tout il s’agissait d’un ami de son père. Jules Quantin était également protestant, s’étant marié, lui aussi, au temple de l’Oratoire du Louvre, cinq ans plus tard, le 28 octobre 1856 avec Ernestine Clotilde Aphrodise Schwind. D’ailleurs Jules Ogier père, sera témoin mentionné comme « ami du défunt » dans l’acte de décès du dit peintre, mort à Paris (XIe) le 6 février 1884.
En 1874, Alfred Riche (1829-1908), alors professeur de chimie à l'École supérieure de pharmacie de Paris, prit Jules Ogier comme préparateur de chimie pour ses cours. Marcellin Berthelot (1827-1907), excellent chimiste, ayant également remarqué l'habileté et la précision de Jules Ogier dans ses démonstrations scientifiques, le prit sous son aile en tant que préparateur de la chaire de chimie organique au Collège de France à partir de 1875 et jusqu’en 1882. Jules Ogier parlera souvent de son maître avec affection comme un "homme génial" et avec qui il partagea ses travaux, à l'époque où il était pleinement dans sa période active de production scientifique. Jules Ogier a été très peiné lors du décès de son maître en 1907, qui décéda d’une crise cardiaque en apprenant le décès de sa femme, tente minutes avant lui. Sur cette période de nombreux travaux ont été publiés en thermochimie par Jules Ogier, seul, ou en collaboration avec Berthelot. Parmi ceux-ci[2] :
- Sur un nouveau sulfate de potasse*
- Formation de l'acide iodeux par l'action de l'ozone sur l'iode
- Action de l'ozone sur l'iode
- Formation de l'acide thermique, de l'hydrogène phosphoré et de l'hydrogène arsénié
- Liquéfaction de l'hydrogène silicié
- Sur la formation thermique de l'hydrogène silicié
- Recherches thermiques sur l'éther silicique
- Sur les combinaisons de l'hydrogène silicié avec les hydracides, et sur leurs chaleurs de formation
- Sur un nouvel hydrure de silicium
- Recherches sur l'isomérie : la benzine et le dipropargyle (en commun avec M. Berthelot)
- Sur les bromures et les iodures de phosphore
- Recherches sur les éthers formiques (en commun avec M. Berthelot)
- Sur la chaleur de formation du diallyle, de l'aldéhyde et des corps chlorés (en commun avec M. Berthelot)
- Sur les bromures et iodures de soufre
- Recherches thermiques sur les oxychlorures de soufre
- Sur la densité de vapeur du chlorure de pyrosulfuryle
- Sur un nouvel oxychlorure de soufre.
Carrière
En 1880, il devient Docteur ès-sciences physiques après une thèse remarquable "Sur la combinaison de l’hydrogène phosphoré avec l’acide chlorhydrique" où il prédit, à partir de données purement thermiques la formation de chlorhydrate d’hydrogène phosphoré gazeux, qu’il vérifia et prouva expérimentalement. Après sa thèse soutenue le 26 mai 1881, il est nommé officier d'académie et dispense ses enseignements sur "les actions chimiques de l'effluve électrique" au Collège de France, à l'École Normale d'instituteurs de Sèvres et à l’Association philotechnique de Puteaux.

En 1883, Jules Ogier est recommandé par son beau-frère Maurice Laugier, à Paul Brouardel (1837-1906), célèbre médecin spécialiste en médecine légale. Ce dernier avait été missionné en Autriche et en Allemagne en 1878 pour étudier les différents équipements et pratiques dans le domaine médico-légal afin de proposer de nouveaux aménagements pour la mise en place d’installations nouvelles en France. Il cherchait alors un chimiste pour diriger le laboratoire de toxicologie de la Préfecture de Police de Paris, fraîchement mis en service depuis juillet 1883 sur l’île de la Cité en face de la Cathédrale Notre-Dame. Jules accepte et devient par la même occasion chimiste expert près la Cour d’Appel de la Seine.
Il continue toujours de publier des mémoires en thermochimie dans les annales de Chimie et de Physique avec Marcellin Berthelot, dont :
- Sur la chaleur spécifique du gaz hypoazotique
- Sur la chaleur spécifique de l'acide acétique gazeux
Dans ses premières années à la tête du Laboratoire de Toxicologie, Jules Ogier enrichit ses connaissances sur la chimie toxicologique et enrichit également la Science par de nouvelles publications qui ont fait autorité pendant des décennies. En 1885, il publie dans le tome IV de l’analyse chimique de l’Encyclopédie Chimique son « Analyse des gaz ». Cet ouvrage rassemblait selon lui « les méthodes qui permettent de reconnaître la nature d’un gaz ou d’un mélange gazeux et d’en faire le dosage ; mais aussi les méthodes et les appareils à l’aide desquels on peut préparer les gaz, les conserver, les transvaser, leur faire subir en un mot les diverses manipulations usuelles ». Il termine son introduction par un hommage à M. Berthelot en disant « Qu’il me soit permis en terminant de déclarer ici que c’est à mon séjour dans le laboratoire de M. Berthelot que je dois les quelques connaissances que je puis avoir sur l’analyse des gaz. Les méthodes, les appareils, les tableaux d’analyse, les procédés spéciaux et les tours de main exposés dans la première moitié de cet ouvrage, sont pour la plupart empruntés soit aux mémoires de M. Berthelot, soit aux leçons professées par cet illustre maître, au Collège de France ».
Depuis 1887, Ogier était également auditeur au Conseil Supérieur d’Hygiène de France, dont il deviendra membre en 1890. Il avait à cœur de travailler pour la chose publique et lui a rendu de grands services en matière d’Hygiène. Il a rédigé de nombreux rapports allant de la règlementation de la coloration des jouets d’enfants et de la coloration artificielle des vins, de l’emploi de la saccharine ou de la digestibilité des légumes reverdis ; à des enquêtes sur des cas de fièvre typhoïde et de choléra à Caen, Étampes, Cette, Carcassonne, Alais etc[3].
Dans les années 1890-1900, il est également chargé de missions diverses concernant l’alimentation en eau potable de plus de vingt-cinq villes de France (Bordeaux, Toulouse, Caen, Dijon, Biarritz, Quimper, Fontainebleau, Vichy, Commercy, etc.), ainsi que de la purification des eaux potables, de l’assainissement de la Seine et de l’épandage des eaux d’égout de Paris, et de l’assainissement des cimetières, et plus encore.
En août 1891, il part en voyage d’affaires en Angleterre pour un congrès d’Hygiène à Londres où quelques jours plus tard, il tient un discours et écrit dans son carnet le matin du 14 août : « C’est le matin que je perpétue ma petite lecture à la IXème section, hygiène d’État. Je ne sais pas si ça les amuse ; en tous cas, je n’ai pas été long ». En quittant White Chapel, il fait aussi allusion au fameux Jack l'Éventreur qui tua de nombreuses femmes deux ans plus tôt en disant « las de voir les endroits où l’on a trouvé des femmes assassinées, nous quittons la société pour prendre le tramway puis le métropolitain ».
Entre 1890 et 1900, il publie encore de nombreux mémoires, sur l’intoxication par le sulfocyanure de mercure, le chlorure de baryum, et par l’oxyde de carbone ; mais aussi sur l’étude de la combustion criminelle des cadavres ; sur l’épidémie d’intoxication saturnine causée par des farines ; sur l’influence des ptomaïnes dans la recherche toxicologique des alcaloïdes végétaux et la résistance de la colchicine à la putréfaction.
En collaboration avec Brouardel, il publie en 1891 « Documents sur les travaux du laboratoire de toxicologie » qui récapitule les nombreux aménagements qui ont été fait depuis la création du laboratoire en 1883, ainsi que des statistiques et toutes les techniques physico-chimique et chimico-légales qui y sont employées pour déterminer les causes de la mort d’individus. Cela servait, en quelque sorte, à justifier l’existence et l’importance du laboratoire[4].
C’est à la même période qu'Ogier et Brouardel publient un rapport sur l’assainissement des cimetières. Ils ont exhumé de nombreux cadavres, inhumés sous certaines conditions et ont comparé les différentes évolutions des corps.
D’ailleurs en 1892, une affaire retentissante mène le toxicologue à étudier la cause de la mort du Baron Jacques de Reinach (1840-1892), un banquier dont la disparition a franchement mené au scandale de Panama. Jules Ogier est commissionné par le juge Franqueville pour identifier les causes de la mort dudit Baron. Il part alors à Nivillers le 10 décembre 1892 pour assister à l’exhumation du corps de Reinach et ainsi procéder à l’identification du corps un peu défraichi, un mois après son inhumation. Pendant des semaines, Ogier, Brouardel et leurs collègues scrutent les moindres détails sur le défunt à la recherche de traces de violence ou de piqûre ; observent scrupuleusement ses organes et les broient pour y retrouver et analyser des traces infimes de poisons qui auraient éventuellement précipité le Baron dans sa tombe. Pendant un mois l’enquête empêcha les Français de dormir mais également toute la Préfecture de police de Paris. L’affaire prenait une telle ampleur que les journalistes affluaient au Laboratoire de Toxicologie pour essayer de soutirer au chimiste quelques réponses pour faire la une des journaux. À cela, Jules Ogier écrivît à l’adresse des journalistes : « M. Ogier est complètement aphone. Signé : J. Ogier ». Bien évidemment, cela ne suffisait pas et les journalistes tentaient d’observer par les fins carreaux du laboratoire les experts en action, alors Ogier colla des papiers opaques sur chaque vitre afin de s’isoler de toute l’agitation politique qui régnait dehors. Les résultats de l’enquête n’ont pas permis de mettre en évidence une quelconque intoxication du Baron de Reinach, ni de déterminer avec certitude les causes exactes de sa mort. Son cœur avait cependant atteint un état de dégénérescence graisseuse qui aurait pu causer une syncope, mais rien ne leur permettait d’affirmer cela.
Une autre affaire en 1897 anima les sujets de conversations de l’époque : l’affaire Carrara. Elle concerne le meurtre d’Augustin-Frédéric Lamarre, un garçon de recettes qui est assassiné par Xavier-Ange Carrara, producteur de champignons. L’homme, endetté, tue le vieil homme pour lui dérober l’argent qu’il portait et l’incinère lentement dans un brasero de fortune. Jules Ogier sera chargé de prélever la terre de la champignonnière dudit Carrara, où il aurait répandu les cendres du malheureux sexagénaire, afin de l’analyser à la recherche de restes humains. Il retrouvera dans les cendres des restes métalliques de la sacoche de Lamarre, ainsi que sa montre. La femme du meurtrier avouera également tout le stratagème, et Carrara sera guillotiné le 25 juin 1898, tandis que sa femme sera emprisonnée dans plusieurs prisons successives.

Grâce à ses années d’expertise en toxicologie, Ogier mettra au point un dispositif très ingénieux qui portera plus tard son nom : le dispositif ou la méthode d’Ogier. Le principe repose sur la destruction de matières organique (viscères, et autres organes) afin d’en extraire les poisons métalliques. Il existait déjà de nombreuses méthodes similaires pour la destruction de matières organiques avec le chlorate de potassium et l’acide chlorhydrique, mais Jules Ogier en a considérablement réduit le nombre de manipulations, en utilisant un strict minimum de quantité de produits nécessaires, puisque le réactif (gaz chloré) est formé in situ, et permet de détruire la masse organique directement dans le ballon. Cela a aussi pour avantage de diminuer le temps de l’opération, là où avec d’autres méthodes, de grandes quantités de réactifs sont nécessaires pour des réactions qui sont très longues.
Ce dispositif sera toujours utilisé dans les années 1930 au laboratoire par son élève Emile Kohn-Abrest (1880-1975) pour résoudre quelques affaires les plus connues de l’époque.
Désormais expert en chimie toxicologique, il publie en 1899 un ouvrage unanimement reconnu dans son domaine, le Traité de Chimie Toxicologique. Il y résume les observations qu’il a pu faire depuis presque vingt ans, et espère en tout humilité que le lecteur n’y trouvera « que peu d’erreurs », mais rappelle qu’il n’y a guère de méthodes employées en toxicologie qu’il n’a pas étudié de près personnellement. Cet ouvrage sera une référence à travers le monde, aussi bien en France, qu’en Europe, ou même aux États-Unis et dans d’autres continents.
Le 14 août 1900, il est récompensé pour ses travaux et est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. Très humblement, Jules choisit de se faire décorer deux mois plus tard à Ablon, par quelqu’un qui le connaissait depuis ses débuts au Lycée Charlemagne, son professeur Emile Montigny, qui était déjà présent lors de son mariage et qui avait alors près de soixante-dix ans.
Le 29 septembre 1902, Émile Zola est retrouvé mort à son domicile. Il est mort asphyxié à la suite d’émanations de monoxyde de carbone provenant de sa cheminée. Jules Ogier est une fois encore commissionné pour cette nouvelle enquête, non pas aussi retentissante pour l’époque que celle du Baron de Reinach, mais qui mérite tout de même d’être citée. La disparition de l’écrivain a été très controversée et plusieurs hypothèses ont été avancées : suicide, accident, intoxication alimentaire, meurtre, etc. Jules Ogier et d’autres experts tentent de reproduire les conditions qui ont mené l’écrivain à sa perte mais leurs expériences n’apportent pas de résultats probants, et le juge penchera en faveur de la thèse d'un accident en janvier 1903.
La santé de Jules Ogier commence à décliner petit à petit. Il souffre d'une affection cardiaque et d'un très fort surpoids.
En 1906, il publie, en collaboration avec le géologue Louis de Launay (1960-1938) ; le spéléologue Édouard-Alfred Martel (1859-1938) et le chimiste Edmond Bonjean (1866-1942), un ouvrage d’utilité publique sur l’eau potable dans le Traité d’Hygiène : « Le Sol et l’eau ».

En 1908, les amis et collaborateurs de Jules Ogier organisent une fête pour saluer les vingt-cinq années de travail du chimiste au Laboratoire de Toxicologie de la Préfecture de Police de Paris. Cette grande cérémonie a lieu le 25 novembre 1908, là où le savant chimiste fit ses débuts trente-trois ans plus tôt, au Collège de France avec M. Berthelot. Le gratin de la communauté scientifique de l’époque est là. Le chimiste Armand Gautier (1837-1920) ; le collaborateur de Louis Pasteur : Émile Roux (1853-1933) ; le préfet de Police de Paris, Louis Lépine ; le médecin Léon-Henri Thoinot (1858-1915) ; le médecin Frédéric Bordas ; son professeur Emile Montigny ; Emile Kohn-Abrest, son élève préparateur ; et plus d’une cinquantaine de personnes du même cercle. Ils se sont cotisés pour lui offrir une somptueuse huile sur toile assez imposante, peinte par Ludovic Alleaume, le représentant devant ses cornues, et plus précisément, devant son dispositif mentionné précédemment mais qui ne portait pas encore son nom. Des lithographies ont été remises à chacun des souscripteurs.
Jules Ogier continue de mener des enquêtes dont il aura la charge avec la même rigueur pendant cinq ans et décède probablement d’une crise cardiaque le 30 septembre 1913 à la Cité Vaneau, après une longue maladie qui affaiblissait son cœur de jour en jour, à l’âge de soixante ans.
Ses funérailles ont lieu le 2 octobre à l’église Saint-François-Xavier, et il sera enterré avec sa famille au cimetière du Père-Lachaise.
Il était considéré à son époque comme le père de la chimie toxicologique moderne, et avec Brouardel, comme les précurseurs de la médecine légale. Son élève et préparateur depuis 1903, Emile Kohn-Abrest, continua dans les pas de son maître les travaux et les méthodes employées avec lui. Il augmentera d’une deuxième édition son « Traité de chimie Toxicologique » qu’il publiera en 1924, et dirigera le Laboratoire de Chimie Toxicologique dès 1913 et probablement jusque dans les années 1950.
Pour honorer la mémoire de cet homme qui rendu de grands services à la France, et sur la proposition d’Emile Deslandres, le Conseil municipal de Paris décida de donner le nom de Jules Ogier à l’une des rues de Paris. Cette décision n’a pas donné suite, sa femme n’ayant pas souhaité en poursuivre les démarches.
