Jules Thurmann

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Décès
Surnom
Fou des pierresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Jules Thurmann
Fonctions
Président
Société jurassienne d'émulation
-
Xavier Kohler (d)
Député suisse
District de Porrentruy
-
Directeur
-
Député suisse
District de Porrentruy
-
Professeur de mathématiques (d)
à partir de
Député au Grand Conseil du canton de Berne
Biographie
Naissance
Décès
Surnom
Fou des pierresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Louis Georges Ignace Thurmann
Mère
Marie-Thérèse Raspieler
Autres informations
Membre de
Abréviation en botanique
Thurm.Voir et modifier les données sur Wikidata

Jules Thurmann, né le à Neuf-Brisach (Haut-Rhin, France) et mort le à Porrentruy (Suisse), est un géologue et botaniste suisse, principalement connu pour ses travaux sur la géologie du massif du Jura, notamment pour avoir établi les lois régissant le plissement et la structure du massif jurassien, ainsi que pour être l'un des pionniers de la phytosociologie.

Enfance et études

Jules Thurmann est né le dans le village de Neuf-Brisach, en Alsace. Il est le fils de Louis Georges Ignace Thurmann (1776-1806), capitaine du génie ayant participé à l'expédition d'Égypte[1],[2], qu'il perd à l'âge de 15 mois et de Marie-Thérèse Raspieler[2] qui élève son fils dans sa ville natale de Porrentruy, en Suisse, à la suite du décès de son mari[3]. Durant les quinze premières années de sa vie, Jules est éduqué par sa mère qui lui enseigne, le latin, le grec ancien, la géographie, l'histoire et la rhétorique[3],[4]. Il entre ensuite au collège de Porrentruy, où il reste pendant deux ans, puis part vivre à Strasbourg durant quatre ans, où il passe un baccalauréat en lettres. Il poursuit des études de droit et de mathématiques dans cette même ville entre 1820 et 1824. Il entre ensuite à l'école royale des mines de Paris[2].

Parcours dans l'enseignement

Après ses études, il revient à Porrentruy au printemps 1828[2] où il devient bourgeois, et obtient le grade d'officier dans le génie fédéral suisse. Dans un premier temps, il travaille avec le géomètre Antoine-Joseph Buchwalder (1792-1883), à Delémont, puis part à Constance pour y apprendre l'allemand[5] ; il y séjourne durant 18 mois[4]. Il revient à Porrentruy en 1830 où il dirige les cours destinés à l'instruction des instituteurs. Les tendances libérales de ses cours lui valent de nombreuses attaques très virulentes de la part des catholiques conservateurs[5].

Durant cette période de troubles dont il a pris une part active à la formation du parti libéral jurassien (PLJ) en 1831, Jules Thurmann compose le texte français de la Chanson des Pétignats[6]. Il rédige son traité des Principes de pédagogie qui est publié en 1842.

En 1832, il est nommé professeur de mathématiques et de sciences naturelles au collège de la ville[5]. En 1835, à la suite d'études menées par une commission d'examen des régents du Jura (dont Jules faisait partie) et à la reconnaissance du manque d'instruction dans les campagnes, il est décidé de la fondation d'une école normale à Porrentruy. C'est Jules Thurmann qui fonde cette école en 1837 et en devient le premier directeur jusqu'en 1843, bien qu'ayant démissionné de ce poste en 1840 pour des raisons de santé[7].

Études géologiques

Jules commence à étudier la géologie à son retour à Porrentruy en 1830. Il s'intéresse particulièrement à la géologie du massif jurassien, à laquelle il consacre une grande partie de son temps. Il fonde pour cela un cabinet de géologie et de minéralogie à Porrentruy. Sa passion pour la géologie lui vaut le surnom de « fou des pierres »[5]. Il découvre les lois fondamentales expliquant le plissement du massif jurassien et son érosion qu'il exprime dans son Essai sur les soulèvements jurassiques[8], publié entre 1832 et 1836 qui le rend internationalement célèbre. Par cette renommée, il préside en 1838 le premier congrès de la Société géologique de France qui se déroule à Porrentruy en l'honneur du géologue[9]. En 1845, il rencontre le jeune géologue Jules Marcou (1824-1898), âgé de 21 ans et l'invite en Suisse pour lui faire partager ses travaux[10]. Jules Thurmann le met en relation avec le naturaliste Louis Agassiz (1807-1873)[10]. À la fin des années 1840, il rencontre Charles Contejean (1824-1907) qui devient autant son ami que disciple[11]. En 1853, il publie un Résumé des lois orographiques générales du système des Monts-Jura où il décrit l'agencement du relief des montagnes du Jura. Il émet notamment peu avant son décès l'hypothèse que l'orogenèse jurassienne serait due à des actions latérales. Ses découvertes fondamentales lui ont valu d'être qualifié de « père de la géologie jurassique »[12].

Études botaniques

S'intéressant également à la botanique, Jules Thurmann rédige trois ouvrages majeurs : Système de géographie botanique, publié en 1847[réf. nécessaire][n 1]. ; Énumération des plantes vasculaires du district de Porrentruy, publié en 1848 et Essai de Phytostatique appliqué à la chaîne du Jura et aux contrées voisines, publié en 1849. Dans ce dernier, il met en évidence les relations entre la flore et le sol, faisant de lui l'un des pionniers de la phytosociologie. Il aménage de manière définitive le jardin botanique de Porrentruy dans les années 1830, et préside en 1853 le congrès de la Société helvétique des sciences naturelles, établie à Porrentruy[13].

Homme politique

Jules fonde en 1832 la Société de statistique des districts du Jura. Intéressé par la politique, il devint deux fois député du Grand Conseil bernois, de 1837 à 1839 et de 1844 à 1845[5]. Il est aussi l'un des cofondateurs de la Société jurassienne d'émulation, dont il deviendra le président jusqu'à sa mort en 1855[14].

Décès

Buste de Jules Thurmann au Jardin botanique de Porrentruy.

Jules Thurmann meurt le à l'âge de 50 ans, à Porrentruy, des suites du choléra.

Publications

Ouvrages
En collaboration

Honneur

Notes et références

Voir aussi

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