«Sa voix n'était pas grande, son registre n'était pas large. Elle n'a jamais chanté à l'opéra; les gestes dramatiques frappants n'étaient pas sa ligne. Ce en quoi elle excelle, ce sont les vertus de la chanteuse plutôt que celles de l'actrice vocale: legato soutenu, contrôle remarquable de la respiration, couleur subtile, soin impeccable des mots... mais le «chanteuse pour connaisseur» ne signifie pas que seuls les connaisseurs peuvent l'apprécier; on devient connaisseur en l'écoutant.»
—Michael Oliver
Julia Culp est née dans une famille de musiciens et de comédiens juifs. Elle est la fille du joueur de contrebasse Baruch Culp et sa femme Sara Cohen. À l'âge de sept ans, elle commence à pratiquer le violon, et à 11 ans fait sa première représentation publique de violon. Sa première représentation en tant que chanteuse est le . Durant l'été 1896, elle quitte Groningen pour Amsterdam, où elle étudie au conservatoire de renom, avec l'ancienne cantatrice Cornélie van Zanten(en).
Peu après avoir terminé ses études en 1900, la carrière de Julia Culp a pris son envol. Elle est découverte par l'Américain d'origine allemande, le chef d'orchestre Wilhelm Berger, qui l’emmène à Berlin pour chanter à la salle de concert Bechstein en 1901. Elle étudie à Berlin avec Etelka Gerster qui est convaincue de la qualité de sa voix.
«Douée d'une voix admirable dont l'étendue, le timbre, l'homogénéité étonnent, Mme Julia Culp fait preuve d'une science du chant trop rare aujourd'hui- Schubert, Schumann et Brahms lui permirent de montrer aussi une profondeur de sentiment à laquelle le public ne put demeurer insensible. Bis et acclamations consacrèrent définitivement, à Paris, la personnalité fort connue en Allemagne, en Hollande et en Angleterre de Mme Julia Culp.»
«Ce qui caractérise le talent de Mme Julia Culp, c'est une étude approfondie du texte, soutenue par une voix d'une parfaite pureté et une science impeccable du chant. Chaque mélodie est marquée de nuances délicates, et les intentions, d'une charmante finesse, sont réalisées avec une sûreté et une grâce incomparables. Mme Julia Culp est de ces artistes qui, en de courts instants et dans les limites restreintes d'un lied, apportent à l'auditeur des satisfactions d'art plus élevées que bien des cantatrices de théâtre.»
En 1913, elle fait ses débuts américains au Carnegie Hall de New York. Aux États-Unis, elle devient rapidement connue comme «The Dutch Nightingale (le rossignol hollandais)».
Julia Culp fait quelque 90 enregistrements sonores, entre 1906 et 1926. Aux États-Unis, elle fait 41 enregistrements pour le label Victor dans les années 1914-17 et en 1924. En , elle fait son seul enregistrement électrique, à Berlin[4].
Elle épouse Erich Merten le et ils s'installent à Zehlendorff près de Berlin. Cependant, leur mariage échoue et ils divorcent en 1918. Dans l'intervalle, elle rencontre un industriel tchèque Wilhelm Ginzkey (1856 - 1934); ils se marient le . À l'époque, elle se convertit du judaïsme au catholicisme. Julia est restée mariée à Ginzkey jusqu'à sa mort en 1934. Elle termine sa carrière de chanteuse et s'installe à Vienne où elle est nommée professeure de chant à la Staatsacademie en 1937.
Dans l'intervalle, les Nazis ont pris le pouvoir en Allemagne. Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, l'Anschluss, en 1938, Julia Culp fuit vers les Pays-Bas, avec sa sœur Betsy, à Amsterdam. Quand les Nazis envahissent et occupent les Pays-Bas en 1940, Julia Culp une fois de plus se retrouve en danger. Elle et sa sœur entrent dans la clandestinité et réussissent à survivre à la guerre. Elles retournent dans leur appartement sur la place Daniël Willinkplein à Amsterdam, où Julia reste jusqu'à sa mort, à l'âge de 90 ans.
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé «Julia Culp» (voir la liste des auteurs).