Julia Manzanal Pérez
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Julia Manzanal Pérez (Madrid, - ), aussi surnommée Comisario Chico (Petit Commissaire ou Commissaire Garçon), est une activiste républicaine, militante du Parti communiste d'Espagne (PCE). Elle est la première femme qui, au début de la Guerre civile espagnole, a occupé le poste de commissaire politique, dans le bataillon de la Commune de Madrid, connu comme le Cinquième régiment[1].
Julia Manzanal Pérez est née dans une famille ouvrière très nombreuse. Elle a étudié au collège Lluis Vives. À onze ans elle conciliait déjà ses études avec le travail, en montant et en vendant des caisses de carton. Deux ans après elle a trouvé du travail au Standard Électrique, et c'est là qu'elle travaillait lorsqu'à été proclamée la Seconde République.
En 1934, à dix-neuf ans, elle adhère à l'Union générale des travailleurs (UGT) en soutenant les grévistes de la Telefónica. Elle se manifeste pour demander la liberté des prisonniers politiques. Renvoyée de Standard Électrique, elle commence à travailler comme cigaretière, et finit par diriger une équipe de vingt-quatre personnes.
En 1936 elle fait campagne pour le Front populaire et, le jour même jour où éclate la guerre civile, elle adhère au PCE et intègre le combat[2]. Douée de grands talents de meneuse, elle apprend à manipuler le fusil et le revolver et devient formatrice des volontaires qui vont au front. Le elle est nommée commissaire politique de la 42e Brigade Mixte du Cinquième Régiment qui couvre la défense du Pont de Tolède, de Carabanchel et d'Usera. Elle fraternise avec Enrique Lister et El Campesino et demande à Dolores Ibárruri de venir insuffler du courage à ses hommes. Le arrivent les Brigades internationales et elle se joint à l'état-major du PCE pour écouter la harangue de Vittorio Vidali, connu sous le nom de Comandante Carlos. Plus tard, sur le front de Carabanchel, Julia se marie avec son compagnon Hernán Pérez[3].
La création de l'Armée Populaire de la République absorbe le Cinquième Régiment. Le président Francisco Largo Caballero ordonne que les femmes soient retirées du front. Manzanal ne l'écoute pas et, déguisée en homme et connue seulement sous le surnom de Garçon, elle résiste plusieurs mois de lutte dans les tranchées. Elle passe ensuite à l'arrière et coordonne les cours d'alphabétisation et l'aide aux hôpitaux, occupant le poste de secrétaire des Amis de l'URSS et de Propagande et Agitation.
La défaite du parti républicain déchaîne la répression contre les vaincus. Julia venait d'être mère et est arrêtée. Emprisonnée à la prison pour femmes de Ventas, elle est initialement condamnée à mort, et vit de près l'exécution des Treize Roses. Finalement sa peine est commuée à trente ans de réclusion. Transférée à la prison de Amorabieta, elle subit la perte de sa fille Julita après une longue agonie, faute de nourriture et de soins médicaux[4],[5]. Le périple se poursuit dans les prisons d'Azpeitia, Can Sales à Palma de Majorque, Les Corts de Barcelone, et à nouveau, Amorebieta. Au bout de cinq ans elle recouvre la liberté. Elle revient à Madrid et se marie avec Gonzalo Gil El Chalo, un ancien compagnon d'armes. En 1952 ils déménagent à Carabanchel et Julia renoue le contact avec le PCE et plus tard avec les Commissions ouvrières (CCOO) dans la clandestinité.
En 1975 Franco meurt et Julia, qui est veuve, entame une intense activité politique et vulgarisatrice. Elle participe à des conférences et des rencontres avec des historiens et des journalistes, en relatant ses expériences.
Elle participe à l'organisation de la Fédération de Pensionnaires et Retraités des CC.OO, et fait partie de la première direction de celle-ci, dans l'Union des Anciens combattants[6].
En 1993 elle retrouve Julio San Isidro, un ami d'enfance, ex commissaire du Corps des Ingénieurs, qui devient son nouveau compagnon.
En 2001, à 86 ans, elle parcourt l'Espagne en dénonçant les horreurs perpétrées par la dictature franquiste, et se joint à la plainte déposée pour les disparitions des enfants de femmes détenues[7]. Elle meurt à Madrid, à presque 97 ans. Les militants du PCE lui ont consacré un hommage[8].
Références
- ↑ Justo Calcerrada Bravo, Julia Manzanal "Comisario Chico", Madrid, Fundación Domingo Malagón, (ISBN 84-931830-1-6)
- ↑ (es) Ángeles Egido León, Ricard Vinyes Ribas, Ana María Aguado Higón, Vicenta Verdugo, Rodriguez, Francisco, Texeira, Urzáiz et Estragués, Cárceles de mujeres: La prisión femenina en la posguerra, Editorial Sanz Y Torres S.l., (ISBN 978-84-16466-44-3, lire en ligne)
- ↑ Ana Martínez Rus, Milicianas : mujeres combatientes republicanas, (ISBN 978-84-9097-441-4, OCLC 1031383256, lire en ligne)
- ↑ (es) Valls, « Reportaje: Hijos de las cárceles franquistas », El País, Madrid, (ISSN 1134-6582, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Natalia Junquera, Valientes : el relato de las víctimas del franquismo y de los que les sobrevivieron, Primera edición, (ISBN 978-84-03-10147-0, OCLC 836777273, lire en ligne)
- ↑ (es) Francisco Javier Moreno Díaz, « Fallece Julia Manzanal, comisario político del 5º Regimiento | Mundo Obrero » (consulté le )
- ↑ « Els casos de nens robats són segrestos que es mantenen », sur Diari de Girona (consulté le )
- ↑ « Fiesta PCE 2012 · Homenaje a Julia Manzanal y Trinidad Gallego » [archive du 6 de octubre de 2019] (consulté le )