Julia Peterkin
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Orangeburg dans l'Etat de Caroline du Sud.
Julia Mood Peterkin est une romancière et nouvelliste américaine née le dans le Comté de Laurens dans l'État de la Caroline du Sud et morte le à Orangeburg dans l'Etat de Caroline du Sud. Auteure de plusieurs romans et nouvelles dont le cadre est celui des plantations du Sud des États-Unis, s'intéressant en particulier aux Gullahs, population afro-américaine des îles et plaines côtières de Caroline du Sud et de la Géorgie, elle est l'un des rares auteurs blancs à avoir écrit sur l'expérience vécue par les Afro-Américains.
Elle a remporté le prix Pulitzer en 1929, pour son roman Scarlet Sister Mary.
Jeunesse et formation
Julia Mood naît le dans le comté de Laurens, en Caroline du Sud, elle est la fille de Julius Andrew Mood, un médecin de campagne et de Alma Kennedy Archer, épouse Mood. Sa mère meurt des suites de son accouchement en 1883, aussi est-elle élevée par ses grands parents, Henry Mood, un prêtre méthodiste, et sa grand mère Katherine Mood et une nurse Gullah qui lui apprend le dialecte et les traditions de sa communauté d'origine[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7].
En 1894, après ses études secondaires, Julia Mood entre au Converse College (en) de Spartanburg, où elle obtient le Bachelor of Arts en 1896, puis le Master of Arts en 1897. Pendant ses études universitaires, elle a notamment étudier les mathématiques la littérature allemande et la religion comparée[1],[2],[8],[4],[5],[7].
Carrière professionnelle
Fort Motte
En 1898, contre l'avis de son père, elle est recrutée comme enseignante dans la petite ville rurale de Fort Motte (en) dans le comté de Calhoun en Caroline du Sud, à proximité de Columbia. Elle loge dans une pension de famille tenue par Angenora Peterkin la sœur de William George Peterkin son futur mari[1],[2],[4],[5],[7].
Lang Syne Plantation
Julia Mood épouse William Peterkin le ; le couple part vivre dans la plantation de coton de William Peterkin, la Lang Syne Plantation (en), à proximité de la ville de Saint Matthews et de Fort Motte. Ils ont un enfant William Jr. qui a pour nourrice une Gullah, Maum Lavinia Berry. Par ailleurs la naissance d'un second enfant pourrait mettre la sante de Julia Peterkin aussi pendant qu'elle est inconsciente le médecin qui l'accouche en accord avec son époux, la stérilise sans son consentement. Stérilisation qui lui fait détester les rotten doctors (« médecins pourris »), qui devient un des thèmes de ses romans tels que Green Thursday, Black April ou Scarlet Sister Mary[1],[2],[9],[7].
Julia Peterkin gère la plantation familiale, notamment les 400 à 500 Gullahs qui y travaillent. Ces derniers sont des descendants d'esclaves originaires principalement de la Sierra Leone et qui ont conservé bien des mots de leur pays d'origine[2],[8].
Parallèlement, elle adhère à l'organisation des Filles de la révolution américaine (Daughters of the American Revolution ou DAR) et à l'association l'United Daughters of the Confederacy[6].
À partir de 1921, Julia Peterkin doit prendre la gestion de la plantation après son mari à la santé défaillante conséquence d'une péritonite mal prise en charge. Elle doit faire face à plusieurs épreuves successives, une épizootie qui conduit à l'abattage des porcs, puis c'est son contremaitre qui à la suite d'un accident doit être amputé, ses jambes étant rongées par la gangrène[10],[5].
Henry Bellamann et Carl Sandburg

Pour supporter ces épreuves, Julia Peterkin se tourne vers la musique et engage un professeur de piano Henry Bellamann qui enseigne la musique au Chicora College (en) de Columbia. Lors de leurs échanges, Julia Peterkin découvre que Henry Bellamann est aussi un écrivain. Ce dernier est agréablement étonné par ses faculté à raconter les évènements de sa vie et l'encourage à les mettre par écrit[11].
Julia Peterkin lui rétorque qu'elle n'a aucun talent littéraire, et persiste dans sa position. Jusqu'au moment où Carl Sandburg va tout changer, alors qu'il est invité par la Charleston Poetry Society (« Société de poésie de Charleston ») à y prononcer des conférences, il en profite pour rendre visite à son ami Henry Bellamann qui l'invite à rencontrer Julia Peterkin, et là Carl Sandburg lui demande si elle lui permet de lire quelques-uns de ses Récits. Après lecture, il l'encourage pour qu'elle les présente à des maisons d'éditions, ne sachant comment faire, Julia Peterkin lui demande s'il ne connaitrait pas une personne à contacter, sur ses conseils, elle envoie ses manuscrits à H. L. Mencken, celui-ci en sélectionne un qu'il publie dans son magazine The Smart Set mais aussi dans les colonnes du American Mercury et de Poetry[11],[2],[1],[5],[7].
Green Thursday
Carl Sandburg l'engage également à s'approcher d'Emily Tapscott Clark (en) une jeune directrice de publication de Richmond et qui entre autres, fait la promotion de la littérature du Sud. Dès qu'elle lit le courrier de Julia Peterkin elle lui demande de lui envoyer quelques-uns de ses récits, Julia Peterkin lui répond dans une lettre du : I shall be glad to send you something, but my things are crude, really stark plantation sketches. I think you will not want them (« Je serais ravie de vous envoyer quelque chose, mais mes récits sont des esquisses rudimentaires de la vie au sein des plantations et vraiment austères. Je pense que vous n'en verrez pas l'utilité de les publier. »). Dès réception des manuscrits, ils sont feuilletonnés par la revue d'Emily Tapscott Clark The Reviewer à commencer par Green Thursday[1],[2],[4],[12],[7].
La critique est plus que favorable, plusieurs maisons d'édition sollicitent Julia Peterkin comme Harcourt (publisher) (en) et Alfred A. Knopf, finalement c'est la maison d'édition Alfred A. Knopf qui publie Green Thursday le avec un premier tirage de 2 000 exemplaires, puis en regard du succès il connait un nouveau tirage, Green Thursday est vendu à 5 000 exemplaires[13],[4].
Le critique afro-américain W. E. B. Du Bois et Joel Elias Spingarn (en), président de la NAACP, louent la lucidité de Julia Peterkin qui a su passer outre aux préjugés des blanches du sud pour écrire des récits aussi dépouillés, austères et poignants[1],[7].
Le critique littéraire du Chicago Defender, le journal afro-américain le plus prestigieux, écrit "qu'il est impossible de savoir si Julia Peterkin est une blanche ou une noire"[1],[7].
Alan Locke écrit qu'il est dommage que ce soit une femme blanche du Sud qui soit capable avec seulement un ou deux écrivains afro-américains de décrire avec profondeur et perspicacité l'esprit des Gullah[7].
En revanche, les réactions des Blancs de la Caroline du Sud sont négatives, Julia Peterkin et les membres de sa famille deviennent la cible des racistes, les insultes et les menaces diverses pleuvent. L'un d'entre eux va jusqu'à prier afin que Dieu puisse ouvrir les yeux de cette femme afin de lui montrer qu'elle guidée par Satan[14].
Cela dit, les critiques littéraires tels que Henry Seidel Canby (en) du Saturday Review (U.S. magazine) (en), Dora Mulkin de l'International Book Review, Margery Latimer (en) du New York Herald Tribune, Frank H. Pettee du Chicago Evening Post (en), Hunter Stagg du Richmond Times-Dispatch, Laurence Stallings du New York World et Henry Bellamann du Columbia Record (en) font l'éloge de Green Thursday[15].
Black April
En 1927, après le succès de Green Thursday, Julia Peterkin commence à prendre conscience qu'elle a probablement des capacités littéraires, aussi présente-t-elle un nouveau manuscrit à la maison d'édition Bobbs-Merrill Company (en), il s'agit d'un roman exposant la vie d'un contremaitre de plantation d'après sa propre expérience, avec un style puissant, et il n'y a aucun personnage blanc. Le succès est au rendez-vous, les critiques comme ceux de la Saturday Review et du magazine The New Republic saluent son style et confirment Julia Peterkin comme une auteure faisant autorité pour écrire sur les us et coutumes des Afro-Américains en dehors des stéréotypes les décrivant comme "paresseux, somnolents, voleurs avec un amour pour le chant et la danse". Le succès tout comme les critiques l'encouragent à continuer son travail de romancière sur le sujet[1],[2],[4],[5].
Même des critiques et écrivains du Sud tels que Donald Davidson (poet) (en), le rédacteur en chef du Tennessean, Stark Young (en), Julian Harriss (en) se montrent favorables voire enthousiastes envers Julia Peterkin[16].
Scarlet Sister Mary
Julia Peterkin est invitée par son ami Dubose Heyward à passer l'été 1927 à la MacDowell Colony dans le New Hampshire, où elle écrit Scarlet Sister Mary. En 1928, Julia Peterkin présente le manuscrit de Scarlet Sister Mary (en) à la Bobbs-Merrill Company, roman qui dont l'action se déroule parmi les Gullahs, son héroïne est une Gullah, Mary Pinesett, une orpheline qui s'est mariée à 15 ans et scandalise sa communauté et son église à cause de sa vie sexuelle, mais après la mort de son fils unique, elle se repent et est à nouveau acceptée par sa communauté et son église. Ce roman reflète le conflit où Mary est tiraillée entre son désir d'être une fidèle de l'église et celui de vivre sa sexualité en dehors des normes sociales de sa communauté. Scarlet Sister Mary se vend à plus d'un million d'exemplaires entre 1928 et 1929 et remporte en 1929 le Prix Pulitzer du roman devant The Sound and the Fury par William Faulkner et Look Homeward, Angel (en) par Thomas Wolfe. Prix qui la rend célèbre dans l'ensemble des États-Unis. De nombreux libraires des États du sud refusent la présence de Scarlet Sister Mary dans leur rayons et vitrines[1],[2],[4],[5],[17].
Succès qui lui permet d'être membre du conseil éditorial de la Literary Guild of America d'écrire des articles et des récits dans le colonnes du Ladies' Home Journal et du The Saturday Evening Post[18].
Bright Skin
Après le succès de Scarlet Sister Mary, Julia Peterkin attends quatre ans avant de proposer un nouveau roman, Bright Skin qui ne rencontre pas le succès auprès de ses lecteurs, les critiques littéraires se montrent peu favorables, tel John Chamberlain (journalist) (en) du New York Times pour qui les personnages sont décrit sans conviction et de façon superficielle. Cela pourrait marquer la fin de sa carrière de romancière ou tout du moins la ternir[18],[2],[1].
Roll Jordan Roll
En 1933, Julia Peterkin publie un livre contenant des essais et des récits sur la culture afro-américaine Roll Jordan Roll qui n'emporte pas davantage le soutien des critiques tout comme son remaniement paru en 1934, sous le titre de A Plantation Christmas, c'est la fin de sa carrière littéraire. Julia Peterkin s'en retourne à la gestion de sa plantation et sa vie de famille[1],[2],[6].
Fin de vie
Julia Peterkin meurt le à Orangeburg dans l'État de Caroline du Sud, elle repose dans le cimetière de Fort Mott[1],[2],[9].
Héritage
Ses écrits demeurent une source précieuse quant à la description des us et coutumes des Gullah ainsi que de leur dialecte[2],[1].
- En 1998, le département de littérature anglaise et de création littéraire de la Converse University (en) crée le prix Julia-Peterkin pour la poésie, ouvert à tous.
Œuvres
- (en-US) Green Thursday : Short Stories, New York, Etat de New York, A.A. Knop (réimpr. 1927, 1998) (1re éd. 1924), 188 p. (OCLC 3680874)
- (en-US) Black April, Indianapolis, Indiana, University of Georgia (réimpr. 1972, 1998) (1re éd. 1927), 315 p. (ISBN 9780820319537, OCLC 1290269099)
- (en-US) Scarlet Sister Mary, Indianapolis, Indiana, The Bobbs-Merrill Company (réimpr. 1998, 2024) (1re éd. 1928), 345 p. (OCLC 308299), récompensé par le Prix Pulitzer. Adapté au théâtre, la première ayant lieu à Broadway en 1930, avec Ethel Barrymore.
- (en-US) Bright Skin, Indianapolis, Indiana, The Bobbs-Merrill Company (réimpr. 1941, 1998) (1re éd. 1932), 360 p. (OCLC 308295)
- (en-US) Roll, Jordan, Roll (photogr. Doris Ulmann), New York, R. O. Ballou, , 251 p. (OCLC 1325262992),
- (en-US) A Plantation Christmas, Boston, Massachusetts, Houghton Mifflin Company (réimpr. 1972, 1978) (1re éd. 1934), 25 p. (OCLC 2384044)
- (en-US) Collected Short Stories of Julia Peterkin, Columbia, Caroline du Sud, University of South Carolina Press, , 384 p. (ISBN 9780872491847, OCLC 93111)
Récompenses
- 1929 : Prix Pulitzer du roman pour Scarlet Sister Mary[19].