Julian Charrière
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Morges
| Naissance | Morges |
|---|---|
| Nationalité |
Franco-Suisse |
| Activités | |
| Formation |
École cantonale d’art du Valais, Suisse, Universität der Künste Berlin, Berlin Allemagne |
| Représenté par | |
| Distinction |
Kaiserring Stipendium für Junge Kunst, 2016, Prix Mobilière, 2018, GASAG Kunstpreis, 2018 |
| Site web |
Julian Charrière (né en 1987) est un artiste conceptuel franco-suisse établi à Berlin[1]. Il utilise un large éventail de mediums dont la photographie, la performance, la sculpture et la vidéo, il s'intéresse aux paradigmes conceptuels, ses projets sont souvent issus d'une expédition dans des lieux reculés aux identités géophysiques aiguës et mettent en évidence le lien indissociable entre la civilisation humaine et l’environnement[2].
Charrière est né à Morges, en Suisse, d'un père suisse et d'une mère française. Il a étudié l'art à l'École cantonale d'art du Valais en Suisse avant de s'installer à Berlin pour terminer ses études à l'Universität der Künste où il est diplôme en 2013 de l'Institut Of Spatial Experiments d'Olafur Eliasson[3].
Carrière
La pratique de Charrière, axée sur la recherche de Charrière, fusionne l'art, la science et l'anthropologie ; son travail explicite les tensions de notre monde moderne. Inspiré par des artistes du Land Art tels que Robert Smithson ainsi que par des écrivains comme l'auteur JG Ballard, la philosophe Dehlia Hannah ou encore Timothy Morton, son travail contribue à ouvrir le débat au sujet des implications sociales et environnementales relatives aux avancées de notre société[4], développant l’idée d’un monde humain qui questionne son anthropocentrisme, qui se positionne dans un milieu et non un environnement.
Au travers de son œuvre, Charrière expérimente avec des méthodes et matériaux non conventionnels, déployant leur signification symbolique. Le temps est un thème récurrent dans la pratique de l’artiste qui crée des œuvres d'art dont la temporalité leur est propre, tout en commentant leur place et implication dans l’ère temporelle humaine[5]
Intéressé par le concept de fossiles comme marqueurs physiques du temps et plus précisément par les artefacts qui seront laissés derrière, Charrière a conçu une « géo-archéologie du futur »[6]. La physicalité géologique étant la seule forme de documentation des premiers âges de la Terre, l'artiste a réinterprété cette idée pour créer la série Metamorphism, où des déchets électroniques sont fondus avec de la lave artificielle et transformés en roches d'apparence naturelle, ramenant ainsi les appareils technologiques aux matières premières dont ils sont issus[7].
Une grande partie de son travail découle de diverses expéditions à travers le monde, lieux où l’impact de l’homme est visible, comme Semipalatinsk, un ancien site d'essai nucléaire de l'URSS, et son équivalent américain, l'atoll de Bikini dans les îles Marshall. De ces deux voyages ont découlé une série d’images illustrant les vestiges des sites, développées de manière analogue puis exposés à des radiations, donnant à la force invisible de la radioactivité une présence physique sur les images[8],[9] Après la visite de l’atoll de Bikini, Julian Charrière a également co-écrit avec Nadim Samman — As We Used to Float, une publication entre carnet de voyage et essai critique. Décrit comme : "oscillant entre le récit personnel d'un voyage en mer, au-dessus et au-dessous de l'eau, et une enquête critique sur la géographie post-coloniale, As We Used to Float développe des réflexions plus larges sur le lieu et la subjectivité"[10].
Charrière a été lauréat de plusieurs prix prestigieux. Il a reçu le prix Kiefer Hablitzel lors des Swiss Art Awards en 2013 et 2015. En 2016, Charrière a reçu le Kaiserring Stipendium für Junge Kunst, qui a donné lieu à une exposition personnelle au Mönchehaus Museum Goslar en Allemagne[11] En 2018, l'artiste a reçu le Prix Mobilière[12] qui récompense de jeunes artistes abordant des questionnements sociaux et invoquant de nouvelles perspectives collectives avec leurs positions ; ainsi que le GASAG Kunstpreis[13] décerné tous les deux ans à des artistes dont la position se situe à l'intersection de l'art, de la science et de la technologie. En 2021 il était un des quatre finaliste du “Prix Marcel Duchamp”[14].
En 2012, Charrière a collaboré avec l'artiste Julius von Bismarck pour la performance in situ Some Pigeons Are More Equal Than Others lors de la 13e Biennale d'architecture de Venise[15]. Les deux artistes ont continué à travailler ensemble à plusieurs reprises, produisant multiples expositions en tandem.
L'artiste a fait l'objet de l'actualité internationale en , lorsque la police berlinoise est intervenue dans son studio après l'essai de sa nouvelle œuvre intitulée The Purchase of the South Pole commentant la politisation du progrès scientifique et les dangers du changement climatique. Le canon à air comprimé de trois mètres de long, devait initialement tirer une noix de coco de l'atoll de Bikini en direction du Pôle Sud, dans le cadre de la première Biennale de l'Antarctique. En raison de sa saisie, l'œuvre d'art n'a jamais atteint l'Antarctique et reste actuellement sous la garde des autorités allemandes[16].
Dans le cadre de son invitation à la Biennale de l'Antarctique 2017, l'artiste a développé un nouveau corpus d'œuvres à travers lequel il a exploré les régions polaires et leur représentation dans l’imaginaire collectif du XXIe siècle[17], ce qui a donné lieu à son œuvre cinématographique la plus importante à ce jour, Towards No Earthly Pole[18], qui a constitué un point central dans les trois expositions personnelles de l'artiste du même nom (MASI Lugano, 2019[19], Aargauer Kunsthaus, 2020[20], Dallas Museum of Art, 2021[21]). Traversée du cosmos de l'artiste, ces expositions proposent une exploration de l'impact de l'activité humaine sur la nature. Charrière utilise les deux éléments opposés de la glace et du feu pour symboliser le changement et la transformation et le contraste entre eux définit les expositions et les guide à travers elles. Sa curiosité et son intérêt pour l’appréhension de l'environnement le conduisent dans des zones où notre passé, notre présent et notre avenir convergent. Une publication est consacrée à l'œuvre cinématographique Towards No Earthly Pole, enrichie d’essais de philosophes, chercheurs en cinéma et d’historiens de l'art et la contextualise à travers des essais écrits par des universitaires de premier plan dans les disciplines de la philosophie, de la recherche cinématographique et de l'histoire de l'art, dont Francesca Benini[22], Amanda Boetzkes[23], Katherine Brodbeck[24], Dehlia Hannah[25], Scott MacKenzie[26] & Anna Westerstahl Stenport[27], Shane McCorristine[28], Nadim Samman[29] et Katrin Weilenmann[30] ainsi qu'une conversation entre l'artiste et Prof. Dr. Konrad Steffen, professeur de climat et cryosphère à l'ETH Zurich et à l'EPFL[20].
En 2021, Julian Charrière a participé à la Leister Expedition Around North Greenland 2021, une expédition suisse-danoise dont l’objectif était de mener des recherches sur l’impact du changement climatique dans l'Arctique[31]. Au cours de l'expédition, l'équipe a débarqué sur un îlot de 300 mètres de long formé de boue et de terre, qu’ils croyaient être l'île d’Oodaq pour se rendre compte ensuite qu'ils venaient en fait de découvrir l'île la plus septentrionale de la côte Groenlandaise. Charrière, seul artiste invité à participer à l'expédition a photographié la découverte[32],[31].
