Juliana Dal Piva
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ICL Notícias (d) O Globo Universo Online |
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Cláudio Weber Abramo Award for Data Journalism (d) () Troféu Mulher Imprensa () Prix du courage en journalisme () |
Juliana Dal Piva, née en , est une journaliste d'investigation et une écrivaine brésilienne. Elle travaille pour le Centre latino-américain d'enquêtes journalistiques (CLIP) ICL Notícias (pt) et traite surtout des violations des droits de l'homme au Brésil. Son livre O negócio do Jair – a história proibida do clã Bolsonaro est basé sur ses longues enquêtes sur la famille Bolsonaro.
Jeunesse et formation
Juliana Dal Piva est née en 1986[1]. Elle est titulaire d’un diplôme en journalisme de l’Université fédérale de Santa Catarina (UFSC). Pendant ses études, elle effectue un séjour, en échange, à l'Université de Buenos Aires, où elle étudie l'histoire sociale latino-américaine. Elle dit que la confrontation avec la mémoire de la dictature militaire, très présente en Argentine, lui permet de prendre conscience de l'absence de réflexion et d'investigation usr le passé de dictature de son propre pays. De retour au Brésil, elle fait une maîtrise du Centre de recherche et de documentation de l’histoire contemporaine du Brésil, de la Fondation Getulio Vargas, pour laquelle elle analyse les enquêtes sur la mort de Rubens Paiva durant la période de la dictature militaire[2],[3].
Son mémoire de maîtrise portant sur la disparition, la torture et l'assassinat du député Rubens Paiva, est publié sous le titre Crime sem castigo : como os militares mataram Rubens Paiva. Le livre revient à l’actualité avec la sortie en 2024 du film de Walter Salles, Je suis toujours là (I’m Still Here), qui retrace la vie de la veuve de Rubens Paiva, Eunice Paiva. Il compte alors parmi les meilleures ventes au Brésil[4].
Journalisme
Elle commence sa carrière de journaliste en travaillant pour des journaux tels que Folha de São Paulo, O Estado de São Paulo ou Época . Elle se spécialise très vite dans les enquêtes politiques[3]. Elle est aussi reporter spéciale pour le journal O Globo et comme chroniqueuse pour Universo on line[4].
Depuis 2021, elle est reporter pour le Centre latino-américain d'enquêtes journalistiques et chroniqueuse pour ICL Notícias où elle coordonne également le podcast d'investigation No Alvo[5].
Elle est directrice de Abraji, une association brésilienne de journalisme d'investigation fondée en 2002[5].
Enquêtes sur Bolsonaro
Depuis 2018, Juliana Dal Piva enquête sur Jair Bolsonaro et sa famille, apportant notamment des preuves de détournement de fonds publics, tant par le président lui-même tout au long de ses 30 années de vie publique que par des personnes de son entourage, notamment son fils aîné, le sénateur Flávio Bolsonaro. A la suite de ses articles, un certain nombre d'actions judiciaires : en 2020,Flávio Bolsonaro est inculpé de crimes multiples et des enquêtes complémentaires sont ouvertes concernant les autres enfants et ex-épouses de l'ancien président[4].
En 2021, elle réalise une série de podcasts A vida secreta de Jair (La vie secrète de Jair). Le podcast révèle des faits concernant la famille de Bolsonaro et ses agissements douteux[6],[3],[7].
Juliana Dal Piva publie, en 2022, le livre O negócio do Jair – a história proibida do clã Bolsonaro, qui dévoile les coulisses politiques de la famille Bolsonaro t qui impliquait ses trois fils aînés, ses deux ex-épouses, son épouse actuelle, des amis et des membres de sa famille.. Dans le livre, elle montre les opérations financières et politiques jusqu'alors inconnues du public. Le travail est basé sur des recherches approfondies, avec des documents et des témoignages qui aident à composer une image des événements. Le livre figure parmi les finalistes du prix Jabuti de 2023[8],[3],[9].
Menaces
Juliana Dal Piva reçoit régulièrement des menaces. Elle rapporte que la première fois qu'elle reçoit des menaces remonte à 2019, après un reportage sur un film sur la dictature militaire[1]. « Ils voulaient contester un fait historique avéré – l'existence d'un coup d'État militaire – et présenter les choses comme si l'existence de la dictature et du coup d'État était remise en question. [...] j'ai commencé à recevoir des milliers d'insultes. C'était un véritable lynchage médiatique. »[2].
Elle est menacée, y compris de mort, à plusieurs reprises par Frederick Wassef, avocat de la famille Bolsonaro. En 2021, après la publication de ses podcasts, elle en reçoit par écrit et décide de les rendre publiques dans sa chronique sur Universo Onilne [1]. Frederick Wassef porte alors plainte et Juliana Dal Piva est condamnée par le tribunal civil à lui verser des dommages et intérêts car les "messages entre particuliers sont confidentiels" [1],[10]. Le Comité pour la protection des journalistes déplore ce jugement : « Cette décision crée un dangereux précédent pour la presse brésilienne, dissuadant les journalistes de signaler les menaces et alimentant la recrudescence des agressions en ligne contre les femmes journalistes au Brésil. » [1]. En 2023 cependant, elle gagne le procès en appel[11].
D'autres journalistes brésiliennes, parmi lesquelles Patricia Campos Mello, Constança Rezende et Luísa Martins ont également été menacées par des partisans du gouvernement Bolsonaro « Patricia nous a donné le courage de ne pas considérer cela comme normal, de comprendre qu'ignorer la situation n'est pas la meilleure solution. Menacer est un crime ; ces gens ne peuvent pas agir ainsi impunément. »[2].
Elle est également victime d'attaques provenant de groupes liés à l'extrême droite. Ces groupes, gênés par les révélations qu’elle soulève, ont souvent recours à des attaques personnelles et à des campagnes de diffamation pour tenter de la discréditer et de réduire au silence son travail[3].
En , Juliana Dal Piva est victime d'une campagne de diffamation organisée, dirigée par le blogueur Allan dos Santos avec la publication de conversations qui lui sont faussement attribuées[3].
Les attaques ciblées contre Juliana Dal Piva ont des répercussions qui dépassent la sphère personnelle. Ils constituent une menace concrète pour la liberté de la presse et le rôle clé que joue le journalisme dans une démocratie[3].
Publications
- (pt-BR) Crime sem castigo: como os militares mataram Rubes Paiva [« Crime impuni : comment l'armé a tué Rubes Paiva »], Matrix, , 246 p.
- (pt-BR) O negócio do Jair – a história proibida do clã Bolsonaro [« L'affaire de Jair – l'histoire interdite du clan Bolsonaro »] (ill. Celso Longo, Daniel Trench), Zahar, , 328 p. (ISBN 978-6559790807)