Julien Rodanet

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Nom de naissance Julien Hilaire Rodanet
Décès (à 74 ans)
Rochefort-sur-Mer (France)
Nationalité Français
Julien Hilaire Rodanet
Description de l'image Julien Hilaire Rodanet portrait à Paris.jpg.
Nom de naissance Julien Hilaire Rodanet
Naissance
Rochefort-sur-Mer (France)
Décès (à 74 ans)
Rochefort-sur-Mer (France)
Nationalité Français
Famille

Auguste Rodanet

Henri Rodanet
Domaines Horloger, chronométrier, inventeur
Renommé pour Fondateur de l'école d'horlogerie à Rochefort-sur-Mer
Distinctions Médaille de 1ʳᵉ classe à l’Exposition universelle de Paris (1855) - Deux médailles d’or aux expositions de La Rochelle (1856 et 1866) - Diplôme d’honneur à l’Exposition internationale de Bayonne (1864) - Première prime annuelle au concours du Dépôt de la Marine à l'Observatoire de Paris (1878)

Compléments

Signature de Julien Hilaire Rodanet

Julien Hilaire Rodanet, né le à Rochefort-sur-Mer et mort le dans la même ville, est un horloger et inventeur français, fondateur d'une école d'horlogerie à Rochefort[1]. Son œuvre marque l’histoire de l’horlogerie française du XIXe siècle par son engagement pédagogique et sa quête de rigueur scientifique. Il se distingue par sa volonté de transmettre son savoir-faire, dans un contexte où la tendance est souvent de préserver jalousement ses méthodes et ses découvertes[2]. Son fils, Auguste Rodanet, assure ensuite l’organisation et l’essor institutionnel de son œuvre au travers de l'École d'horlogerie de Paris, et son petit-fils, Henri Rodanet, contribuera à l’innovation horlogère, prolongeant ainsi une lignée où se mêlent enseignement, ingénierie horlogère et créativité.

Jeunesse et formation

Julien Hilaire Rodanet grandit à Rochefort dans une famille d’artisans. Son père, Louis Rodanet (1763-1837), est fabricant de passementerie. Le naufrage de la frégate La Méduse en 1816, événement très commenté dans la ville portuaire, le marque profondément et l’oriente vers l’horlogerie de précision, essentielle à la navigation et à l'établissement des cartes marines.

Conscients des difficultés liées au repérage en mer, et remarquant très tôt les dispositions et aptitudes horlogères de leur fils, ses parents le destinent à cette profession et à le mettre en apprentissage chez un fabricant de chronomètres de marine, Augustin Merceron (1781-1854) chronométrier à Angoulême[3]. À cette époque, la ville accueillait un établissement d’instruction destiné aux officiers de marine. Impressionné par ses aptitudes, Merceron le recommande à la maison Breguet.

Carrière horlogère

À Paris

À seize ans, Julien Rodanet s’installe à Paris. Il y rencontre le chronométrier autrichien Joseph Thaddeus Winnerl (1799-1886), avec lequel il se lie d’amitié[4]. Tous deux quittent la manufacture dirigée par Louis Breguet, qui s’orientait alors vers le développement du télégraphe électrique. Winnerl choisit de se consacrer aux inventions horlogères, une orientation qui offre à son collaborateur français l’occasion d’approfondir ses connaissances et de participer à de nouvelles inventions, notamment le premier mécanisme de chronographe à rattrapante conçu en 1831.

Julien Rodanet travaille durant une dizaine d’années aux côtés de Winnerl sur des instruments de haute précision. Il épouse Élisabeth Saumon (1810-1875), modiste rue Vivienne à Paris qui deviendra l’une des premières femmes photographes[5]. Ensemble, ils s’installent à Rochefort-sur-Mer avec l’idée longuement réfléchie de fonder une manufacture d’horlogerie de précision pour les besoins croissants de la marine.

Fondation d'une école d’horlogerie à Rochefort

Concours d'admission à l'école d'horlogerie

La pensée philanthropique qui guide Julien Rodanet dans cette fondation est digne des plus grands éloges. Il veut doter l’ouest de la France d’une industrie nouvelle, et donner une profession honorable à de pauvres orphelins qui, pour une faute qui n’est pas la leur, sont très souvent rejetés.

Après avoir travaillé avec de grands horlogers, il étudie les différentes organisations horlogères françaises et étrangères. Il prend conscience des vices que présente la mauvaise cohésion du travail entre chaque spécialité, ce qui compromet la qualité des mouvements. Il comprend la nécessité d’amener ses élèves à toutes les parties du métier avant de les appeler à choisir leur spécialité parce qu’il est souvent difficile de remédier aux défauts d’une première exécution défectueuse et qu’il y a une économie de temps à faire[6].

En 1836, Julien Rodanet fonde une fabrique d’horlogerie, qu’il associe rapidement en 1839 à une école. Il conçoit des mécanismes pour fabriquer ses propres outils et forme des apprentis orphelins à l’horlogerie afin de commencer sa fabrication. La durée d’apprentissage est de trois à quatre ans. Julien Rodanet reçoit le soutien du banquier Eugène Roy-Bry[7] et de la société savante de Rochefort, laquelle publie un excellent rapport sur La fabrique d’horlogerie de M. Rodanet[8] :

« Répondre à l’appel de M. Rodanet et nous verrons sous peu prospérer à Rochefort une horlogerie française, une heureuse rivale de cette horlogerie suisse où tout est routine, et qui ne produit plus facilement qu’en produisant moins bien. Chaque pièce a, pour ainsi dire, sa machine ; et pendant notre examen, nous avons vu M. Rodanet en fabriquer une avec laquelle un enfant fait, en quatre minutes, ce qu’un excellent ouvrier mettrait quatre heures à terminer. Aux qualités d’inventeur, M. Rodanet joint l’intelligence la plus complète de tous les détails de son art ; tous ses modèles sont parfaitement choisis, et nous mettons sous vos yeux sa cage de pendule et les trois modèles de montres. »

En 1844, c’est un succès, ses élèves et lui remportent une médaille d’argent à l’Exposition nationale des produits de l’industrie à Paris. Ses montres sont reconnues à Paris comme supérieures à ce qu’il se fait de mieux en Suisse. Julien Rodanet reçoit les félicitations et un rapport louangeux du baron Séguier, membre de l’Académie des sciences. Le journal L'Écho Rochelais du , annonce :

« Celui-là est un horloger d'élite, un artiste de premier ordre dont la réputation a, depuis longtemps, franchi l'étroite enceinte de la ville où il a fondé son industrie. »[9]

"Ecole modèle d'horlogerie nationale"

La Société polytechnique, dans son ouvrage Description complète de l’exposition des produits de l’industrie (1844), consacre un passage, sous-titré École modèle d’horlogerie nationale[10], où elle souligne :

« Si un jour son établissement se développe sur une vaste échelle, il pourra passer pour la meilleure école modèle de ce genre fondée en France. Rodanet a voulu rendre à l’horlogerie française du XVIIIe siècle son éclat primitif, celui qui a même occasionné le développement de cette industrie dans le canton de Neufchâtel ; nous ne doutons pas que cet habile praticien ne réussisse ; les objets qu’il a exposés prouvent une expérience consommée dans l’art de la mécanique, et sont les meilleurs fondements d’un établissement destiné à un bel avenir. »

Le , le comte Christian Dumas, aide de camp du roi Louis-Philippe Ier et député de Charente-Inférieur « insiste vivement » auprès du ministre du Commerce Laurent Cunin-Gridaine pour soutenir cette école dans la production de chronomètres qui rend service à la Marine et à l’industrie. (AD Charente-Maritime, 1T277)

Saluée comme un modèle, l'école fonctionne une dizaine d'années mais, par manque de financement régulier cesse en 1849, malgré l’intérêt du gouvernement et de la Marine. Elle compte alors une quarantaine d’élèves formés.

Il faut attendre le pour que la commission du Sénat, à la suite d’une proposition de loi sur les écoles d’apprentissage présentée par le député Martin Nadaud, affirme qu’il y a lieu d’accorder des subventions aux écoles d’apprentissage[11].

Distinctions et récompenses

Julien Rodanet ne se décourage pas : il persévère et confirme ses compétences en devenant fournisseur de la Marine de l’État, ainsi que du grand-duc Constantin de Russie.

En 1854, il présente à l’Observatoire de Paris deux chronomètres qui ont été admis à la vérification, acceptés et payés deux mille quatre cents francs chacun.

Lors de l’Exposition universelle de 1855 à Paris, Julien Rodanet présente des chronomètres et outils pour l’horlogerie, ce qui lui vaut la plus haute récompense : une médaille de première classe.

En 1857, au cours de son séjour à Rochefort-sur-Mer, le grand-duc Constantin de Russie achète un chronomètre Rodanet et l’installe à bord du yacht impérial La Reine-Hortense[12].

Le chronomètre n°216 de Rodanet est embarqué sur la frégate La Persévérante durant une campagne de trois années et obtient des marches à la mer « si remarquablement bonnes » selon l’ingénieur du Dépôt de la marine qui regrette toutefois qu’aucune prime n'ait été attribuée.

Julien Rodanet obtient successivement deux médailles d’or aux Expositions de La Rochelle, en 1856 et en 1866. Le rapport de 1856 souligne :

« M. Rodanet est connu honorablement depuis longtemps. Ses chronomètres ont frappé le Jury par leur belle exécution ; quant à la régularité de leur marche, elle est garantie par les épreuves qu’ils ont subies avec succès à l’Observatoire de Paris. Les outils d’horlogerie inventés par M. Rodanet ont paru très ingénieux et très utiles. »

Lors de l’Exposition internationale de Bayonne en 1864, il reçoit un diplôme d’honneur, la plus haute distinction, pour avoir présenté un chronomètre de marine de haute précision. Julien Rodanet est alors nommé chevalier de la Légion d’honneur[13].

En 1878, à l'âge de soixante-huit ans, Julien Rodanet devance ses maîtres Breguet et Winnerl en obtenant la première prime annuelle au concours du dépôt de la Marine à l’Observatoire de Paris[14].

Publications et engagement

Innovations

Décès et hommages

Références

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