Juliette Roux
personnage du roman Le Calvaire
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Juliette Roux est un des deux personnages principaux du roman français d'Octave Mirbeau, Le Calvaire (1886). Elle est la maîtresse du narrateur, Jean Mintié, et elle lui fait gravir les marches d’un interminable calvaire. Si le prénom, Juliette, évoque tout naturellement l'amoureuse héroïne de Shakespeare, son patronyme, Roux, éveille plutôt des réminiscences du Diable ou de l'enfer.
| Juliette Roux | |
| Personnage de fiction apparaissant dans Le Calvaire. |
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| Sexe | Féminin |
|---|---|
| Activité | Galanterie |
| Caractéristique | Femme fatale |
| Créée par | Octave Mirbeau |
| modifier |
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Une femme fatale

Inspirée par le souvenir d'une ancienne maîtresse de Mirbeau, Judith Vinmer[1], Juliette Roux est une femme de petite vertu, dotée d'une cervelle d'oiseau, mais aussi capable de séduction et d'élans susceptibles de donner à son amant l'illusion de l'amour. Elle est dépensière par inconscience, inapte à la réflexion, incapable d'avoir une conversation sérieuse et dépourvue de toute espèce de goût, mais elle sait aussi préserver certaines apparences et se révèle capable d'exercer sa séduction sur les hommes, qu’elle sait bien manipuler, à l’instar du peintre Joseph Lirat, qui finit par se laisser prendre dans ses rets.
Juliette Roux est toujours perçue de l'extérieur, par le regard du narrateur, Jean Mintié, dont le récit, évidemment subjectif, nous donne d'elle une vision biaisée. Il est donc impossible de déterminer précisément ce qui, chez elle, relève de l'inconscience d'une écervelée et du machiavélisme d'une femme fatale.
Une perverse narcissique ?
La question de la nature de Juliette Roux vient d'être relancée dans deux nouveaux articles. D'un côté, Amel Abderrahmane explique son comportement à la lumière de Schopenhauer et voit dans l'ennui, combiné au désir, la cause majeure du comportement erratique du personnage[2]. De l’autre, Philippe Abitbol, sans prétendre apporter une explication scientifique à un personnage de fiction toujours perçu et décrit de l'extérieur, retrouve chez Juliette bien des traits de ce que le psychiatre Paul-Claude Racamier, un siècle plus tard, qualifiera de « perversion narcissique »[3]: ne voit-elle pas en Mintié une proie attrayante qu'elle entreprend de séduire, avant de la réduire et de la détruire ?