Jâleh Qâem-Maqâmi

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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 64 ans)
Téhéran (Iran)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
عالمتاج قائم‌مقامیVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
ژالهVoir et modifier les données sur Wikidata
Jaleh Ghaem Maghami
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 64 ans)
Téhéran (Iran)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
عالمتاج قائم‌مقامیVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
ژالهVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfant
Hossein Pejman Bakhtiari (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Âlam-Tâj Qâem-Maqâmi, plus connue sous son nom de plume Jâleh, née en à Farahan et morte le à Téhéran, est une poètesse iranienne de langue persane. Écrivant sur ses souffrances et son quotidien en tant que femme et veuve, elle vit de manière solitaire et refuse de reconnaître ses qualités de poète. Son œuvre est publiée de manière posthume par son fils. Tout en utilisant des formes poétiques classiques, ses poèmes appellent vigoureusement à la libération des femmes. Méconnue au long du XXe siècle, la poésie de Jâleh Qâem-Maqâmi connaît un regain d'intérêt de la part d'universitaires au XXIe siècle.

Elle naît en à Farahan. Sa mère est Guhar al-Mulk, fille de Muʿīn al-Mulk, et son père est Mīrzā Fath-Allāh, fils de Qāʾim Maqām Farāhānī. À partir de ses 5 ans, elle va à la mekteb. À 15 ans, sa famille et elle déménagent à Téhéran[1].

Un an plus tard, elle est mariée à un ami de son père, le militaire ʿAlī Murād-Khān Mīr-Panj Bakhtiyārī. Ses deux parents meurent la même année. Elle donne naissance à son premier enfant à 17 ans, puis à un autre à 22 ans. Elle quitte son mari et ses enfants et retourne à Farahan pour prendre soin de son frère malade. Le mari de Qâem-Maqâmi meurt alors qu'elle a 26 ans[1].

À 44 ans, Qâem-Maqâmi retourne vivre à Téhéran avec son fils Husayn Pizhmān Bakhtiyārī. Elle réside avec lui pendant dix-neuf ans, jusqu'à sa mort le , à l'âge de 63 ans[1].

Poésie

La poésie de Qâem-Maqâmi ne fait jamais référence à la Révolution constitutionnelle persane, qui a pourtant marqué toutes les autres autrices de cette période[1]. De plus, bien que les écrits de Qâem-Maqâmi manifestent une aspiration féministe qui aurait très bien pu trouver un écho dans le monde littéraire iranien à partir des années 1920, Qâem-Maqâmi a honte de ses poèmes et choisit de les cacher. Elle brûle une collection de ses ghazal. Elle sort très peu de chez elle. Lorsque son fils publie quelques uns de ses quatrains dans une anthologie, qu'il a trouvés dissimulés entre des livres de la bibliothèque familiale, Qâem-Maqâmi se met en colère contre lui, et nie avoir écrit ces poèmes. Son œuvre n'est publiée qu'en 1967 dans une édition posthume, assemblée par son fils à partir de notes éparses et de ses carnets. Ce diwan comporte 917 vers au total[1]. Au XXe siècle, les spécialistes de la poésie iranienne ne parlent quasiment pas de Qâem-Maqâmi, et son œuvre n'est discutée par la critique qu'à partir du tournant du XXIe siècle[1]. Selon Sharif Maryam, le peu de succès de ses poèmes s'explique par son utilisation de formes versificatoires classiques, perçues comme datées à une époque où les vers libres sont vus comme plus modernes et donc plus appréciés. Son statut de femme appartenant à une ancienne famille qajar lettrée, mère d'un poète lui-même assez conservateur, aurait aussi dégoûté le public lecteur de poésie en Iran, davantage progressiste. En même temps, le féminisme affirmé de ses textes lui aurait donné une allure trop politique pour être ouvertement appréciée dans les cercles littéraires académiques[2].

En effet, les poèmes de Qâem-Maqâmi sont unanimement considérés comme féministes par les commentateurs. Pour dénoncer l'oppression dont sont victimes les femmes, elle écrit[2] :

Je te le dis en cachette, parce que je suis détenue cachée
Le crime de la femme dans ce pays est d’être femme

En faisant référence à un hadîth, elle fonde l'égalité des sexes dans la religion[2]:

Mahomet met le paradis aux pieds des femmes
Diminuant ainsi la valeur des hommes
Il situe les femmes au même rang que les hommes
Nombreux furent les droits qu’il leur a donnés, mais qui sont maintenant foulés aux pieds

La sororité est à ses yeux essentielle pour la lutte[2]:

Sœur ! Fille ! Amie !
Si le grand juge oublie les femmes dans ce pays
Ne les abandonne pas toi aussi
prends la défense de tes sœurs
Délaisse les hommes dégénérés

Selon la critique Sharif Maryam, Qâem-Maqâmi peut ainsi être comparée à Forough Farrokhzad, une de ses contemporaines dont la poésie est aussi résolument féministe, ou encore à Constance de Théis[2].

Publications

Références

Bibliographie

Voir aussi

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