Kaiserin Auguste Victoria

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Autres nomsKaiserin Auguste Victoria (1906-1921)
Empress of Scotland (1921-1930)
Lancement
Kaiserin Auguste Victoria
illustration de Kaiserin Auguste Victoria
Le Kaiserin Auguste Victoria

Autres noms Kaiserin Auguste Victoria (1906-1921)
Empress of Scotland (1921-1930)
Type Paquebot transatlantique
Histoire
Chantier naval AG Vulcan StettinVoir et modifier les données sur Wikidata (SzczecinVoir et modifier les données sur Wikidata)
Lancement
Mise en service
Statut Démoli en 1931
Équipage
Équipage 588[Presse 1], 648[Presse 2]
Caractéristiques techniques
Longueur 206,5 m[1]
Maître-bau 23,55 m[1]
Tirant d'eau 15,3 m[1]
Déplacement 1906 : 45 000 tonnes[Presse 3],[Presse 4],[Presse 1]
22 000 tonnes[Lien 1]
Tonnage

brut = 24 581
net = 14 847.

brut = 25 160
net = 15 151.

Propulsion Deux machines à quadruple expansion[1]
Deux hélices quadripales.
Puissance 12 880 kW
Vitesse 18 nœuds (33,3 km/h)
Caractéristiques commerciales
Pont 5
Pont-passerelle 107,9 m
Gaillard d'avant 25,6 m[1]
Passagers
  • Voyage inaugural :
    2 994 passagers [Presse 2]
  • 1906 : 2 411 passagers
    417 en 1re classe,
    174 en 2e classe,
    212 en 3e classe,
    1 608 en 4e classe[Lien 2]

  • 1922 : 1 897 passagers
    459 en 1re classe,
    478 en 2e classe,
    960 en 3e classe

Équipements Machine réfrigérante[1]
Ascenseur
Carrière
Propriétaire Hamburg-Amerikanische-Packetfahrt-Actien-GesellschaftVoir et modifier les données sur Wikidata
Armateur HAPAG(1906-1919)[1]
US Navy (1919)
Cunard (1920)
Canadian pacific (1921-1930)[2]
Pavillon Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand (1906-1919)
Drapeau des États-Unis États-Unis (1919)
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (1920)
Drapeau du Canada Canada (1921-1930)
Port d'attache Hambourg (1906)[1]
Londres (1920)[2]
Indicatif 1906 : (RPDF)[1]

1921 : (HDRP)[2] 1928 : (KDRP)[3]

Coût 3,5 M$[Presse 5]

Le Kaiserin Auguste Victoria était un paquebot transatlantique allemand de la Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft (HAPAG), construit au chantier naval Vulcan AG Stettin, et mis en service en 1906. Il est alors le paquebot au plus fort tonnage jamais construit. Le navire assure régulièrement la liaison entre Hambourg et New York jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale. À la fin des hostilités, le paquebot est cédé aux vainqueurs. Après quelques transports de troupes américaines, et un léger service pour la Cunard Line, le navire est cédé à la Canadian Pacific Steamship Company qui lui donne le nom d’Empress of Scotland. Il sert pour cette compagnie de 1921 à 1930, en liner et en paquebot de croisière. Vendu pour destruction, un incendie le coule. Ses restes sont démantelés fin 1931.

Le couple impérial allemand : Auguste Victoria et Wilhelm II

Le Kaiserin Auguste Victoria est construit en 1905-1906 par les chantiers navals AG Vulcan Stettin à Stettin (aujourd'hui Szczecin, en Pologne), sur la mer Baltique. Le nouveau navire est une commande de la compagnie maritime Hamburg America Line, en pleine expansion. Avec 24 581 tonneaux de jauge brute, il est le plus grand paquebot du monde de 1905 à 1907, jusqu'à l'arrivée du Lusitania de la Cunard.

Lancé le , sous le nom de « Numéro de chantier 264 », ce navire devait être baptisé SS Europa. Son seul concurrent en taille, mais légèrement plus petit, est l'Amerika, lancé quelques jours plus tôt par les chantiers Harland and Wolff de Belfast. Le navire est baptisé Kaiserin Auguste Viktoria, du nom de l'impératrice allemande Augusta Victoria de Schleswig-Holstein. Le couple impérial allemand est présent au baptême du navire, célébré par l'impératrice elle-même[4],[Presse 6].

Tableau de Fred Pansing : le Kaiserin Auguste Victoria

Caractéristiques

Le navire a une longueur de 206,5 mètres (677,5 pi) une largeur de 23,55 mètres (77,3 pi), et un tirant d'eau de 15,3 mètres (50,2 pi)[1]. Sa jauge brute de 24 581 tonneaux et sa jauge nette de 14 847 tonneaux en font le plus grand paquebot du monde.

Esthétiquement, il a deux cheminées, quatre mâts.

Neuf chaudières, totalisant 51 feux, assurent la production de vapeur pour alimenter deux machines à vapeur à quadruple expansion. Leurs cylindres ont un diamètre respectif de 91,4 cm (36 po), 134,6 cm (53 po), 190,5 cm (75 po) et 269,2 cm (106 po), et la course du piston fait 165,1 cm (65 po)[1]. Ces machines développent une puissance nominale de 1 810 chevaux[1],[note 1] (12 880 kW), et entrainent deux hélices[1] quadripales de 6,7 mètres de diamètre chacune.

Le Kaiserin Auguste Viktoria, ainsi propulsé, atteint une vitesse moyenne de 18 nœuds.

Côté sécurité, le paquebot est doté d'une signalisation sous-marine, qui permet de détecter des bouées côtières[1],[Presse 7].

Danse à bord

Le paquebot peut accueillir 472 passagers de première classe, 174 passagers de deuxième classe, 212 passagers de troisième classe et 1 608 passagers de quatrième classe[Lien 2]. Lors de son voyage inaugural, 2 994 passagers sont à bord[Presse 2]. En , il transporte 2 091 passagers (228 en première classe, 377 en deuxième classe, 240 en troisième classe et 1 236 en quatrième classe[Presse 8].

Intérieurs

La salle à manger
Le jardin d'hiver.

À l'instar de son sister ship Amerika, le Kaiserin Auguste Victoria est doté d'intérieurs luxueux et de nombreux équipements de pointe. Conçus par l'architecte français Charles Mewès, les intérieurs sont décorés par le cabinet anglais Waring & Gillow (en), comme ce fut le cas pour l'Amerika[5]. Le Kaiserin Auguste Victoria est, comme l'Amerika, équipé d'un ascenseur et propose un restaurant Ritz-Carlton à la carte[Presse 9],[Presse 4], en remplacement de la salle à manger principale[Lien 3]

. Ces deux installations sont totalement innovantes à l'époque[5],[Presse 10]. On y trouve également un gymnase, des bains électriques (en), des salles de massage, une palmeraie, une salle de jeux pour enfants, une salle de musique et un fumoir sur deux ponts[6],[Presse 10],[Presse 11],[Presse 12],[Presse 13].

Peinture de Fred Pansing

Carrière avant 1914

Le , sous le commandement du capitaine Hans Ruser (de)[note 2], le Kaiserin Auguste Victoria fait son voyage inaugural de Hambourg, via Douvres et Cherbourg, à New York, où il arrive le [Presse 2]. En raison de son intérieur luxueux, le paquebot est très populaire auprès des voyageurs de l'Atlantique Nord.

Le Kaiserin Auguste Victoria navigue pendant huit ans, généralement sur la ligne Hambourg - New York[Lien 2]. Exceptionnellement, comme en , il navigue en Méditerranée[Presse 14].

En 1908, le Kaiserin Auguste Victoria bat le record sur treize mois du nombre d'immigrants transportés[Presse 15].

En , le paquebot est bondé, suite à la grève des marins anglais[Presse 16],[Presse 17].

En , il effectue son dernier voyage sous pavillon allemand, naviguant de Hambourg à Southampton, Cherbourg et New York, avant de revenir à Hambourg[Lien 2].

Incidents de mer

Comme tout navire, le Kaiserin Auguste Victoria connaît son lot d'incidents. Ainsi, son voyage inaugural est endeuillé par le décès d'un passager[Presse 18]. Lors de ce voyage, un témoin anonyme, que personne ne confirmera, indique que l'équipage aurait participé à une bagarre [Presse 19]. Un an plus tard, en , une collision est évitée de peu à son arrivée à New York[Presse 20]. En 1909, bien plus grave, le glissement d'une passerelle à Hambourg provoque la noyade de dix membres d'équipage[Presse 21],[Presse 22],[Presse 23],[Presse 24]. En , une tempête fait vingt blessés[Presse 25]. À Cuxhaven, la collision avec le vapeur allemand Hudiksvall[Presse 26],[Presse 27] endommage sérieusement ce dernier.

Théodore R. Roosevelt sur le Kaiserin Auguste Victoria en juin 1910
Ethel Roosevelt

Passagers célèbres

Son luxe permet au Kaiserin Auguste Victoria d'accueillir à son bord de nombreuses personnalités. En 1907, le pianiste Ignacy Paderewski[Presse 28], puis le chef d'orchestre et compositeur Gustav Mahler [Presse 29]. En , l'équipe allemande d'une course automobile de 20 000 milles sur deux continents (New York-San Francisco; Alaska; Sibérie-Paris)[Presse 30], et l'homme d'affaires William Kissam Vanderbilt[Presse 31]. En 1911, Albert Poensgen (de), financier et champion du monde amateur de billard[Presse 32], puis le collectionneur d'art George Washington Vanderbilt II[Presse 33]. En 1912, Charles W. Morse[Presse 34]. Il revient aux États-Unis, un an plus tard, par le même paquebot[Presse 35]. Toujours en 1912, la cantatrice Bessie Abott [Presse 36]. En 1914, Eleanor de Bulgarie, femme du roi Ferdinand, en visite aux États-Unis[Presse 37],[Presse 38]. Après guerre, les célébrités seront moins nombreuses à bord : L'écrivain G. K. Chesterton [Presse 39].

Aucune de ces célébrités n'est accueillie avec autant de ferveur et d'enthousiasme que l'ex-président des États-Unis Theodore Roosevelt. Roosevelt, qui rentre après un voyage d'un an en Afrique et en Europe[9], voyage à bord du Kaiserin Auguste Victoria du au . Durant ces quelques jours, il y a une intense communication vers et depuis le paquebot. Avec une moyenne de cent messages par jour, le record de mots émis et reçus par T.S.F. durant une traversée atlantique est battu[Presse 40]. Toute la presse parle de l'arrivée prochaine[Presse 41], du capitaine Ruser[Presse 42], des préparatifs du comité d'accueil, de l'escorte maritime qui se porte à la rencontre du Kaiserin Auguste Victoria[Presse 43], de l'arrivée de Roosevelt[Presse 44], de la réception qui a suivi...

Aviation embarquée

Début , le premier décollage d'un avion depuis un navire est préparé sur le Kaiserin Auguste Viktoria. L'avion, piloté par le canadien John McCurdy, devait décoller d'une rampe de lancement en bois, construite spécialement à cet effet, à l'avant du navire[Presse 45]. L'envol, effectué à 50 milles nautiques de New York, devait accélérer la distribution du courrier entre l'Europe et l'Amérique du Nord. En raison de conditions météorologiques défavorables, le lancement est annulé[Lien 4]. McCurdy abandonne le projet, son rival Eugene Ely s'étant envolé, le , du pont de l'USS Birmingham au large de Hampton Roads, en Virginie. Une expérience similaire, utilisant des avions lancés en mer pour transporter le courrier, sera menée sur SS Bremen vingt ans plus tard.

Reddition du Kaiserin Auguste Victoria à Southend

La guerre 1914-1918

Durant la Première Guerre mondiale, ne trouvant aucune utilité, le Kaiserin Auguste Viktoria est désarmé à Hambourg. En 1915, l'Allemagne propose aux États-Unis ses paquebots internés pour transférer des ressortissants de pays neutres. Le Kaiserin Auguste Viktoria est dans la liste de ces navires[Presse 46].

Carrière après-guerre

Transport de troupes USS Kaiserin Auguste Victoria
Le dortoir des troupes sur le USS Kaiserin Auguste Victoria

Transport de troupes

En , il est cédé au Royaume-Uni[Lien 2], au titre des réparations de guerre. Le navire, rebaptisé USS Kaiserin Auguste Victoria sert au United States Shipping Board comme navire de transport de troupes affrété pour le rapatriement des soldats américains d'Europe[Presse 47]. La première traversée de rapatriement part de Brest le . Au total, jusqu'au , le navire en effectue cinq[Lien 1].

La Cunard

Le , le navire est désarmé par la marine américaine et rendu aux britanniques[Presse 48]. Affrété par la Cunard, le SS Kaiserin Auguste Victoria navigue entre Liverpool et New York[Presse 49]. Son séjour chez la Cunard est cependant très court, probablement parce que son intérieur est jugé trop démodé et sa conception trop lourde[Lien 1],[10].

Après guerre, les célébrités sont moins nombreuses à bord : L'écrivain G. K. Chesterton[Presse 39].

La Canadian Pacific

Le , il est vendu à la Canadian Pacific Steamships[Presse 50], et rebaptisé Empress of Scotland — le premier des deux navires de cette compagnie à porter ce nom[note 3]. Il est révisé au chantier naval Vulcan de Stettin, et converti au chauffage au mazout[2]. Parallèlement, son tonnage est augmenté de 500 tonnes[2] et sa capacité passagers réduite : 459 passagers de première classe, 478 passagers de deuxième classe et 960 passagers de troisième classe.

La Canadian Pacific lui attribue trois missions : la ligne vers l'Europe[Presse 51], des croisières longues (65 jours) en Méditerranée[Presse 52], et des croisières autour du globe[Presse 53].

Le , il quitte Southampton pour New York. Tout juste arrivé de son voyage inaugural, une explosion fait 11 victimes[Presse 54]. Peu après, il est affrété pour une croisière en Méditerranée. Après son retour, le , le navire assure la ligne Southampton – Cherbourg – Québec. Cette réouverture d'une escale transatlantique à Québec est dignement fêtée[Presse 55]. La ligne est étendue à Hambourg le .

En , l'Empress of Scotland sauve l'équipage du bateau de pêche Clintona[Presse 56]. À Hambourg, en 1923, suite à une collision avec le vapeur SS Bonus, l'Empress of Scotland doit subir des réparations mineures[Lien 2],[note 4] [réf. nécessaire].

Edward, Prince de Galles, est passager en 1923[Presse 57].

Passagers de deuxième classe à bord du Empress of Scotland, (océan Atlantique, 1925)

En 1925, à New York, l'Empress of Scotland heurte légèrement le cargo Scottsburg de la Fabre Line. Il n'y a pas de victime à déplorer; peu endommagé, le paquebot poursuit sa route[Presse 58].

En 1926, l'Empress of Scotland est à nouveau réaménagé, cette fois avec des cabines pour passagers de première, deuxième, classe touriste et troisième classe. En 1927, une autre rénovation permet d'installer des cabines de première, de classe touriste et de troisième classe.

Le , l'Empress of Scotland effectue son dernier voyage de Southampton à Cherbourg et Québec[Lien 2].

La fin de l'Empress of Scotland

À la fin des années 1920, l'exploitation du navire est de moins en moins rentable. Après la mise en service du nouvel Empress of Britain, la compagnie maritime vend, le , l'Empress of Scotland à Hughes, Bolckow & Co., de Blyth, pour démolition. Une inspection est effectuée au préalable, afin que l'ameublement intérieur puisse être vendu séparément. Le , un incendie se déclare à bord, se propageant par l'arrière[Presse 59]. Plus de 100 pompiers tentent en vain d'éteindre l'incendie[Lien 5]. L'Empress of Scotland ne pouvant plus être remorqué sur la rivière Blyth, il coule à son poste d'amarrage. Les restes du navire sont renfloués au cours de l'année suivante. Lors d'une tentative de remorquage vers un bassin, la coque se brise. Les travaux de démolition prennent fin en [Lien 2].

Notes

Liens

Presse

Références

Articles de presse

  • (de) « Zum Stapellauf des größten deutschen Ozeandampfers », Berliner Volks-Zeitung, (lire en ligne)
  • (de) « Das grösste Schiff der Welt », Berliner Tageblatt, , p. 2 (lire en ligne)
  • (de) « Technische Runschau : Der dampfer Kaiserin Auguste Victoria », Berliner Tageblatt, , p. 17 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) « Current Topics », Cassier's Magazine, , p. 274 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) « A palm garden at sea », The Sea-Side Times, , p. 4 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) « The New Hamburg-American Liner "Kaiserin Auguste Victoria". », New York Observer, , p. 415 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) « Great luxury at sea », The Pokeepsie Evening Enterprise, , p. 9 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
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Bibliographie

Liens externes

Voir aussi

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