Kanvô

From Wikipedia, the free encyclopedia

Le kanvô (nom fon), tako (nom bââtonu) ou plus rarement aladali, est un pagne tissé béninois composé de lin, de chanvre et de coton. Il est traditionnellement entièrement fabriqué à la main au Bénin. Il est parfois assimilé à tort au Faso Dan Fani, pagne tissé burkinabé.

Le roi Béhanzin revêtu de kanvô.

Le kanvô tirerait ses origines au XVIe siècle[1], au XVIIe siècle[2] ou au XVIIIe siècle[3].

Le huitième roi d'Abomey du royaume du Dahomey, Agonglo, impressionné par le talent d'un tisserand nigérian[3] travaillant sur du aso oke[1], lui proposa de devenir son habilleur. C'est ainsi que le kanvô apparaît au Bénin. Afin d'appuyer sur la noblesse de ce nouveau tissu, Agonglo décida de placer les tisserands dans une case où leur nourriture était apportée par des femmes ménopausées. Leurs pagnes était ornées de motifs différents pour permettre de différencier les souverains d'Abomey[3]. Le kanvô se démocratisa au reste de la noblesse grâce à son fils, Guézo[1]. Une autre hypothèse est que ce pagne ait initialement été conçu par les Haoussas et que sa fabrication ait été fixée à Houéyogbé sous l'ordre du roi Sodji[4].

Revalorisation

Depuis les années 2010, le gouvernement béninois essaie de revaloriser ce pagne. Cela passe notamment par des initiatives provenant des municipalités, comme Charles Toko, responsable de Parakou, qui au cours de son mandat impose le port de tenues traditionnelles dans sa ville tous les lundis et vendredis[5].

Le , en l'honneur de la fête d'indépendance béninoise[6], un label de qualité est initié et réservé à ce pagne à l'initiative du Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat dirigé par Lazare Sehoueto. Une cérémonie est organisée pour l'occasion, avec un défilé de créations[7]. Le but est « de mettre bout à bout et d’articuler depuis le tisserand jusqu’au consommateur final, un ensemble de métier »[1]. Le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts est également à l'origine d'initiatives pour mettre en avant ce pagne, dont des ateliers et activités centrés autour du kanvô[8].

Ce pagne est mis en valeur durant plusieurs festivals, dont le Festival international du pagne tissé (FIPAT) 2022[9],[10]. Il connaît un certain succès dans le domaine de la mode. Des boutiques réservées exclusivement à ce tissu ont vu le jour[11], notamment un showroom du styliste-modéliste Lolo Andoche[12],[13]. D'autres créateurs s'y intéressent, comme JB Hounyovi, Félicien Casterman, Edi Sessi, Gerba Edi's ou Loan-H[1].

Le kanvô a cependant du mal à s'implanter à cause de préjugés : prix trop élevé[14], tissu trop lourd ou encore trop vieillot[15]. Il est généralement réservé aux grandes occasions[16].

Production

Pagne de la Royauté Djanglanmey au Bénin
Pagne de la Royauté Djanglanmey au Bénin.

Le pagne est composé soit de chanvre, de coton et de lin[17], soit uniquement de coton[16]. Ces trois étoffes sont ensuite filées à la main, puis teintes[18] et tissées à la main pour créer des motifs[19].

Signification des couleurs

Cas particulier du tako

Références

Related Articles

Wikiwand AI