Katyń (film)

film sorti en 2007 From Wikipedia, the free encyclopedia

Katyń est un film polonais d'Andrzej Wajda qui traite du massacre de Katyń, d'après le livre Post Mortem, l'histoire de Katyń, d'Andrzej Mularczyk. La première a eu lieu le , à la date anniversaire de l'invasion soviétique (1939). Il a été nommé pour l'Oscar 2008 du Meilleur Film étranger. Ce film est sorti en France, en , dans un petit nombre de salles.

Titre original Post mortem. Opowiesc katynska
Réalisation Andrzej Wajda
Scénario Andrzej Wajda, Władysław Pasikowski et Przemysław Nowakowski, d'après le roman d'Andrzej Mularczyk
Acteurs principaux Maja Ostaszewska
Andrzej Chyra
Danuta Stenka
Magdalena Cielecka
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Katyń
Description de cette image, également commentée ci-après
Andrzej Wajda, réalisateur du film (photo : Kubik).
Titre original Post mortem. Opowiesc katynska
Réalisation Andrzej Wajda
Scénario Andrzej Wajda, Władysław Pasikowski et Przemysław Nowakowski, d'après le roman d'Andrzej Mularczyk
Acteurs principaux Maja Ostaszewska
Andrzej Chyra
Danuta Stenka
Magdalena Cielecka
Sociétés de production Akson Studio
TVP
Polski Instytut Sztuki Filmowej
Telekomunikacja Polska
Pays de production Drapeau de la Pologne Pologne
Genre Drame
Historique
Guerre
Durée 118 minutes
Sortie 2007

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Sujet à l'origine du film

1943 dans l'oblast de Smolensk, Canada, Seconde Guerre mondiale, 1943, fosses communes de Katyń.

Mi-, l'Armée rouge envahit la partie est de la Pologne. Au printemps 1940, sur l'ordre de Staline, plus de 20 000 officiers et résistants polonais sont sommairement exécutés dans les forêts de Katyń, Tver et Kharkov. Les Allemands découvrent en partie les charniers de Katyń en 1941 et de façon plus complète en 1943. Dès la défaite d'Hitler et jusqu'en 1990, la vérité sur ces massacres est falsifiée par l'Union soviétique et la République populaire de Pologne, qui font officiellement reposer sur les nazis la responsabilité de ce crime de guerre.

Synopsis

Le film nous présente le massacre de Katyń du point de vue des vivants, c'est-à-dire du point de vue des épouses et des mères qui ont attendu des années avant de savoir ce qu'étaient devenus les officiers polonais arrêtés par l'armée soviétique en 1940. Il s'arrête aussi sur l'après-guerre, montrant l'entreprise de falsification de l'histoire menée par le pouvoir communiste et les tentatives de certains proches des victimes pour défendre la vérité. Ce n'est que dans la dernière scène que Wajda met un terme à toutes altérations de l'histoire en montrant les assassinats du point de vue des victimes.

Fiche technique

Andrzej Wajda sur le tournage du film, à Cracovie en 2006.
  • Titre : Katyń
  • Réalisation : Andrzej Wajda
  • Scénario : Andrzej Wajda, Władysław Pasikowski et Przemysław Nowakowski, d'après le roman d'Andrzej Mularczyk, Postmortem
  • Costumes : Magdalena Biedrzedcka
  • Photographie : Paweł Edelman
  • Montage : Cezary Grzesiuk
  • Musique : Krzysztof Penderecki (fragm. de la 2 et 3 symphonie, Agnus Dei, Chaconne))
  • Film polonais
  • Production : Michał Kwiecinski
  • Sociétés de production : Akson Studio, TVP, Polski Instytut Sztuki Filmowej, Telekomunikacja Polska
  • Sociétés de distribution : ITI Cinema, Kinovista
  • Budget : 15 millions de złoty (4,3 M€ en 2007)
  • Pays de production : Drapeau de la Pologne Pologne
  • Langue : Polonais
  • Format : Couleurs - son Dolby Digital Surround Ex numérique - Prise de vue numérique 4K, et transfert en 35 mm
  • Genre : film historique, film de guerre
  • Durée : 118 minutes
  • Dates de sortie :
    • Pologne : (Varsovie) ; (sortie nationale)
    • France : (Festival du cinéma polonais Cat.Studios de Perpignan) ; (sortie nationale)

Distribution

Maja Ostaszewska joue l'épouse d'un des officiers polonais.
  • Maja Ostaszewska (VF : Caty Baccega) : Anna
  • Artur Zmijewski (VF : Joël Delsaut) : Andrzej, le mari d'Anna, capitaine du 8e régiment des Uhlans
  • Maja Komorowska (VF : Jenny Muller) : Maria, la mère d'Andrzej
  • Władysław Kowalski (pl) (VF : Norbert Rutili) : le professeur Jan, le père d'Andrzej
  • Andrzej Chyra (VF : Franck Fischer) : le lieutenant Jerzy, du 8e régiment des Uhlans
  • Jan Englert (VF : Denis Jousselin) : le général
  • Danuta Stenka (VF : Patricia Fichant) : Róża, la femme du général
  • Magdalena Cielecka (pl) (VF : Colette Kieffer) : Agnieszka, la sœur du lieutenant Pilote
  • Agnieszka Kawiorska (pl) (VF : Anaïs Orville) : Ewa
  • Stanisława Celińska : Stasia, l'employée de famille du général
  • Joachim Paul Assböck (pl) : le docteur Bruno Müller
  • Jacek Braciak : le lieutenant Klin, ami du lieutenant Jerzy
  • Wiktoria Gąsiewska (pl) (VF : Laure Nicodème) : « Nika » (Weronika), la fille d'Anna et d'Andrzej
  • Agnieszka Glińska (VF : Julie Hoffmann) : Irena
  • Paweł Małaszyński (pl) : le lieutenant Piotr
  • Sergueï Garmach : le major Popov (sous le nom Siergiej Garmasz)
  • Antoni Pawlicki (pl) (VF : Jérôme Varanfrain) : Tadeusz
  • Krzysztof Globisz : le professeur de chimie
  • Krzysztof Kolberger : un prêtre
  • Olgierd Łukaszewicz : l'aumônier du camps de Kozielsk

Diffusion

La première a lieu en 2007, en Pologne, à l'Opéra de Varsovie, le , jour anniversaire de l'invasion de l'Armée rouge lors de la Seconde Guerre mondiale[1]. Le film obtient un succès important dans le pays, terminant à la 2e place du box-office annuel[2]. Il est projeté à Moscou en [3].

Le cinéaste a regretté le peu de diffusion à l'étranger[4]. La diffusion de Katyń en France est effectivement limitée à quelques très rares cinémas de quartier, dans de toutes petites salles. Quelques projections sont organisées, en , dans des villes du Nord et du Pas-de-Calais.

Le film ne sort officiellement que le , dans un circuit très restreint[5],[6], comprenant seulement 13 salles[7]. De nombreux exploitants ont refusé au film une large distribution, limitant ainsi la présentation de cette histoire au grand public[3]. Il fera, en tout, 25 414 entrées en France[8]. Dans une lettre au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), le député français Marc Le Fur déplore que « ce film n'ait pas bénéficié des soutiens habituellement attribués aux films étrangers ». Marc Le Fur demande aussi au CSA la diffusion du film sur le service public[6]. Le film sera toutefois diffusé par la télévision sur Arte le [réf. nécessaire].

En Suisse, le film n'aura droit qu'à une unique projection, le à Genève[9].

À la télévision

Ce film est passé à une heure de grande écoute sur une chaîne de télévision nationale russe (Kultura). La chaîne française Paris-Première l'a programmé, le , à 20 heures 35. La télévision suisse romande l'a diffusé sur sa première chaîne (TSR 1) le mardi , à 23h30. Il est programmé sur Arte les 14 et [10].

Réception critique

Les avis des journalistes spécialisés sont en majorité positifs (3,4/5 sur 18 avis)[11],[12].

Dans un article publié dans Le Monde, Jean-Luc Douin critique Andrzej Wajda pour « le renvoi dos à dos des nazis et des Soviétiques comme prédateurs du territoire national » et « l'étrange confusion entre Katyń et le génocide des juifs. Rien, aucune allusion, dans le film, sur la Shoah, mais une description des rafles, de la traque des familles d'officiers polonais, comme s'il s'agissait de la déportation des juifs. Détail troublant : ces proies d'un massacre programmé sont viscéralement attachées à leur ours en peluche. Or le Musée Yad Vashem de Jérusalem a fait de l'ours un symbole de l'extermination des enfants juifs, du martyre d'un peuple[13] ». Cette analyse suscite une vigoureuse prise de position d'Adam Michnik, publiée dans le même quotidien. Michnik se déclare consterné par la « troublante ignorance » du quotidien français :

« À l'époque, la Pologne fut morcelée par deux puissances totalitaires liées par le pacte germano-soviétique. La terreur dans les deux parties occupées du pays fut comparable ; la brutalité et la cruauté avec lesquelles les deux occupants emprisonnaient et assassinaient les Polonais était la même. […] En Europe occidentale, […] le dogme idéologique interdisait de mettre côte à côte les crimes d'Hitler et ceux de Staline. La critique du Monde est donc prisonnière de ce dogme, alors que Wajda le défie. Le metteur en scène polonais brise le mur du silence. […] Ce fut un sujet tabou pour la gauche française. Pendant de longues années, elle garda le silence autour de l'invasion de la Pologne par l'Armée rouge, des crimes des Soviétiques, de même que sur Katyń. Jusqu'à aujourd'hui, ce tragique événement historique est un cadavre dans le placard de la gauche française, si longtemps indulgente à l'égard du Grand Linguiste, Joseph Staline[14]. »

Un article publié dans L'Humanité le cultive l'ambiguïté. Son auteur rappelle quelle a été longtemps la thèse officielle soviétique, mais il poursuit en écrivant que le résultat ne convainc pas[15],[3].

Les journalistes de Święta Polska soulignent l'ambiguïté problématique de journalistes et intellectuels français, et en particulier du critique du journal Le Monde Jean-Luc Douin, sur la réception du film[3]:

« On peut se poser quelques questions sur les raisons concernant une certaine léthargie française à faire connaître ce film, surtout que c’est rare de voir un film apparaître au cinéma après que celui-ci ai été déjà visionné sur les écrans de télévision. Il s’agît peut être d’une exception française, comme le sont la poste et l’organisation du service public ? Ou peut être s’agit il d’un problème concernant quelques tabous présents chez certains intellectuels ou journalistes de gauche ? [...] En ce qui concerne le massacre de Katyń, il a été commandité sous les ordres de Staline. L’objectif n’était en rien racial, il s’agissait d’une stratégie totalo-meurtrière dont nous ont habitué certains régimes communistes. On massacre une population car on sait que ses bases culturelles et sociales rendront impénétrables l’introduction d’un communisme despotique. La Pologne était déjà l’ennemi politique et militaire de la Russie. Tout les opposait, le système politique, mais aussi l’existence d’un pluralisme religieux et culturel, ainsi que le sentiment d’une identité nationale assez importante. [...] Il s’agissait avant tout de détruire un État de droit, c’est à dire les structures étatiques qui assurent les fonctions régaliennes de défense et de justice, l’organisation d’un mode républicain basé sur le modèle des démocraties occidentales, où le peuple vote pour des représentants qui agissent au nom du peuple et pour le peuple. Le régime soviétique consistait à éliminer tout opposant politique, à faire table rase de toute valeur religieuse, et se limitait à liquider les structures étatiques des territoires envahis. [...] On notera tout de même que le réalisateur, Andrzej Wajda, n’a pas fait un film à sensation comme on est régulièrement habitué auprès des productions hollywoodiennes traitant de la seconde guerre mondiale. Ainsi, la partie un peu plus crue du massacre, et pourtant la plus significative, ne prend que 4 minutes 35 secondes, à la fin du film. Les amateurs de sensations fortes, d’hémoglobines, de charniers en tout genre, d’exécutions sommaires comme dans la Liste de Schlinder, seront déçus. Il s’agît d’un film qui pèse sur les aspects historiques, et insiste sur les falsifications de l’histoire. »

Distinctions

Récompenses

Nominations

  • Nomination pour l'Oscar 2008 du Meilleur Film étranger.

Notes et références

Liens externes

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