Kellia (Égypte)
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| Les Kellia | ||
Vue aérienne partielle du site des Kellia. | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | Égypte | |
| Gouvernorat | Beheira | |
| localité | Ad-Dilinjāt | |
| Type | Site monastique | |
| Coordonnées | 30° 46′ 34″ nord, 30° 22′ 08″ est | |
| Histoire | ||
| Époque | IVe – XIe siècle | |
| Géolocalisation sur la carte : Égypte
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| modifier |
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Les Kellia (du grec κελλίον / kellíon, « les cellules » ; en arabe : el-Mouna[1]), parfois désignés comme le désert des Kellia, sont un site archéologique situé en Égypte dans le désert Libyque et témoignant du premier monachisme chrétien des IVe et Ve siècles de notre ère[2].
Les Kellia sont situées à environ 60 km au sud d'Alexandrie, sur le chemin entre le désert de Nitrie au nord et celui de Scété au sud, deux des principaux lieux de vies des pères du désert et du premier monachisme[1]. Le site est plus précisément situé à environ 18 km au sud de Nitrie[3],[3] et à une quarantaine de kilomètres au nord de Scété[4]. Les Kellia sont situés de nos jours dans le gouvernorat de Beheira, dans le markaz Ad-Dilinjāt, au sud du canal Nubarieh[5] ou Noubariya[3].
Le site s'étend sur 20 km de longueur est-ouest pour une largeur de 8 km. Il est découpé en quatre Qouçoûr (localité) d'ouest en est : d'abord le Qouçoûr el-Roubaiyât, ensuite le Qouçoûr el-‘Izeila, puis le Qouçour el-‘Abîd et enfin, au sud-est de l'ensemble, le Qouçoûr ‘Isâ[1].
Histoire
Le site est occupé depuis le IVe siècle de notre ère. Sa fondation vers l'an 338 est attribuée à Amoun des Kellia, sur les conseils et en compagnie d'Antoine le Grand, principalement pour répondre à la surpopulation du site de Nitrie. L'histoire de cette fondation est rapportée dans les Apophtegmes des Pères du désert[6]. Le site est fondé dans un secteur désertique, mais situé à environ deux heures de marche des premières zones habitées, ce qui permet la visite des pèlerins issus des villages[4]. Évagre le Pontique s'installe aux Kellia vers 385, après avoir vécu à Nitrie, et y compose la majorité de son œuvre jusqu'à sa mort en 399[7].
Le site du IVe siècle est caractérisé par une population d'anachorètes, passant la semaine en solitaire dans des cellules voûtées construites en briques crues et cuites. Ces cellules comportent plusieurs pièces dédiées à la vie quotidienne, à la prière, au stockage de denrées, et parfois à l’accueil d'un disciple. La cellule était entourée d'une cour fermée d'un mur dans laquelle était aménagé un puits[6].
Ces solitaires se retrouvent les samedis et dimanches à l'église pour la synaxe et les repas en commun. Ce bâtiment est construit des mêmes matériaux que les cellules. La communauté, majoritairement constituée de moines « laïcs », comprend un ou plusieurs prêtres pour célébrer l'eucharistie. À la fin du siècle, le plus célèbre prêtre des Kellia est Macaire d'Alexandrie. Le site accueille à cette époque, selon Pallade d'Hélénopolis, environ 600 moines[6].
Au début du Ve siècle, un autre prêtre, l'abbé Isaac, construit une hostellerie pour les pèlerins et les malades[6]. Une seule église est présente sur le site jusqu'au milieu du Ve siècle. Après le concile de Chalcédoine de 451, lequel provoque un schisme entre les moines des Kellia, une seconde église est édifiée pour les Coptes orthodoxes[1].
Dans la seconde moitié du Ve siècle apparaissent sur le site des laures ou petits couvents où plusieurs cellules sont regroupées dans une même enceinte[1]. L'église est toujours située à l’extérieur de celui-ci, parfois dans des complexes comprenant des magasins de stockage[6], voire plusieurs églises (jusqu'à trois regroupées à Qouçoûr ‘Isâ)[5].
Aux VIe et VIIe siècles, la densité d'occupation du site augmente fortement, témoignant d'une institutionnalisation et du développement du phénomène monastique. Le site rassemble alors un grand nombre de couvents et monastères, et les cellules individuelles tendent à disparaître[4]. Les monastères des Kellia sont restaurés et réoccupés au VIIe siècle sous le patriarcat de Benjamin Ier[3].

Pour Rodolphe Kasser, le site comprend près de 1 555 bâtiments, correspondant dans leur presque totalité à des cellules ou couvents, ce qui en fait le plus vaste site monastique copte[4]. Pour Marguerite Rassart-Debergh, la principale zone d'occupation (les quatre Qouçoûr) compte plus de 800 kôms (collines de débris), témoignant d'autant de bâtiments[5]. Plusieurs constructions sont conservées en élévation, y compris la voûte et les peintures et inscriptions qui les ornaient[5].
Les Kellia perdent progressivement en vitalité et densité d'occupation aux siècles suivants, mais certains monastères sont encore occupés au XIe siècle, lors du passage du géographe arabe Al-Bakri[3].
