Après avoir grandit dans la bande de Gaza au sein d'une famille conservatrice et religieuse[3], Khalil al-Hayya étudie les sciences islamiques et rencontre à l'âge de 20 ans Ahmed Yassine, qui deviendra chef spirituel et cofondateur du Hamas en 1987. Khalil al-Hayya rejoint le mouvement dès sa fondation[4] et est emprisonné pendant trois ans en Israël dans les années 1990, pendant la première Intifada[5].
Il élu député de Gaza en 2006 aux élections législatives palestiniennes remportées par le Hamas. Il réside dans le quartier de Shuja'iyya[5]. Il a aussi pour responsabilité le développement des relations de l'organisation avec le monde arabe et islamique, notamment la Syrie, le Hezbollah libanais et l'Iran[3]. Il est considéré comme l’une des figures modérées du Hamas[4].
Huit de ses proches, dont deux de ses frères, sont tués par des bombardements israéliens contre sa maison en 2007[6],[7]. L'un de ses fils est tué par un bombardement aérien israélien en 2008 alors qu'il dirige une brigade de roquettes[8]. Un autre fils, une belle-fille et trois petits-enfants sont tués par un bombardement aérien contre leur maison en , lors de la guerre de Gaza de 2014[9],[10],[11].
Il est pendant la guerre de Gaza le représentant du Hamas à l'étranger, échappant à plusieurs reprises à des tentatives d'assassinats par Israël[5],[12]. Il est aussi connu sous le nom de guerre Abou Ossama, le prénom de son fils tué par Israël en 2014[3].
Il est nommé parmi les cinq membres du conseil de direction du Hamas mis en place en après l’assassinat des principaux dirigeants du mouvement, Ismaïl Haniyeh et Yahya Sinouar[4].
Il est ciblé par un missile israélien le à Doha au Qatar. Un communiqué du Hamas confirme la mort de son fils et de cinq autres personnes dans l'attaque, mais affirme que Khalil al-Hayya est vivant alors qu'il n'a pas été vu aux funérailles de son fils[13]. Il réapparait en public le et déclare: «La perte de mon fils, de mes compagnons, du directeur de mon cabinet et des jeunes autour de moi [représente] une douleur immense», affirmant ne faire aucune distinction entre les victimes des frappes israéliennes à Doha et les dizaines de milliers de Palestiniens tués par l'armée israélienne à Gaza[3].
Il est considéré comme l'un des derniers dirigeants du Hamas encore en vie. Il accepte en 2025 le «Plan Trump», largement aligné sur les intérêts israéliens et perçu comme une capitulation du Hamas[5].
Alors qu'il bénéficie d’une «grande sympathie» de la part des Palestiniens[4], des analystes estiment qu'il pourrait prendre la tête du Hamas après les élections internes prévues par l'organisation en 2026[14]. Une source au sein du Hamas indique qu'il est connu pour son tempérament à la fois «conservateur et pragmatique». «Il ne s’emporte pas facilement et est respecté de tous les membres du bureau politique et des commandants militaires», ajoute ce responsable[4]. Néanmoins, un diplomate palestinien souligne qu'il «n'a jamais été sur le devant de la scène à Gaza[3].»
↑«Le Hamas se cherche un nouveau chef pour succéder à Yahya Sinouar, l’ordonnateur de l’attaque terroriste du 7-Octobre», Le Monde, (lire en ligne, consulté le )